Aller au contenu principal

Légumes
Auvabio, l’association apporte des réponses aux maraîchers

Nathanaël Jacquart, maraîcher en AB à Luzillat, a été contraint d'adapter sa production en raison du changement climatique et du manque d'eau pour se tourner vers des légumes moins exigeants et répondant au marché du demi-gros.

Le 31 mai dernier, Nathanaël Jacquart a accueilli sur son exploitation maraîchère plusieurs producteurs intéressés par la production de légumes en plein champ.

La FRAB AuRA, la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, Bio 63 et Auvabio ont organisé conjointement la semaine dernière, une rencontre technique autour de la production de légumes en plein champ. Pourquoi et comment produire ? Quels légumes choisir ? Quels débouchés ? Autant de questions auxquelles a répondu l'accueillant du jour, Nathanaël Jacquart. Maraîcher bio à Luzillat, installé depuis 2008, il est également co-fondateur de l'association Auvabio qui commercialise la production de légumes en demi-gros de ses adhérents. Depuis, Nathanaël Jacquart a réduit ses surfaces de production ainsi que la vente directe à la fois grâce aux solutions apportées par l'association mais aussi dans l'objectif de s'adapter au changement climatique.

Le changement climatique bouscule la production

Lors de la reprise de l'exploitation maraîchère, Nathanaël Jacquart ne pensait pas devoir un jour diminuer ses surfaces de production. Dix ans après son installation, le jeune agriculteur comptait 5,5 hectares et 5 000 m2 de serres. Il vendait alors ses fruits et légumes dans des Amap, sur les marchés ou encore en livraison à domicile. Puis, le temps s'est gâté. "Les excès de chaleur et le manque d'eau ont mis à mal mon système."  Le maraîcher assurait pourtant ses arrières avec un puits, plusieurs forages et réserves d'eau. Nathanaël Jacquart récupère même l'eau de pluie qui tombe sur les serres et les toits de son exploitation. Il a également accès au réseau d'irrigation voisin pour remplir deux à trois fois par an ses réserves. Malgré tout, la quantité d'eau devenait insuffisante.
" Depuis 4/5 ans les forages ont très peu d'eau. De 550 mm de pluie par an sur Luzillat, nous sommes tombés à 450 mm depuis 2018." Le maraîcher n'a alors d'autre choix que d'adapter son système en prenant une décision radicale. "J'ai réduit d'un hectare la surface maraîchère pour maintenir la quantité d'eau."

La spécialisation, une réponse à l'optimisation de l'eau

Nathanaël Jacquart explique devoir son salut à Auvabio. L'association commercialise des légumes bio en demi-gros demandant ainsi au producteur de se spécialiser quelque peu. "En vente directe, vous devez avoir une gamme de fruits et légumes très large. Vous ne pouvez pas avoir seulement quelques variétés sur votre étal. Vous êtes donc obligé de produire des légumes et des fruits qui ne correspondent pas vraiment à votre système. Plus vous avez de variétés différentes plus vous avez des petites quantités que vous êtes contraint d'arroser pour en garantir le volume."
En se tournant vers la production à plus grande échelle, Nathanaël Jacquart fait le pari d'optimiser son usage de l'eau. Le maraîcher explique avoir choisi des légumes moins gourmands et s'est limité à huit espèces différentes : épinards, radis, ail nouveau (sous serre), tomates (sous serre), oignon jaune, poireau, radis noir et échalion. " Ma production est moins diversifiée mais je gagne en temps de travail et j'optimise ma quantité d'eau d'irrigation." L'assolement du maraîcher répond également à la planification de productions réalisée par Auvabio.
Parallèlement, Nathanaël a réduit sa période de production en vente directe. "J'ai abandonné certaines productions, comme les salades. Avec l'excès de chaleur, elles montaient trop vite à graines."


Une organisation logistique millimétrée


Hormis les avantages à la production, l'organisation d'Auvabio offre aussi aux producteurs un allègement du temps de logistique, facilite la commercialisation et renforce les liens entres les professionnels.
Les producteurs remplissent chaque semaine une offre de légumes. Le commercial d'Auvabio transmet ensuite la mercuriale(1) aux différents clients qui commandent. "Je livre ensuite ma commande à l'antenne de l'association à Aulnat puis Auvabio livre les clients."
Auvabio compte désormais plus d'une cinquantaine de producteurs mais la production reste déficitaire par rapport à la demande.

1 : Liste des prix des denrées alimentaires sur un marché public.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout L'Auvergne Agricole

Les plus lus

Jacques Chazalet, président du Sommet, est optimiste quant au maintien de l’évènement en octobre prochain à la Grande Halle d’Auvergne.
Une édition 2021 maintenue avec pass sanitaire
A quatre mois de l’ouverture, les organisateurs du Sommet de l’élevage (du 5 au 8 octobre) affichent optimisme et prudence en…
La pullulation de campagnols reste un réel fléau sur certains secteurs.
Une aide d’urgence pour soutenir des agriculteurs victimes du rat taupier
Face à la présence incessante du rat taupier sur certains secteurs du département, le Conseil Régional Auvergne Rhône- Alpes a…
Aulx
L’industrie Rochias en pourparlers avec les agriculteurs
L'entreprise Rochias, spécialisée dans l'ail déshydraté, s'est récemment rapprochée de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme…
Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA du Puy-de-Dôme.
« Prendre à l'un pour donner à l'autre : une solution inacceptable »
Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA du Puy-de-Dôme, revient sur les principales annonces du plan stratégique national (PSN)…
Huit exploitations de Limagne Nord se sont équipées de sondes capacitives qui mesurent tous les 10 cm sur une profondeur totale de 60 cm, la quantité d'eau disponible pour les plantes.
Huit sondes capacitives installées en Limagne nord
La Cuma des Marais et des adhérents du CETA Val de Morge ont investi dans plusieurs sondes capacitives pour piloter au mieux leur…
« France, veux-tu encore de tes éleveurs allaitants ? »
Conjoncture, prix, travaux de filière mais aussi PAC 2023 et problématiques locales à l’ordre du jour de la section bovine du 7…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site de l'Auvergne Agricole
Consultez les revues de l'Auvergne Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Auvergne Agricole