L'Auvergne Agricole 08 novembre 2017 à 08h00 | Par Françoise Thomas

Unanime détresse face au loup

À quelques jours de la présentation par le Premier ministre du nouveau plan loup 2018-2023, l’ensemble des organisations syndicales agricoles a lancé un appel pour la défense de l’élevage en plein air.

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L’aspect inédit de cette réunion regroupant toutes les organisations syndicales agricoles ayant répondu à l’appel de l’Usapr témoigne du caractère urgent et exceptionnel de la situation.
L’aspect inédit de cette réunion regroupant toutes les organisations syndicales agricoles ayant répondu à l’appel de l’Usapr témoigne du caractère urgent et exceptionnel de la situation. - ©  APASEC

Réunion exceptionnelle lundi 6 novembre à la Tour-de-Salvagny (Rhône) qui a vu la concertation unanime des différents syndicats agricoles et des élus de l’Usapr(1), pour porter haut et fort une seule et même voix contre le loup. Pour ces différents acteurs, la situation est grave et les décisions à prendre sont sans équivoque : il y va de l’avenir même des territoires concernés par la prédation. Ainsi, la FNSEA, Jeunes agriculteurs, la Fédération nationale ovine (FNO), la Coordination rurale, la Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux (Modef) et la Confédération paysanne ont tous signé un communiqué commun intitulé : Ultime appel pour la défense de l’élevage de plein air.

Ces propositions ont été adressées au Premier ministre, à cinq ministères (Agriculture, Transition écologique et solidaire, Cohésion des territoires, Économie et Intérieur), ainsi qu’à l’Ély-sée, au préfet coordinateur du plan loup et à l’ensemble des parlementaires des territoires concernés.

 

Le droit au tir de défense

L’urgence est là, dans les bureaux. Ce vendredi 10 novembre, le Premier ministre, Édouard Philippe, est censé arbitrer entre les propositions contradictoires des deux ministres Nicolas Hulot et Stéphane Travert sur le prochain plan loup. Mais l’urgence est aussi sur le terrain : les éleveurs sont à bout et réclament de vraies mesures de soutien de la part du gouvernement. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 10 000 animaux ont été tués par le loup en 2016 et la tendance de 2017 ne montre pas un fléchissement de ce chiffre. « Pire, la majorité des attaques ont lieu sur des troupeaux bénéficiant de mesures de protection. Elles ont lieu désormais dans la plaine, en plein jour, près des habitations », rappelle Pierre-Yves Bonnivard, le président de l’Usapr(1). Preuve en est que le loup craint de moins en moins l’homme et sait déjouer tous les stratagèmes.

Les éleveurs réclament donc d’autres mesures de protection notamment le droit aux tirs de défense chaque fois que nécessaire et le renforcement des moyens des brigades de défense. Et Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA de tirer la sonnette d’alarme : « ce n’est pas le seul problème des agriculteurs, mais bien le problème des territoires ruraux qui vont se vider si rien n’est fait. De plus on nous rebat assez les oreilles avec l’élevage industriel, là on a de l’éle-vage de plein air et il est clairement menacé».

 

Une écharpe et un fusil

« Toutes nos petites communes sont menacées par la désertification, renchérit Jacqueline Dupenloup, maire de Saint-Alban-des-Villards (Savoie). Certains éleveurs abandonnent des pans entiers de montagne. La fin du pastoralisme augmente les risques d’incendies et d’avalanches ». Par ailleurs, les mesures de protection actuelles, type barrière ou chien de troupeaux, empêchent peu à peu le multi-usage de ces territoires : pour limiter les problèmes (réels) de cohabitation, certains maires interdisent le passage des randonneurs dans les secteurs où les patous sont présents. « Tous les territoires herbagés seront tôt ou tard concernés », insiste Patrick Bénézit.

Lundi 6 novembre, les élus de l’Usapr sont venus d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Paca bien sûr, mais aussi des Pyrénées-Orientales et de la Lozère.

Leur association est née il y a deux ans, quand les attaques de loups ont commencé à devenir véritablement problématiques. Ils ont frappé fort dernièrement en s’affichant ceints de leur écharpe tricolore et fusil en bandoulière : «n’obligez pas les maires à faire ça» précisait le message, sous-entendu, ne les obligez pas à couvrir des tirs illégaux.

Les personnes présentes espèrent ainsi que leur position pour le maintien des troupeaux de plein air, des différentes activités économiques et du multi-usage des territoires sera comprise et entendue.

 

(1) Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales

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