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Races Ovines des Massifs
“Adapter la sélection aux besoins des utilisateurs des races”

La modification du marché des reproducteurs et les effets de la conjoncture de la production ovine conduisent les éleveurs à modifier leurs schémas de sélection.

Jean-Luc Chauvel et Jérôme Gueux misent sur un nouvel équilibre des schémas de sélection

Explosion des prix des céréales, arrêt des aides régionales pour les éleveurs, difficultés structurelles...la filière sélection reproduction des races ovines du massif (UPRA ROM) observe une nouvelle baisse de ses effectifs en 2007 (-0,8 %). La population totale des bases de sélection BMC, Bizet, Grivette, Limousine, Rava et Noire est de 76 757 brebis (contre 77 443 en 2006 et
80 738 en 2005). La dynamique est variable selon les régions : elle progresse de 8 % en Midi Pyrénées, baisse de 10 % en Languedoc Roussillon et se stabilise en Auvergne et Limousin. « En revanche, la taille moyenne des troupeaux a augmenté de 3 % portant le nombre de brebis par troupeau à 357 avec des pointes de plus de 400 brebis en Auvergne et de moins 300 dans le Limousin. Un écart qui met en évidence la diversité des systèmes de productions conduits par les 215 éleveurs d'UPRA ROM» indique Jérôme Gueux, directeur.

Des réformes voulues
L'année 2007 a également été marquée par des changements importants dans les schémas de sélection : disparition des UPRAs au profit de la création de « ROM sélection » réunissant les différentes races autour d'un programme harmonisé de fonctionnement et d'organisation des populations rustiques du Massif central : mise en place d'un nouveau protocole de contrôle de croissance basé sur le poids des agneaux à 30 jours ; élaboration d'un nouvel outil d'exploitation de la chaîne nationale, le logiciel OVALL ; et développement du boîtier électronique OVITEL permettant à la fois aux sélectionneurs de valoriser en temps réel les informations concernant leur élevage, et aux organismes chargés du contrôle de performances de diminuer leurs coûts. « Le développement de cet outil reste décevant ! reconnaît pourtant le président. Nous constatons peu d'installations chez les éleveurs. C'est regrettable ! Car c'est un outil intéressant pour les sélectionneurs. Il l'est aussi pour l'ensemble des éleveurs ovins qui veulent améliorer la gestion de leur troupeau». Jean-Luc Chauvel rappelle que «toutes ces réformes, y compris l'entrée de l'informatique et de
l'électronique dans les élevages ont été voulues par la profession. Elles apportent les éléments de modernisation qu'il appartient aux sélectionneurs de valoriser ».

Difficulté de la voie femelle
Mais le réel point noir de l'année 2007 est la configuration inquiétante que prend le marché des reproducteurs femelles. La diffusion de femelles en 2007 est dans la continuité de la baisse amorcée depuis 2004, soit -30 % en 4 ans, et -17 % en 2007. « Cette tendance globale reflète l'évolution de la diffusion dans les races Blanche, Limousine et Rava, alors que pour les races Noire du Velay, Grivette et Bizet, le volume diffusé est globalement stable depuis 3 ans » explique Jérôme Gueux. Néanmoins, le directeur de l'UPRA ROM s'interdit de tomber dans un scénario catastrophe. Il rappelle qu'en 2000, il y avait moins de 11 000 agnelles diffusées contre 11 606 en 2007. « Nous ne sommes donc pas dans une année complètement atypique ». Ceci étant, face à la diminution de la demande, au déséquilibre des systèmes organisés et à la tendance à la baisse des prix,
l'UPRA ROM a décidé, en concertation avec les Organisations de producteurs, de concentrer ses efforts sur une communication sur « l'intérêt de l'investissement en reproducteurs femelles ».
Pour Jean-Luc Chauvel « si 2007 est la fin d'un cycle où la dynamique de sélection était influencée par les aides à la génétique, les années qui viennent doivent être celles de la mise en place d'un nouveau mode de fonctionnement capable d'adapter les schémas avec l'évolution à la baisse des effectifs et de retrouver un équilibre entre la composition des bases de sélection et le marché des femelles. Nous ne devons surtout pas laisser tomber le schéma de sélection des qualités maternelles car c'est lui qui induit tout le reste».

« Les moutonniers aux abois »

«Affaiblie depuis des années par le cumul d'un différentiel de soutien dans la PAC, un marché soumis de plus en plus aux fluctuations saisonnières et des charges à la hausse, la production ovine ne fournit plus aujourd'hui un revenu décent à ses éleveurs. Cette situation ne peut plus durer... ». C'est le constat amer que dressera la filière ovine devant le ministre de l'Agriculture lors de l'assemblée générale de la FNO les 24 et 25 avril prochains. Dans un communiqué, la Fédération nationale ovine souligne que les aides d'URGENCE 2007 promises par le Ministère en août dernier ne sont toujours pas arrivées sur le compte des éleveurs. L'heure est à l'action. « Certes, des signes positifs de la France, de la Commission et du Parlement européen pour une ré-orientation des aides du 1er pilier vers les ovins, nous laissent des raisons d'espérer mais pas avant 2009. Une réponse doit donc être rapidement trouvée pour passer le cap 2008. Les trésoreries sont dans le rouge et un soutien financier conséquent est indispensable».

Les éleveurs ovins demandent donc
- L'attribution des fonds non utilisés dans le cadre de l'aide complémentaire de minimis 2007 (pour des raisons de critères d'éligibilité trop discriminants) aux éleveurs dans le cadre du plan 2007.
- La mise en place d'une nouvelle aide FAC(1) élargie à tous les éleveurs ovins sur 2008.
- Le déploiement des aides directes de façon à optimiser le plafond européen des minimis de 7500 ?
- L'abaissement des seuils d'accessibilité aux aides de façon à toucher un maximum d'éleveurs spécialisés.
- L'avancement du versement de la prime à la brebis pour 2008
- Un véritable soutien à la trésorerie permettant de soulager les éleveurs ayant investi.
- Une indemnisation plus significative des frais de vaccination contre la FCO.
- La réévaluation des indemnisations de mortalité FCO.

(1)Fonds d'allègement des charges

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