L'Auvergne Agricole 06 décembre 2012 à 11h02 | Par Helena Chaize

Udsea/Ja 63 en action - Bilan et projet sur le dossier production ovine

Après des années difficiles, grâce à la mobilisation du réseau FNSEA-JA, les éleveurs productifs voient enfin le bout du tunnel.

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Finale départementale des ovinpiades début 2012 au Gaec de la Rodde.
Finale départementale des ovinpiades début 2012 au Gaec de la Rodde. - © UDSEA

La filière ovine n’a pas bénéficié d’un marché porteur durant la dernière décennie. La France ne produisant que 40 % de ce qu’elle consomme, le marché ovin est très dépendant des importations. Le cheptel de brebis nourrices s’est fortement réduit et se concentre sur un nombre restreint d’exploitations. En 2007-2008, ce secteur a rencontré une succession de difficultés qui l’a fortement malmené. La FCO (Fièvre Catarrhale Ovine) a décimé les troupes ovines. La concurrence massive de pays exportateurs comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie a entraîné une chute des cours déjà bas et découragé bon nombre d’éleveurs. La haus-se des charges s’est ajoutée aux faibles soutiens. Un cocktail létal pour la production qui a dû se battre sur tous les fronts pour ne pas disparaître.

 

Un bilan de santé de la PAC salvateur

En 2008, la profession obtient un plan national de soutien de 17 M€. Sous pression syndicale, 18% des aides du premier pilier soit 1.4 milliard d’euros sont réorientés à partir de 2010. L’élevage ovin est un des principaux bénéficiaires des disposi-

tions françaises. L’aide à la brebis est revalorisée (21 € + 3 € si contractualisation). La modulation a profité à la plupart des éleveurs ovins. En effet il s’agit du transfert progressif d’aides du premier pilier vers le deuxième pour financer la PHAE et revaloriser les 25 premiers hectares de l’ICHN. La solidarité de toute l’agriculture envers les productions fragiles et notamment le secteur ovin et caprin lui a permis de bénéficier de 135M€ à travers une aide couplée à la tête. Elle s’ajoute aux 25M € acquis sur les DPU 2008, soit au total 160M € cor-respondant environ à 27 €/ brebis. Grâce au travail du syndicalisme, les producteurs ont eu une bouffée d’oxygène salvatrice. L’amélioration du contexte économique de la production a également permis le début d’une restructuration des élevages.

Les atouts de la contractualisation

Au-delà de la majoration des 3€, la filière organisée en France œuvre pour la contractualisation à travers le développement des signes officiels de qualité. Cette reconnaissance qualitative justifie un écart de prix conséquent entre l’agneau français et celui d’importation. Elle fidélise le consommateur prêt à payer le juste prix en adéquation avec la qualité du produit. La contractualisation se traduit par l’engagement des éleveurs au respect d’un cahier des charges permettant d’assurer un prix rémunérateur. Même si le prix n’est pas fixé à la signature du contrat, cela permet de fixer les plus-values à l’avance, de sécuriser la filière et d’assurer un débouché aux éleveurs. D’autres types de contrats existent pour permettre l’installation de jeu-nes ou le développement d’exploitations. Ils engagent l’éleveur vis-à-vis de l’aval (obligation de produire) mais aussi de l’amont (fournisseurs génétiques, d’aliments).

En contrepartie, le producteur s’assure un débouché avec l’abattoir qui commercialise ses agneaux.

 

La compétitivité, un atout primordial

Un travail de fond est mené par les instances de développement, avec la filière, pour améliorer la compétitivité des élevages ovins, définir les voies d’amélioration, modifier les systèmes pour améliorer le revenu. Les éleveurs travaillent sur le coût de production, conjointement avec les techniciens de la chambre d’agriculture.

Assurer le renouvellement des générations

Comme tout un chacun, les éleveurs travaillent pour vivre de leur métier. Ils se battent aussi pour que leur structure soit performante et transmissible. Pourtant, la production ovine pâtit d’une réputation qui lui fait du tort car si elle est très technique elle n’en est pas moins passionnante. Afin de sensibiliser le grand public et principalement les jeunes, les représentants de la FDO regorgent d’idées pour promouvoir leur profession. Ils sont présents dans les lycées pour des journées d’information et l’organisation des Ovinpiades (compétition amicale entre les apprentis bergers sur la manipulation des animaux et leurs connaissances théoriques). Ils communiquent à travers le site de «Reconquête ovine» qui apporte des réponses aux éleveurs, sensibilise les jeunes à l’intérêt du métier et les forme. Sur le site «jedeviensberger.com», les élèves et leurs enseignants sont renseignés sur la formation, les stages… Les porteurs de projets peuvent aussi y trouver un parrain.

Sous l’impulsion du syndicalisme, la filière ovine a su ces dernières années, sortir de l’impasse, communiquer pour être reconnue, vivre de son métier mais l’équilibre est précaire et nécessite une vigilance et un travail accrus pour continuer à aller de l’avant.

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