La route tumultueuse de l’AOC Côtes d’Auvergne
Portrait
Pierre Goigoux, viticulteur indépendant à Châteaugay, fraîchement élu président du Syndicat des Viticulteurs de la Zone d’Appellation Côtes d’Auvergne, nous ouvre les portes de son domaine.
Pierre Goigoux n’est ni fils d’agriculteur ni fils de vigneron, il se tourne donc vers ce métier sans trop savoir ce qui l’attend. Il franchit alors les obstacles, animé par une seule et même passion, celle de son terroir. «J’aime l’Auvergne et ses paysages, j’avais envie de les servir en faisant quelque chose qui les représente» explique-t-il.
Construire son activité
Pour mener au mieux sa route, Pierre Goigoux s’oriente tout d’abord vers un Bepa viticulture à Mâcon, puis vers le lycée viticole de Beaune. Il conclut sa formation avec un Btsa de gestion au lycée de Marmilhat et créé son entreprise en 1989, il est âgé de 21 ans. C’est avec moins de 3 hectares, dont 0.5 qui appartenaient à son grand-père, qu’il débute. «Cette année là j’ai eu la chance de faire de très bons produits qui se sont bien vendus. J’ai donc pu commencer à acheter de nouvelles parcelles». Lorsqu’on est occupé dans ses vignes, difficile d’aller voir les clients pour vendre son vin. Alors, en 1991, il embauche un premier salarié et en 1994, c’est sa femme qui participe à l’activité du domaine, en accueillant les clients dans le caveau. Cette même année, il améliore son activité avec une surface totale de 10 ha de vignes. En 1999, le viticulteur totalise 21 ha, l’exploitation est peu mécanisé et les coûts de main d’œuvre sont importants. Il essaye de les diminuer en 2004 en partie, à cause de la crise viticole. Pierre Goigoux restructure ses vignes, il arrache un rang sur deux et refait le palissage dans le but de les rendre mécanisables. Aujourd’hui, son domaine s’étend sur 19 ha, la totalité est dans la zone d’appellation Côtes d’Auvergne et répond au cahier des charges.
Une arme de plus
Pour Pierre Goigoux, le président du Syndicat des Viticulteurs de la Zone d’Appellation Côtes d’Auvergne, l’Aoc est une vic-toire. Il est fier d’ajouter : «Dans l’histoire de l’Inao, c’est la première fois qu’il y a unanimité sur un dossier. Habituellement au niveau des votes c’est 60%-40%, alors que pour nous il y avait seulement 2 voix contre et une abstention.» Pour lui, c’est la reconnaissance tant attendue et c’est la preuve que les pairs des vignerons croient en eux. Il espère également que cela constituera une protection, car la particularité des vignes puydômoises d’être situées dans un secteur péri-urbain. «Aujourd’hui, l’urbanisation prend de l’envergure et marche sur la vigne. l’Aoc va nous protéger». Pierre Goigoux, très optimiste, pense que par le biais de cette appellation, les viticulteurs donneront une meilleure image de l’Auvergne et de ses vins, auprès des clients encore sceptiques.
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