L'Auvergne Agricole 16 avril 2020 à 09h00 | Par A.Javion

« Une troisième année sèche, ce serait vraiment le scénario catastrophe. »

David Chaize, trésorier de la FNSEA Puy-de-Dômes, porte-parole de l'inquiétude des agriculteurs face aux prémices d'une nouvelle sécheresse dans le département du Puy-de-Dôme

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- © auvergne agricole

Le printemps 2020 démarre sous de mauvais auspices également côté météo, quelles démarches ont été entamées par la FNSEA 63 ?

Malgré l’épidémie de Covid-19 et toutes ses répercussions, nous travaillons toujours et faisons de notre mieux pour accompagner et défendre les agriculteurs. Et la sècheresse fait hélas partie de nos sujets en cours. Nous avons terminé 2019 avec de la pluviométrie. Mais 2020 est déjà bien sec, pas plus d’une trentaine de millimètres en Limagne sud par exemple, ce qui fragilise tous les systèmes : céréales d’hiver en souffrance, des levées de semis de printemps anxiogènes et des premières coupes de fourrages très aléatoires. Une troisième année sèche, ce serait vraiment le scénario catastrophe. Nous avons alerté les services de l’Etat dès le début mars. Nous avons d’ores et déjà demandé des dérogations pour les implantations de SIE et CIPAN, mais également une dérogation pour rendre possible la fauche des jachères. Au vu des stocks réduits à néant, et des délais de réponses de la Commission européenne, mieux vaut s’y prendre tôt.

Concernant les fourrages en achats groupés, est-ce renouvelé cette année ?

L’association Terre Agri 63 a vocation à poursuivre son activité. Nous l’envisagions pour d’autres achats groupés, tels que le fioul ou autres, mais s’il faut renouveler côté fourrages, bien sûr que nous essaierons de conduire du mieux possible d’autres opérations. D’ailleurs, nous envisageons de préparer une offre pour les jours à venir. Et pour la saison 2020, nous allons prochainement lancer un sondage de recensement des offres et besoins en fourrages paille et foin afin de trouver des solutions de facilité pour les vendeurs et les acquéreurs, notamment en proximité.

Quels autres outils peut-on imaginer pour l’accompagnement des exploitants ?

Nous savons que dans certains cas, les exploitants ont déjà dû faire d’importants prêts de trésorerie, et que pour certains ils en ont peut-être refait à cause de l’épidémie. Bien évidemment, nous comprenons que les banques soient frileuses à l’idée de renouveler de tels prêts, néanmoins, elles devront poursuivre l’accompagnement des agriculteurs. Aussi, sur le sujet irrigation, il convient de poursuivre les travaux pour que des réserves soient créées pour les exploitants qui  pourront le faire. L’eau passe dans le département, les moyennes annuelles en font état, maintenir de l’eau pour les périodes sèches est vital.

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