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EDE  Conseil  Elevage
Bien connaître son lisier pour faire des économies

Face aux envolées du prix des engrais minéraux, les engrais de ferme notamment le lisier sont des éléments fertilisants de choix.

La croûte de surface joue un rôle protecteur de la volatilisation de l’azote.

Les lisiers sont des engrais complets, en plus de l’azote, ils fournissent du phosphore, du potassium et d’autres éléments majeurs dont la plante a besoin. Cependant, les teneurs de ces différents éléments et leur disponibilité varient fortement d’un lisier à l’autre.

Des compositions variables selon le système d’exploitation

De décembre 2020 à mars 2021, dans le cadre d’une étude réalisée par l’EDE63 et la Chambre d’Agriculture du Puy de Dôme, 93 exploitations ont décrit leurs pratiques d’élevage et ont réalisé une analyse de lisier.
Rappelons que l’azote contenu dans les effluents d’élevage se retrouve principalement sous formes d’azote ammoniacal (NH4) et d’azote organique. Le NH4 peut être utilisé immédiatement par la plante tandis que l’azote organique devra être dégradé par les bactéries du sol pour libérer l’azote sous une forme assimilable par les plantes. Par ailleurs, la potasse est disponible à 100 % et le phosphore entre 65 % et 100 %.
L’étude montre que pour un même type de produit, les teneurs varient selon les dilutions éventuelles par les eaux de pluie ou de salle de traite, l’alimentation des animaux, le paillage et le mode de stockage. L’impact de la dilution est important (tableau ci-contre). Les lisiers peu dilués (autour de 10% de MS) contiennent 1,1 unité de NH4/m3 alors que les lisiers dilués à moins de 5% de MS ne contiennent que 0,7 unité de NH4/m3, par exemple. Pour 35 m3 par hectare, c’est un écart de 15 unités. Les rations riches en concentré favorisent les valeurs NPK des lisiers. Les rations à base d’herbe favorisent les valeurs en P et K et défavorisent l’azote. Le paillage influe également sur la vitesse de minéralisation des lisiers. Un lisier bien paillé avec un C/N de 12 se décomposera beaucoup plus lentement qu’un lisier sans paillage. Enfin, un lisier brassé qu’une seule fois préserve mieux l’azote minéral qu’il contient par rapport à ceux brassés tous les jours.
Compte tenu de la variabilité de composition, l’analyse des effluents devient nécessaire. Votre conseiller dispose de tout le matériel nécessaire (bidon, sachet, feuille d’acheminement), demandez-lui.

Adapter la dose et la période d’épandage

Votre conseiller peut établir un prévisionnel de fumure pour vous aider à mieux utiliser vos engrais de ferme.
D’abord, l’ensemble de toutes les surfaces épandables sont recensées. Il est important que ces surfaces reçoivent régulièrement une dose modérée de fumier ou lisier plutôt que des apports massifs éloignés dans le temps.
Le conseiller va prendre en compte également vos objectifs de production des surfaces, il va s’appuyer sur les éventuelles analyses de sols, d’engrais de ferme, de diagnostic foliaire afin d’ajuster le conseil de fertilisation à la parcelle. Outre les quantités à apporter, la période d’épandage doit être abordée. Les conditions de portance des sols sont prépondérantes. Il est nécessaire de planifier et d’anticiper pour éviter le gaspillage le lessivage et le « matraquage » des sols. Dans la mesure du possible les lisiers seront épandus plutôt à la sortie de l’hiver avant le démarrage de végétation dans le respect de la règlementation.
L’azote est toujours le facteur limitant lorsque l’on recherche une qualité de fourrage et un rendement optimum. La quantité d’engrais de ferme à apporter par hectare correspond au besoin maximum de la prairie. A titre d’exemple, pour une prairie d’utilisation élevée (7 à 8 tonnes de matière sèche par an) les besoins sont 50 unités de Phosphore et 145 unités de Potassium. 30 à 40 m3 de lisier de bovins par ha suffisent pour couvrir les besoins en P et K. Il faut compléter cet apport par l’azote minéral pour assurer un rendement précoce. Dans le cas d’une fauche plus tardive, la fertilisation azotée minérale est à ajuster en fonction de l’apport d’azote de l’engrais de ferme.
En parallèle, l’observation de la flore reste primordiale, certaines zones demandent des niveaux de fertilisation plus ou moins importants.  

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