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« Après le plateau de fromages, l’Auvergne devient une belle basse-cour ! »

« Notre force est la complémentarité de nos acteurs et de nos outils » Marc Saulnier, président du Syvofa (SYndicat de défense des Volailles Fermières d’Auvergne) fait un bilan de la filière post-Covid.

La volaille d’Auvergne est élevée
en plein air, nourrie 100% avec des céréales françaises et sans aucun antibiotique.

La filière des volailles fermières d’Auvergne Label Rouge a réussi au fil des années à imposer son style dans un paysage intensif. Elevées en plein air, nourries 100% avec des céréales françaises et sans aucun antibiotique ou molécules pharmaceutiques de synthèse, les gallinacées auvergnates s’érigent en Rolls-Royce de la production. Marc Saulnier, président du Syvofa évoque cette orientation draconienne qui fait aujourd’hui la force des volailles fermières d’Auvergne Label Rouge.

Quelle est la structure de la filière aujourd’hui ?

Notre filière compte environ 400 éleveurs pour 800 poulaillers, majoritairement implantés dans le Puy-de-Dôme et l’Allier. Chaque poulailler est situé à proximité d’un abattoir qui sont au nombre de quatre dans la filière (Allier Volailles, Sedivol, Andrée Volailles et Arrive Auvergne). A nos côtés, nous comptons également trois “organisateurs” qui sont Axéréal, Socalim et Atrial. Ensemble, nous produisons chaque année environ 8 millions de poulets Label Rouge et 1 million de poulets bio.

Comment s’est passée la période de confinement pour votre filière ?

L’élevage et l’abattage des animaux se sont poursuivis normalement. La seule difficulté rencontrée est l’absentéisme du personnel pour des raisons de santé ou de garde d’enfant. Nous travaillons principalement avec les GMS. Les volumes de ventes ont donc considérablement augmenté au point que nous n’avons pas pu honorer toutes les commandes. Ce fut une gestion difficile mais comparé à d’autres filières nous n’avons pas eu de chute des cours ou d’arrêt des ventes.

Vous allez donc augmenter la production pour les mois à venir ?

Non. Nous allons la maintenir. Contrairement à beaucoup d’autres, la filière volailles fermières d’Auvergne Label Rouge s’est imposée la ligne suivante : « vendre ce que l’on produit et ne pas produire pour vendre ». Aujourd’hui, tout ce qui sort des poulaillers est vendu. Depuis longtemps, nous nous sommes imposés de tendre vers l’hyper qualité de nos produits. Nous avons été les premiers à démédicaliser la production et à s’engager dans une alimentation sans OGM et 100% française. Nous avons aussi été les premiers à construire une traçabilité extrêmement fine permettant au consommateur par un simple flash code de savoir quel éleveur à produit son poulet. Nous poursuivons d’ailleurs nos travaux dans ce sens. En 2021, nous serons les premiers et les seuls en France à construire un partenariat pour la mise en place de ruches à proximité des parcours des volailles.

Les consommateurs s’attachent-ils vraiment à ces détails ?

Je crois qu’aujourd’hui il est important de construire des filières respectueuses du tissu rural. Par notre production, nous participons à le maintenir. Nos poulaillers sont implantés partout dans les départements. Dans le Puy-de-Dôme, ils sont principalement présents dans les zones de moyennes montagnes. De plus, ils garantissent un revenu au producteur puisqu’aujourd’hui quatre poulaillers suffisent à le faire vivre. Des poulaillers que nous choisissons d’implanter dans un rayon de 50 km de l’un de nos abattoirs. Des poulaillers qui ne font pas plus de 400 m² ! Les volailles fermières d’Auvergne Label Rouge sont réellement le top des volailles labellisées. A titre de comparaison, les poulets de Loué n’ont pas arrêté les antibiotiques ! Pourtant, ils sont leaders sur le marché. Pourquoi ? Parce qu’ils investissent des sommes considérables dans la communication. Des moyens que nous n’avons pas et que nous refusons d’obtenir par l’augmentation du prix en rayon de nos produits.

Si vous élargissez votre zone de vente vous allez devoir augmenter votre production ?

Nos volailles partent déjà en Belgique, Roumanie et dans les pays scandinaves ! Nous aimerions maintenant qu’elles investissent davantage les assiettes des parisiens et des marseillais. Même sans cela, notre production et nos ventes augmentent de presque 4% chaque année. En 2021, nous pouvons intégrer à la filière 50 poulaillers de plus sans problème. L’Auvergne est un beau plateau de fromages. Demain elle peut devenir une belle basse-cour sans problème !

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