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Limagrain
Bien comprendre pour produire plus

Le 15 mai, la coopérative organisait une journée, à l’intention de ses adhérents, sur le thème de la production durable.

Visite d'essais sous un soleil de plomb et une chaleur étouffante. Présentation de nouveaux essais sur les variétés et les itinéraires culturaux croisés avec des rappels agronomiques.

Autour de la plateforme Grandes cultures, implantée sur l’exploitation du lycée agricole de Marmilhat, différents acteurs de la recherche agronomique ont développé ce sujet.

Comment nourrir une population grandissante tout en préservant notre environnement ? La compréhension des mécanismes naturels permet de faire avancer la recherche pour répondre à ce grand défi. Les connaissances, acquises jour après jour, sont la clef de voûte de la production durable aux exigences sociales, économiques et environnementales. Pour concrétiser ce sujet, Jacques Gasquez, chercheur en biologie et gestion des adventices à l’Inra de Dijon, expose les résultats de plusieurs années d’études.

 

Pas d’améliorations

Le plan Ecophyto 2018 vise à réduire de 50 % l’utilisation des produits phytosanitaires afin de diminuer l’exposition, des utilisateurs et des consommateurs. Selon Jacques Gasquez, les systèmes de productions pourraient voir leur durabilité décliner. En France (Outre-mer compris), on ne compte pas moins de 30 cultures différentes. Les agriculteurs utilisent plus de 180 molécules chimiques sur les 293 existantes dans le monde. Quant aux adventices, on dénombre environ 200 espèces sur une localité. « Les adventices sont chez elles sur les parcelles. Elles sont super adaptées et on doit se battre contre ça.» Devant la grande diversité de ces dernières, les agriculteurs ont souvent recourt à plusieurs techniques de luttes et/ou plusieurs molécules. « C’est la diversité des techniques agronomiques qui assurait une certaine efficacité. En simplifiant trop, on risque de perdre les propriétés liées à cette diversité et de faciliter les résistances. » Pour éviter les phénomènes de résistances, les agriculteurs peuvent alterner les produits. Qu’en sera-t-il en 2018 ? «Tout herbicide est à même de révéler des résistances chez toute espèce. Et toute espèce est susceptible de contenir des génotypes résistants à tout herbicide. » La résistance est contenue dans le génotype, on l’a re-trouvera donc dans les graines. Cette semence peut survivre plusieurs années dans le sol et il est compliqué de détruire ce stock semencier.

Résistances actuelles

Aujourd’hui, on observe des résistances aux inhibiteurs Als et l’Accase notamment sur vulpin et ray-grass. Dans certaines vignes, Jacques Gasquez constate que certains ray-grass résistent au glyphosate. « Quand la pression est de plus en plus forte les plantes

s’adaptent.» Après plusieurs années de recherche, il explique comment venir à bout des adventices résistantes. Dans un premier temps, il ne faut plus utiliser le produit responsable de la résistance et ceux du même mode d’action. « Il faut à tout prix éviter les multiplications. La gestion doit être durable d’une campagne à une autre. On observe moins de résistances dans les exploitations diversifiées dans les techniques culturales (labour…).»

La gestion des adventices est essentielle pour mener à bien une production. Lutter contre les résistances permet de répondre aux lignes directionnelles de

l’agriculture durable.

Cette journée a renforcé les connaissances des agriculteurs pour mieux comprendre les mécanismes de la nature qui les entourent.

 

La surface utilisée pour l'expérimentation de la branche agro production de Limagrain représente 30 ha, dont 2/3 pour le maïs semences et le tournesol semences et 1/3 pour les autres grandes cultures. Sur ces 30 ha, 7 ha sont réalisés à Marmilhat sur l'exploitation agricole du Lycée.

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