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50% de bio et local dans les cantines scolaires d'ici 2022 ?

E. Macron avait annoncé un objectif de 50 % de produits bio, de qualité et locaux d'ici 2022 dans les cantines scolaires. Quelles conséquences pour nos communes ? Point avec les maires ruraux.

Après les États généraux de l'alimentation, 50% de produits bio et locaux devraient être imposés dans les cantines scolaires

Passer à 50% de produits bio et locaux dans les cantines scolaires était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Promesse renouvelée lors de son discours fin 2017 aux États généraux de l'alimentation. Les pourcentages de chaque sous-catégorie devraient être fixés par le ministère. « Ce chiffre fait partie des objectifs d'une grande politique d'alimentation », insiste Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture. Cette ambition devra être atteinte d'ici 2022 et sera prochainement inscrite dans la loi. Sur le terrain, comment la mesure est-elle accueillie par les maires des communes rurales ?

 

Des repas déjà faits maison

L'école de Saint-Donat, en RPI (regroupement pédagogique intercommunal), accueille 17 enfants pour le service du midi. Jusqu'à fin 2017, les repas étaient préparés par une cantinière, désormais retraitée. « La commune achetait les produits elle-même, on se fournissait en viande chez le boucher du coin mais ce n'est pas forcément de la viande locale», rappelle François Marion, le maire de la commune. Désormais, c'est un restaurateur du village voisin qui prépare et livre les repas à l'école. Pas question d'industriel, les plats sont faits maison avec des produits de qualité. À Laqueuille, le maire Eric Brugière établit le même constat : « l'école compte 45 élèves, leur chiffre a doublé en 8 ans. 38 enfants mangent à la cantine, soit 85% ». Une cantinière leur concocte des plats faits maison, avec des produits locaux de préférence. « On achète le pain à la boulangerie de Laqueuille, la viande vient de la boucherie de Saint-Sauves », confirme le maire.

« Local », une notion encore floue

50% de produits bio et locaux d'ici 2022 ? « Tout dépend de la définition de local. En produits vraiment locaux nous avons de la viande et du fromage, en maraîchage il faudrait se fournir à Clermont. Mais autant s'approvisionner au niveau local et utiliser les savoir-faire de nos producteurs locaux. J'y suis favorable, ça ne me gêne pas du tout. Ça ne devrait pas changer grand-chose pour nous. Par contre s'il est imposé de proposer 50% de produits alimentaires uniquement en bio, on aura plus de mal à trouver de la proximité », optimise Eric Brugière.

A Saint-Donat, le maire craint que la mesure soit plus difficile à appliquer. « Il faut mieux définir la notion de local. A Saint-Donat ce n'est pas évident de trouver du bio, au niveau du maraîchage on n'a pas de production, mais par contre on n'a pas de souci pour trouver du Saint-nectaire ! ».

Concilier qualité et budget

Quelle incidence sur les prix des repas à la cantine ? Le maire de Laqueuille avoue ne pas encore y avoir pensé, « mais il est impératif de concilier la qualité qui est notre priorité et un prix raisonnable ». Dans le Sancy, le repas coûte à la commune aux alentours de 6 euros à l'achat, les parents payent 46,50 par mois sur 10 mois. « Il ne faut pas se faire d'illusion, acheter local et bio coûte plus cher. Ce sera un vrai problème pour les petites communes, car inévitablement les prix vont augmenter. Je me suis battu pour garder une école, mais avec ça elle va coûter très cher à la commune », alerte François Marion. Chauffage, entretien, personnel... la note s'élève déjà a plus de 3000 euros par enfant et par an. « En tant que maire d'une commune rurale, je trouve que c'est une aberration, c'est difficile à mettre en oeuvre. Les prix des repas vont augmenter les frais de la commune car on ne peut pas tout répercuter sur les familles ».

 

Distinguer rural profond et urbain

Alors quelle solution pour les écoles des plus petites communes rurales ? L'école de Saint-Donat devrait signer une convention imposant 50% de bio et local avec le restaurateur qui prépare les repas. Le risque serait inévitablement une hausse des prix voire un refus d'assurer un tel service pour si peu d'enfants. «Je suis agacé, en colère : on nous impose des règles mais c'est nous qui payons. Encore une fois on veut avancer mais on ne fait pas la différence entre le rural profond et l'urbain. On marche sur la tête. Et on peut manger correctement sans manger bio ».

 

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