L'Auvergne Agricole 19 septembre 2013 à 00h00 | Par C.Rolle

UDSEA 63 - Un mot d’ordre : « Rester mobilisés sur la production ! »

Lundi dernier près de 160 éleveurs sont venus dans le Livradois-Forez échanger avec Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, sur l’avenir de l’élevage en zone de montagne.

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Dominique Barrau et Jacques Chazalet, au centre sur la photo, ont répondu à l’invitation de Pascal Servier, David Chauve et Jean-Yves Ayel qui, au nom de l’UDSEA du Puy-de-Dôme, souhaitaient rassembler les éleveurs sur la quesion de l’avenir de l’élevage en zone de montagne.Le débat s’est instauré avec quelque 160 agriculteurs présents.
Dominique Barrau et Jacques Chazalet, au centre sur la photo, ont répondu à l’invitation de Pascal Servier, David Chauve et Jean-Yves Ayel qui, au nom de l’UDSEA du Puy-de-Dôme, souhaitaient rassembler les éleveurs sur la quesion de l’avenir de l’élevage en zone de montagne.Le débat s’est instauré avec quelque 160 agriculteurs présents. - © C. Rolle

C’est en voisin- producteur laitier dans l’Aveyron- mais aussi en tant que secrétaire général de la FNSEA que Dominique Barrau est venu lundi 16 septembre à St Just, confirmer que l’agriculture avait un avenir dans les zones de handicaps.

Aux côtés de Jacques Chazalet, vice-président de la FNSEA, Pascal Servier, président de la Fédération départementale des producteurs laitiers (FDPL), David Chauve, secrétaire général de la FDPL et Jean-Yves Ayel, président de l’association « agriculture professionnelle et développement en Livradois-Forez », Dominique Barrau s’est exprimé sur les enjeux pour les territoires de montagne, sur l’avenir de l’ICHN et le devenir du plan bâtiment.

 

Conjuguer organisation de producteurs et développement

Au fil de son intervention, le secrétaire général de la FNSEA a surtout invité les agriculteurs à « rester mobilisés sur l’acte de production ». « Nous sommes dans une région où les habitudes et les méthodes de travail correspondent aux attentes de la société ; ce n’est pas chez nous qu’il y a les plus gros efforts à faire ». Et pour Dominique Barrau, « rester mobilisé sur la production » y compris dans les zones difficiles, suppose avant tout pour les éleveurs, d’être organisés en OP et de créer de nouvelles relations avec les entreprises d’aval. « Car demain pour faire du prix et aborder sereinement l’après 2015 il nous faudra passer par ce type d’organisation, par la contractualisation mais aussi par le développement au sein de nos exploitations » explique-t-il. « Nous devons en permanence faire le lien entre l’avenir de nos structures et le développement, sans quoi il sera difficile de répondre aux enjeux » et d’ajouter, « la dimension économique des projets de demain dépend d’abord de la capacité de l’éleveur à élever et conduire ses ruminants et de la visibilité qu’il a pour développer et investir dans l’exploitation».

 

- © C. Rolle

Revaloriser l’ICHN

Plus en détail, Dominique Barrau a évoqué les sujets qui préoccupent les agriculteurs du Puy de Dôme. A commencer par l’avenir des ICHN. « Le doublement de l’ICHN par l’intégration notamment du budget de la PHAE est la priorité». « L’ICHN est la mesure qui permet de soutenir l’élevage dans les zones difficiles » intervient Jacques Chazalet. C’est pourquoi la FNSEA et les élus professionnels du Massif central revendiquent une enveloppe de 1,5 million d’euros pour l’ICHN. «Cela correspond à 15% seulement du budget de la PAC en France ! Un minimum pour l’Etat français qui clame vouloir faire de l’élevage une cause nationale ! Nous saurons le rappeler aux élus du Massif central le 20 septembre à l’occasion de notre grand rassemblement à Tulle ».

A propos du paiement redistributif soutenu par le ministre de l’Agriculteur et la FRSEA Massif central, le secrétaire général dit ne pas partager cette position. Selon lui, « il accentuerait le différentiel entre zones de production d’élevage, notamment entre le grand Ouest et le massif; or notre objectif est que tout éleveur, où qu’il soit, ait les mêmes chances d’accéder aux marchés ».

 

 

Le prix aux producteurs

Concernant les marchés, tous les signaux sont aujourd’hui au vert, «les carnets de commandes sont bien remplis» a expliqué Dominique Barrau. Mais le représentant de la FNSEA reste vigilant, car pour lui le véritable enjeu qui va se jouer prochainement est « de veiller à ce que l’augmentation des prix, induite par la demande, profite aux agriculteurs et non aux seules entreprises ! d’où l’importance de constituer des organisations de producteurs et d’engager des relations durables avec elles pour que le prix du lait soit versé aux producteurs ». Et ce qui vaut pour le lait vaut aussi pour la viande, selon Dominique Barrau. Même si, dit-il, «le différentiel entre prix de revient et prix de vente en viande bovine fait qu’on ne se passera pas des aides publiques. Il faudrait augmenter nettement le prix au kilo pour les compenser, or c’est impossible ! »

A ce jour, l’incertitude du PMBE

Interrogé sur la poursuite du Plan de modernisation des bâtiments d’élevage (PMBE), Dominique Barrau reconnaît « qu’à ce jour rien n’est encore prévu pour 2014 ». La FNSEA demande toutefois la continuité du plan; que celui-ci conjugue un plan bâtiment avec un plan engraissement, prévoit un plan photovoltaïque agricole et un plan de spécialisation laitière. Quant à la région auvergne, sa décision serait suspendue à l’existence d’une participation de l’Etat.

 

Ils ont dit...

 

David Chauve : « Nous devons revoir notre façon de fonctionner au niveau du syndicat. Les jeunes qui arrivent dans le métier ont d’autres priorités. Pour que nos efforts portent, ils doivent être collectifs, que chacun donne un peu de son temps et réponde aux sollicitations des responsables professionnels. En organisant ce type de rencontre, nous favorisons les échanges et le partage des idées. »

Pascal Servier : « Le rôle du syndicalisme est de faire remonter vos attentes et vos interrogations. C’est ce que nous faisons ici à St Just, au travers de cette journée de rencontre. Nous l’avons fait précédemment à Theilhet en Combrailles en organisant aussi un débat avec les représentants de la FNB. »

Jean-Yves Ayel : « Si hier des projets ont été menés sur la PRA c’est parce qu’il y avait une équipe structurée autour d’Annie Marret, la responsable. Nous poursuivons aujourd’hui cette dynamique à travers l’association locale pour combler l’absence de projets sur la PRA».

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