L'Auvergne Agricole 25 mars 2015 à 08h00 | Par Mélodie comte

Une SCIC pour développer la filière des plaquettes bocagère

Le bois des haies bocagères, entretenues annuellement par les propriétaires et les agriculteurs, peut devenir une source de revenu. Exemple dans le Cher.

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Paul Clément, animateur à la SCIC Berry Energie Bocage a expliqué aux visiteurs le principe de fonctionnement de la société.
Paul Clément, animateur à la SCIC Berry Energie Bocage a expliqué aux visiteurs le principe de fonctionnement de la société. - © M.Comte

Les haies ne sont pas rares sur les exploitations agricoles et leur entretien génère des bran-ches rarement utilisées. Pourtant, elles représentent 30 à 50% de la biomasse du bocage. Leur transformation en plaquette offre une réponse énergétique pour le chauffage privé et professionnel des agriculteurs, des collectivités ou des particuliers.

La Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme accompagnée de la Mission Haies Auvergne, de l’ADHUME, du Conseil général, de la FdCuma 63 et 43, de la Cuma des Deux Rochers, de la Cuma Rénovation d’Arlanc et de plusieurs agriculteurs sont allés à la rencontre de la SCIC Berry Energies Bocages dans le Cher.

 

Les prémices de l’union

Créée en 2011 par un groupe d’agriculteurs, cette Société Coopérative à Intérêt Collectif associe producteurs, clients, collectivités territoriales pour la commer- cialisation de plaquettes bocagères.

Michel Lacombe, agriculteur et administrateur à la SCIC se souvient des raisons qui les ont conduits vers ce projet. «Nous cherchions une valorisation énergétique pour le bois issu de l’entretien de nos bocages. Le marché de la plaquette était ouvert mais pour pouvoir répondre aux demandes il fallait avant tout sécuriser l’approvisionnement. Nous devions rassembler tous les producteurs pour savoir qui faisait quoi mais aussi les clients pour avoir une garantie d’achat. La structure la plus appropriée était la SCIC puisqu’elle permet de faire le lien entre l’amont et l’aval. Les agriculteurs et les clients intègrent la structure en prenant des parts comme dans une coopérative et décident ensemble de son développement. »

Désormais répartis au sein de trois collèges distincts, une soixantaine de producteurs, environ 20 clients (collectivités territoriales, privés…) et 20 membres partenaires (société pêche et chasse, installateurs…) adhérent à la SCIC. La société commercialise plus de 5000 m3 sur les départements du Cher et de l’Indre.

 

S’immiscer dans le marché

Le rôle de la SCIC est certes de faire le lien entre les acteurs mais aussi et surtout de veiller à la qualité des plaquettes comme l’explique Paul Clément l’animateur. « D’autres sociétés sont installées sur le marché de la plaquette. Afin de nous démarquer, la SCIC a dû se positionner en établissant des contrats sur des nouvelles installations mais aussi en garantissant un produit de qualité. Nous avons donc établi, pour nos producteurs de plaquettes, un cahier des char-ges duquel découle une grille de prix selon la qualité. Le taux d’humidité, les essences utilisées, la présence de déchets, la taille des plaquettes, le volume livré... sont autant de points notifiés dans le contrat avec le producteur. Si la qualité engagée par l’agriculteur n’est pas au rendez-vous, il a des pénalités, comme lorsqu’on livre une benne de céréales !»

La SCIC intervient aussi auprès des agriculteurs pour les aider à établir des plans de gestion de leurs bocages. Si la société a pour principal objectif de commercialiser de la plaquette, elle n’encourage pas pour autant la déforestation. «La SCIC a également comme volonté de préserver la ressource en bois et d’aider les agriculteurs à entretenir leurs bocages. Nous leur apportons ce soutien technique. C’est aussi un argument de vente. Aujourd’hui, la filière bois énergie n’est pas lisible sur la production de plaquette contrairement à la SCIC. Nous garantissons à nos clients que les plaquettes sont issues d’une filière de production durable et locale. »

 

Des soutiens sans faille

Le projet séduit bon nombre de clients à commencer par les collectivités locales. Plusieurs d’entre elles ont soutenu l’initiative des agriculteurs en rejoignant la SCIC et en donnant des moyens structurels. Le syndicat du Pays Berry Saint-Amandois a été le premier à aider la société comme en témoigne Daniel Fourret, conseiller général et vice-président du syndicat. «Le projet de la SCIC a permis de fédérer des agriculteurs mais aussi des élus locaux. Il nous paraissait évident d’adhérer au développement de cette activité et tout le monde a «roulé» avec nous (associations environnementales…). Nous avions l’opportunité d’obtenir des subventions pour la construction d’un bâtiment, des heures de secrétariat et l’emploi d’un salarié. Nous avons donc décidé d’en faire profiter la SCIC. Nous avons fait construire un bâtiment couvert, subventionné à 80%, que nous louons désormais à la SCIC pour le stockage de ses plaquettes. Dernièrement, nous avons acheté une benne souffleuse d’une valeur de 35 000€ qui est aussi louée sous un contrat type leasing.»

Ce soutien politique a été indispensable au développement de la SCIC selon les administrateurs. Les collectivités locales sont d’ailleurs leurs plus gros clients. La petite filière poursuit son développement et permet, d’ores et déjà aux agriculteurs, d’obtenir un complément de revenu.

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