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« Aller vers la culture de la gestion du risque sur les exploitations agricoles »

Face à la multiplication et la répétition des phénomènes climatiques de plus en plus violents, la profession se prononce en faveur du développement de solutions assurantielles pour sécuriser les exploitations.

Depuis plusieurs années, le monde agricole souffre d’une vulnérabilité particulière vis-à-vis des aléas climatiques comme en témoignent les ravages subis notamment par les exploitants du Puy-de-Dôme suite aux sécheresses. D’ici 2050 l’impact du changement climatique sur le nombre et l’intensité des catastrophes feraient augmenter de 50% le montant des sinistres liés aux catastrophes naturelles (selon un rapport de commission du sénat). Or la politique de prévention reste insuffisante en France ; il existe un vrai déficit de protection des agriculteurs, avec des problèmes d’articulation entre la couverture assurantielle et le régime des calamités agricoles.

Système des calamités à bout de souffle

Invité à participer aux travaux de l’assemblée générale de la Fnsea 63, Joël Limouzin, vice-président de la Fnsea et président du FMSE (Fonds de mutualisation des risques sanitaires et environnementaux), a réitéré la volonté du syndicat de « développer un système assurantiel basé sur des outils d’analyses précis et adaptés à la diversité des exploitations pour estimer les pertes de production. Encore trop peu d'agriculteurs se prémunissent face aux différents risques pesant sur leurs exploitations, soit 30 % en grandes cultures et viticulture, 2% en arboriculture et seulement 1 % en prairie » déplore-t-il. Pour le vice-président « le système actuel des calamités agricoles est à bout de souffle. Les écarts et les différences d’interprétation des données recueillies sur le terrain ne sont plus tenables. Les agri- culteurs doivent donc aller vers une culture de la gestion du risque dans leurs exploitations. » Pour autant, la Fnsea milite pour le maintien du dispositif des calamités agricoles, qui fait appel à la solidarité nationale, « mais il doit être rénové et doit mieux s’articuler avec le système assurantiel » indique Joël Limouzin. Et d’ajouter : « La Fnsea a fait le choix de ne pas rendre l’assurance obligatoire mais on aura un débat prochainement sur le fait que certaines aides de l’Etat seront conditionnées à la contractualisation ou non d’une assurance ».

Sécuriser les exploitations

Actuellement, le système assurantiel ne séduit pas les agriculteurs car il n’est pas suffisamment attractif ; les produits proposés ne répondant pas réellement aux spé- cificités des exploitations. Joël Limouzin évoque cependant la nécessité pour les agriculteurs de modifier leur approche vis-à-vis de l’assurance climatique : « Il faut la considérer comme un dispositif de gestion d’entreprise. On assure nos bâtiments contre l’incendie même si ce n’est pas obligatoire parce que le risque est trop important, on peut tout perdre ! Mais c’est aussi le cas en cas de gros aléas climatiques ! Cela permet de disposer de moyens financiers pour rebondir ». L’agriculteur doit considérer que le risque climatique fait partie des « risques normaux » désormais.

De façon plus générale, la priorité de la Fnsea est de mettre en œuvre des moyens de prévention efficace, comme le stockage de l’eau par exemple, qui s’articulent avec d’autres dispositifs soutenus par les pouvoirs publics, tels que l’épargne de précaution ou l’assurance. Joël Limouzin plaide notamment pour un meilleur accompagnement des procédures administratives des projets de stockage : « l’Etat doit déverrouiller les dispositifs réglementaires qui freinent les projets. 2% de pluie sont stockés aujourd’hui en France contre 20% en Espagne ! » argumente t-il.

Concernant la future PAC, Joël Limouzin souligne qu’elle aura son rôle à jouer aussi dans le domaine de la gestion des risques. « Mais en attendant nous devons agir pour sécuriser les exploitations face au changement climatique et instaurer une véritable politique d’investissement des moyens de prévention.»

Verbatim

 

Baptiste Arnaud : « L’Homme, un autre risque pour l’agriculture ! ». Le président de JA63 évoque pêle-mêle la consultation publique sur les ZNT où « moins d’une personne sur 1000 a répondu pour décider du destin des agriculteurs » ; le tirage au sort de 140 français « pour donner leurs avis sur la PAC… Est-ce leur rôle ? » s’interroge-t-il. Tout en se réjouissant d’un bon score départemental en matière d’installation- 7,7 jeunes installés pour 8 départs, Baptiste Arnaud dit son inquiétude face aux installations sur des « modèles nouveaux ». « Nous avons des opérateurs sur notre territoire qui demain auront moins de producteurs pour les alimenter. Cela risque de fragiliser nos outils et les emplois derrière… »

 

 

Paul Bony, secrétaire adjoint de la Chambre d’agriculture 63 :

« L’agriculture ne se délocalise pas ! » « Nous avons échappé à la réduction du budget des chambres d’agriculture souhaitée par l’État. Pour le département cela aurait représenté une perte de 450 000€ soit 10 personnes en moins pour accompagner les agriculteurs. Nous devons rester attentifs à ce qu’il n’y ait pas une nouvelle velléité étatique… À nous de démontrer l’utilité des chambres d’agriculture et de prouver leur raison d’être en sollicitant leurs services. »

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