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Ambert, le dernier abattoir municipal du Puy-de-Dôme

L’abattoir municipal d’Ambert est le dernier outil de ce genre dans le Puy-de-Dôme. Soutenu par la mairie, il maintient le cap malgré les difficultés.

L’abattoir d’Ambert
permet à Philippe Fougerouse (à gauche) co-gérant et artisan boucher de maintenir son activité et de choisir des animaux d’exception directement dans les fermes.

Ouvert en 1966, l’abattoir municipal d’Ambert est un survivant. Malgré son éloignement des grands centre villes, il résiste envers est contre tout. Il est le dernier outil dans le Puy-de-Dôme à ouvrir ses portes aux professionnels de la viande (bouchers, revendeurs…) mais aussi aux agriculteurs en vente directe et aux particuliers. Chaque année, ce sont près de 1 100 tonnes de viandes de bœuf, veau, porc et agneau qui sont traitées. Si le tonnage suffit à maintenir la structure, il ne lui permet guère de vivre dans l’opulence. Garant d’une activité agro-alimentaire dans ce secteur d’Auvergne, il est aujourd’hui menacé. «Nous devons rénover l’intégralité de l’abattoir. L’investissement total est estimé à 1 million d’euros» explique Philippe Fougerouse, co-gérant de la structure.

 

Ouvert à tous

A l’abattoir municipal d’Ambert, il n’y a pas d’intermédiaire. Les agriculteurs en vente directe, les bouchers et même les particuliers amènent leurs bêtes à abattre sans passer par un «chevillard». «Ces personnes sont des acheteurs de bestiaux et les revendent une fois tués et découpés. Ils occupent une grosse part du marché et sont la clef pour espérer entrer dans un abattoir privé». A Ambert, il suffit de téléphoner quelques jours avant, de décharger l’animal et de le récupérer quelques jours ou semaines plus tard. «L’animal est amené la veille et abattu dès le lendemain matin. Ensuite, nous proposons aux clients de l’emporter en grosses pièces ou découpé et mis en caissette ou sous-vide. Nous travaillons suivant la demande. Nos tarifs sont bien plus avantageux qu’en abattoir privé» explique Bernard Gourgouillon, responsable de la chaîne d’abattage. L’abattoir d’Ambert emploie sept salariés et maintient l’économie sur le canton.

 

Paroles d’artisan boucher

Philippe Fougerouse n’est pas seulement le co-gérant de la structure. Il est aussi boucher, emploie 12 salariés et choisit encore les animaux qu’il fait abattre, dans les prés. «J’ai un camion et je vais chercher bovins, veaux, porcs et agneaux dans une trentaine de fermes des environs. Grâce à l’abattoir d’Ambert, je n’ai pas d’intermédiaire. Je peux donc me per- mettre d’acheter les bêtes un peu plus chères. La proximité de l’abattoir réduit considérablement le temps de transport de l’animal».

Alors l’abattoir d’Ambert, c’est un peu plus qu’un outil de mise à mort du bétail. Dans les paroles du boucher, c’est un lien primordial pour conserver la passion du métier. «On a le plaisir de voir les bêtes vivantes dans les prés ou les concours. On sait ce qu’on découpe et surtout ce que l’on vend aux consommateurs. Si l’abattoir venait à disparaître, je devrais abandonner les agriculteurs avec qui je travaille. Je me fournirais dans des exploitations plus proches du nouveau lieu d’abattage (Saint-Etienne, Brioude…). Se serait un regret immense».

 

Soutiens indéfectibles

Il faudrait à l’abattoir d’Ambert un tonnage de 1 500 tonnes pour tourner à plein régime. La rénovation de l’outil aurait été impossible sans le soutien de la municipalité. «Myriam Fougères, maire d’Ambert, le Parc du Livradois-Forez, la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme et bien d’autres nous soutiennent. Nous travaillons tous ensemble pour passer ce cap» explique Philippe Fougerouse. Rien n’est donc encore joué pour le dernier abattoir municipal du Puy-de-Dôme.

 

Il a dit...

Romain Vernet, administrateur JA 63

C’est un outil important et essentiel sur le territoire. Nous avons intérêt à le garder. C’est un atout pour nous, sa proximité permet de bien travailler. De l’argent a été réinjecté récemment, il est désormais aux normes. Il nous permet entre autre de valoriser les bêtes accidentées.

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