L'Auvergne Agricole 11 janvier 2007 à 00h00 | Par C.Rolle

Visite - “Jouer la carte du réseau syndical”

Jean-Michel Lemétayer et Philippe Meurs apportent leur soutien à la liste UDSEA/ JA. Revenu, prix des produits et soutiens équilibrés sont le fil conducteur de leur action.

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Jean Michel Lemétayer et Philippe Meurs ont été accueillis sur les exploitations de la famille Anglaret à Sauxillanges et de Jean Yves Merle à Malintrat. Ils sont venus défendre « une agriculture rémunératrice qui joue son rôle économique et social dans la société et dans l’aménagement du territoire.  Que serait la région s’il n’y avait pas une agriculture dynamique et compétitive ? »
Jean Michel Lemétayer et Philippe Meurs ont été accueillis sur les exploitations de la famille Anglaret à Sauxillanges et de Jean Yves Merle à Malintrat. Ils sont venus défendre « une agriculture rémunératrice qui joue son rôle économique et social dans la société et dans l’aménagement du territoire. Que serait la région s’il n’y avait pas une agriculture dynamique et compétitive ? » - © Auvergne Agricole
A quelques semaines de l’élection aux chambres d’agriculture, Jean-Michel Lemétayer a entamé une tournée des régions en vue de soutenir les équipes locales Fnsea. Vendredi dernier, il était en Auvergne avec Phlippe Meurs, président national des Jeunes Agriculteurs. Ils sont venus soutenir la liste Udsea/ JA conduite par Gérard Renard, actuel président de la chambre d’agriculture du Puy de Dôme, Patrick Trillon, président de l’Udsea et Sébastien Vidal, président des Jeunes agriculteurs du département. La rencontre s’est déroulée sur l’exploitation de la famille Anglaret à Sauxillanges où près d’une cinquantaine d’agriculteurs de la PRA Limagne Sud est venue échanger avec les représentants nationaux.

La force d’un réseau
«Nous sommes là pour apporter notre soutien à des élections qui sont avant tout des élections départementales». D’emblée, le président de la Fnsea a mis l’accent sur l’importance de faire vivre le réseau UDSEA/JA qui, additionné au plan national, constitue un collège syndical de plus de 8000 électeurs contre seulement 300 pour la Confédération paysanne et zéro pour la Coordination. «Comment faire du syndicalisme sans réseau! ?» s’interroge alors Jean-Michel Lemétayer.
«Nous sommes confiants ! N’ayons pas peur de marcher la tête haute et de rappeler tous les dossiers que nous avons défendus pendant que nos concurrents, qui n’ont d’autre ambition que démolir la Fnsea, regardaient sans réagir. Sur la réforme des DPU par exemple, une réforme que nous n’avons pas voulue, mais sur laquelle nous nous sommes mobilisés pour faire en sorte qu’en 2006 les paysans reçoivent un niveau de compensation au plus près de ce qu’ils recevaient en 2005 ; Et nous avons réussi ! (…) Nous revendiquons d’être un syndicat responsable, qui prend et assume ses décisions». Sur ce point, le président n’a pas manqué de rappeler la condamnation «injuste» de la Fnsea, des Jeunes Agriculteurs et de leurs associations spécialisées, par l’Europe au plus fort moment de la crise bovine. «Nous sommes à l’amende parce que nous avons agi pour la défense des producteurs de viande et parce que nous avons été considérés comme une association d’entreprises et non comme un syndicat de défense professionnel. Notre action était une action syndicale juste et indispensable, et nous l’assumons.»

Patricia, Jean-Claude et Vincent Anglaret sont en Gaec sur 115 ha
Patricia, Jean-Claude et Vincent Anglaret sont en Gaec sur 115 ha - © Auvergne Agricole
Peser sur les décisions politiques
Assumer, prendre des décisions, c’est aussi la revendication du président de Jeunes Agriculteurs dont l’objectif est « d’installer partout dans des conditions favorables, y compris dans votre région d’Auvergne où les handicaps naturels ne facilitent pas l’installation ». Le président national a rappelé les avancées obtenues par JA sur, notamment, les prêts bonifiés, la défiscalisation de la donation JA ou l’optimisation du parcours à l’installation. «L’avenir de notre agriculture passe par l’installation sur des exploitations viables qui peuvent dégager du revenu par le prix des produits et la réduction des charges». Résolument optimiste, le président de JA milite également pour une organisation de la production en filières, «gage de création de valeur ajoutée pour les agriculteurs (…) L’agriculture plus que jamais, on peut y croire ! Il y a des perspectives d’avenir, des enjeux de dynamique de territoire, d’indépendance alimentaire et énergétique qui nous incitent à nous mobiliser pour mieux peser sur les décisions politiques ».

Agir sur le revenu et le prix
Les représentants nationaux ont fait valoir le besoin de se battre pour de meilleurs prix agricoles, pour le maintien des soutiens à la montagne et la maîtrise des charges. «Notre combat doit également porter sur la valeur ajoutée des productions pour compenser la perte inévitable des aides. Si la situation s’est améliorée en viande bovine c’est grâce au prix. Pour améliorer le revenu du lait, c’est également par le prix que nous avancerons. Pour cela, il faut que le monde économique suive le monde syndical pour gagner ensemble.»
Au cœur de l’Auvergne et du Massif central, Jean-Michel Lemétayer et Philippe Meurs ont défendu la politique de compensation de handicaps. « Celle-ci doit être mieux à même d’accompagner les exploitations des zones de montagne afin qu’elles soient compétitives. Il est essentiel de maintenir des soutiens et la politique de l’herbe sur laquelle la Fnsea s’est mobilisée cette année pour veiller à ce que les critères d’éligibilité n’excluent pas la majorité des éleveurs».



« Le choix des représentants de la Chambre est capital pour la politique agricole départementale et la représentativité du syndicat national. Notre mobilisation s’inscrit dans une action nationale »
« Le choix des représentants de la Chambre est capital pour la politique agricole départementale et la représentativité du syndicat national. Notre mobilisation s’inscrit dans une action nationale » - © Auvergne Agricole

Ils ont dit …

- Jean-Michel Lemétayer à propos des OGM : « Le feuilleton annuel des destructions des essais OGM est insupportable. C’est scandaleux de laisser faire cette politique spectacle qui accentue le retard dans notre recherche et nous rend encore plus dépendants des autres pays».

- Pierre Pagesse, président de Limagrain « il faut gagner les élections pour se faire entendre au plan européen et mondial dans toutes les négociations qui touchent l’agriculture ».

- Sébastien Vidal, « Nous défendons une agriculture professionnelle, tournée vers les marchés et qui favorise des installations économiquement et socialement viables ».

- Jacques Chazalet, président de la Frsea Massif central «L’agriculture de notre région a besoin des soutiens liés aux handicaps naturels. C’est une question d’équilibre des territoires et de compétitivité des exploitations ».



Gérard Renard
« Le choix des représentants de la Chambre est capital pour la politique agricole départementale et la représentativité du syndicat national. Notre mobilisation s’inscrit dans une action nationale »

 

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