L'Auvergne Agricole 09 octobre 2019 à 12h00 | Par Adeline Javion

Un premier avertissement réussi !

Agribashing, nouvelles contraintes, accords de libre-échanges…les agriculteurs crient leur colère et leur inquiétude dans le cadre d’une opération barrages filtrants mise en place dans le département

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- © FNSEA / JA 63

Plus d'une soixantaine de tracteurs et près de 200 agriculteurs ont répondu présents mardi 8 octobre à l'appel de la mobilisation syndicale nationale, lancé par FNSEA et JA.

Dans le Puy-de-Dôme, quatre points de filtrage de la circulation ont été installés sur des axes routiers stratégiques à Beaumont, Riom, Issoire et Thiers. L'objectif de cette action : lancer un avertissement au gouvernement pour avoir enfin des réponses face à la détresse qui touche le monde agricole. Le slogan « France veux-tu encore de tes paysans » avait pour vocation de sensibiliser les citoyens à la cause. Preuve en est du bon accueil des automobilistes sur tous les points de la mobilisation. Avec les chauffeurs routiers, ils se sont montrés compréhensifs et solidaires du mouvement : « vous avez raison les gars, ne lâchez rien ! », ou « on est avec vous ! », pouvait-on entendre sur les différents sites de blocage ; et même quelques coups de klaxons plus fair-play que réprobateurs. « C’est un premier avertissement réussi que nous transfor- merons le 22 octobre dans le cadre d’une mobilisation nationale d’ampleur » prévient Serge Bionnier, administrateur FNSEA 63.

« Veut-on encore de nous ?»

Les tracts distribués visaient à souligner l’importance que représente le secteur agricole dans les domaines économique, environnemental et de l’alimentation. En effet, les décisions contradictoires prises par le gouvernement ont de quoi refroidir ! Que ce soit son double discours entre montée en gamme et mise en pâture de l'agriculture française avec les accords de libre-échange, ou bien le dénigrement permanent subi par la profession, la confiance en l’avenir est perdue. La ferme Puy-de-Dôme ne peut que faire le constat amer d’une situation extrêmement difficile, aggravée par l’impact de la sécheresse mais aussi par la fermeture de la sucrerie Bourdon et de l'usine Périgord Tabac. Alors évidemment, le « veut-on encore de nous ? » n’est pas uniquement un slogan. Il dénonce l’absence de cap donné à la profession, l’acharnement à vouloir réduire les capacités de production de l’agriculture française et la violence avec laquelle certains s’évertuent à diaboliser le métier. Mardi, les agricul- teurs ont dit Stop !

A Beaumont, à Thiers, à Issoire, à Riom, partout les automobilistes et les chauffeurs routiers se sont montrés favorables aux messages. Malgré les contraintes de circulation, le public semble avoir encore confiance en son agriculture. Cet objectif de rallier les consommateurs aux messages portés par la profession est au moins atteint pour cette fois !

Mais « promis », ceux qui sont venus mardi reviendront le 22 octobre, pour une nouvelle action nationale d’ampleur, « nous devons nous faire entendre du Gouvernement et enfin obtenir des réponses », font savoir les agriculteurs .

Ils ont dit...

Marion Vedel

Il y a un réel décalage entre les pouvoirs publics français et européens et le monde agricole. Les bureaucrates sont complètement « hors sol » et ne connaissent rien au monde agricole. La question agricole n’est, de fait, pas traitée sérieusement par les pouvoirs publics. Nous manquons d’un cap politique clair.

 

David Chauve

Au Sommet nous avons interpelé le chef de l’État, le ministre de l’Agriculture pour leur faire part du mal-être tant économique que social de nos campagnes. L'heure des premiers bilans a sonné ! Où est le deal gagnant - gagnant des EGA ? Où est l'application de l'article 44 de la loi Alimentation ? Pourquoi le gouvernement est plus enclin à sur-transposer les normes et rigidifier le cadre

réglementaire qu'à nous protéger des distorsions de concurrence intenables ? Les réponses sont décevantes et ne permettent pas d’en rester là. Nos dirigeants ne peuvent pas « prêcher » le mieux et laisser entrer le pire. C’est pourquoi nous posons clairement la question aux français : veulent-ils encore de leur agriculture demain ? Et même aujourd’hui parce que demain risque d’être trop tard… Ne nous trompons pas de combat, restons mobilisés car le gouvernement joue à un jeu dangereux !!!

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