L'Auvergne Agricole 05 septembre 2013 à 00h00 | Par Fabienne Antheaume

UDSEA - 120 éleveurs débattent de l’avenir de la filière bovine

A Teilhet, la section bovine réussit sa rentrée au plus près du terrain grâce à une organisation sans faille de son responsable local, Christian Peyronny.

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De gauche à droite : Christian Peyronny (délégué cantonal de Menat), Patrick Benezit (Berceau des races à viande), Pierre Chevalier (FNB), Jean-Paul Thenot (section bovine UDSEA), Bernard Duverger, maire de Teilhet.
De gauche à droite : Christian Peyronny (délégué cantonal de Menat), Patrick Benezit (Berceau des races à viande), Pierre Chevalier (FNB), Jean-Paul Thenot (section bovine UDSEA), Bernard Duverger, maire de Teilhet. - © UDSEA 63

Pour allier proximité et réponses aux inquiétudes légitimes des éleveurs, la section bovine de l’Udsea du Puy-de-Dôme a organisé au cœur des Combrailles, une rencontre avec Pierre Chevalier et Patrick Benezit, les Présidents de la FNB et du Berceau des races à viande. Face aux doutes des éleveurs, Pierre Chevalier a affirmé sans détour sa confiance en l'avenir. Un avenir qui passera nécessairement par les prix. Il a expliqué les éléments qui motivent son optimisme.

 

Un contexte favorable

L'OCDE(1) et la FAO(2) font état d'une baisse de la production de viande bovine mondiale et d'une stagnation de la consommation en Europe, voire d'une augmentation ailleurs dans le monde. Couplées, ces deux tendances conduisent inexorablement vers un déficit de production. Une pénurie n'est pas exclue, un pays comme la Tunisie, en a fait l'expérience en 2012. Selon Pierre Chevalier, l'Union européenne ne fera pas l'économie d'un prochain débat sur l'indépendance alimentaire.

Par ailleurs, à l'échelle européenne, les engraisseurs et abatteurs italiens fragilisés par les cours très soutenus de 2012, ont entamé avec la FNB et les instituts techniques des pourparlers pour s'entendre sur le calcul du coût de production des broutards et des jeunes bovins. L'objectif de ce travail, dont il sera question au Sommet de l'élevage, est de définir le prix juste et rémunérateur des animaux commercialisés entre les deux pays.

 

- © UDSEA 63

Des menaces à maîtriser

Mais tout n'est pas rose. Les écueils sur le chemin du prix rémunérateur sont quotidiens et nécessitent une veille permanente.

A l'intérieur même de l'interprofession, les intérêts divergent. Ainsi la baisse des tonnages des abattoirs va à l'inverse d'une hausse des cours.

Les menaces extérieures sont légions. Pour n'en citer qu'une, des accords commerciaux sont toujours à l'étude et l'éventualité d'une proposition d'accord sur l'importation de viande d'Amérique n'est pas exclue. La FNB suit le dossier de près et dispose d'ores-et-déjà d'arguments et d'illustrations propres à dénoncer le scandale d'un tel accord. La viande américaine hormonée ne supporte en effet aucune des contraintes sanitaires, environne-mentales... en application en Europe.

 

PAC, à l'heure des négociations franco-françaises

En spécialiste national du dossier, Patrick Benezit, a fait le point sur les récents acquis sur la réforme de la PAC. Le budget et le cadre européens sont désormais fixés. Grâce à la pression de la profession, l'Europe a validé le principe d'aides couplées et l'augmentation du budget des ICHN. Elle a acté le principe de la convergence des DPU. Désormais, les négociations se mènent au niveau franco-français pour définir les modalités de la mise en œuvre de la PAC en France à partir de 2015.

Tous, responsables nationaux et départementaux, sont convaincus que l'élevage a les moyens de dépasser le point de rupture économique et sociétale qu'il traverse. Ils s'accordent sur le fait que le salut de l'agriculture en général et de l'élevage en particulier, passe par les prix. Ainsi, malgré le contexte actuel un peu trouble, ils se montrent confiants. L'emploi et l'économie rurale sont, en effet, des enjeux directement liés à l'élevage que la France et l'Europe ne peuvent ignorer. Le syndicalisme en est convaincu. Rappeler ces enjeux aux dirigeants est d'ailleurs l'un des principaux objets des combats syndicaux actuels.

 

1- Organisation de coopération et de développement économiques

2- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

 

A noter
Les réunions de ce type à la demande des syndicats locaux de l'UDSEA continuent avec un rendez-vous le lundi 16 septembre dans le Livradois-Forez avec Dominique Barrau, Secrétaire général de la FNSEA au sujet du rôle du syndicalisme dans l’évolution de l’agriculture.

Quelques-unes des réponses apportées sur la PAC au cours de la rencontre

Qu’en est-il de la reconnaissance des EARL et des GAEC ?

Dernièrement, l’Union européenne reconnaît les Gaec qui étaient jusqu’à présent une spécificité française controversée. La FNB et la FNSEA souhaitent désormais faire reconnaître les actifs dans le cadre des aides européennes.

 

Faut-il craindre la régionalisation du 2ème pilier de la PAC ?

Le 2ème pilier est cofinancé, c'est-à-dire que, par exemple, pour prétendre à 75 € de l’Europe pour l’ICHN en 2014, l’Etat devra autofinancer 25 €.

En 2013, les ICHN en Auvergne représentent 110 millions d’euros soit 50 millions d’euros financés par l’Etat, un montant hors de portée d’un Conseil régional.

Sous la pression syndicale, il a été acté que l’ICHN resterait une mesure nationale cofinancée par l’Etat. Mais d'autres mesures du 2ème pilier seront régionalisées telles que les MAET(1) ou le PMBE(2).

 

Est-ce que l’historique des aides sera supprimé ?

Oui sur les aides couplées, telles que la PMTVA(3). Dès 2015, les aides seront attribuées en fonction de la production et non plus en fonction de droits historiques. Néanmoins les modalités précises (montant, animaux éligibles…) ne sont pas encore définies.

Non sur les DPU (4), du moins, pas à court terme. Il a été fait le choix d’une convergence progressive des aides à l’hectare. Les modalités de la convergence (durée, hauteur des paliers…) sont en cours de négociation.

 

La cartographie des ICHN va-t-elle changer ?

La remise en question des zones défavorisées simples est reportée à 2018. Il n’y a donc pas de changement de zonage pour le moment. Des critères sont d’ores et déjà identifiés pour justifier du maintien du zonage actuel au-delà de 2018.

 

Pour plus de détail sur la réforme de la PAC, l'UDSEA organise des formations sur son application dans les exploitations dès la fin septembre. Renseignements et inscriptions au 04.73.44.46.90.

 

(1)- Mesures agro environnementales territorialisées

(2)- Plan de modernisation des bâtiments d’élevage

(3)- Prime au maintien du troupeau de vaches allaitantes

(4)- Droit à paiement unique.

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