L'Auvergne Agricole 26 avril 2012 à 11h38 | Par C.Rolle

Syndicalisme - Défense, modernisation, adaptation : le triptyque du syndicalisme agricole

A quoi sert le syndicalisme agricole ? Quelles sont ses missions ? Et quels rôles a-t-il assurés au fil de ces cinquante dernières années ?

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Défendre les intérêts des agriculteurs est le moteur du syndicalisme agricole. Ici à Thiers, l’Udsea et les JA 63 mobilisés pour dénoncer le comportement de la laiterie Garmy envers ses producteurs.
Défendre les intérêts des agriculteurs est le moteur du syndicalisme agricole. Ici à Thiers, l’Udsea et les JA 63 mobilisés pour dénoncer le comportement de la laiterie Garmy envers ses producteurs. - © C. Rolle

A l’issue de la seconde guerre mondiale, l’heure est la reconstruction de la France. Un défi immense s’impose alors à l’agriculture : celui de nourrir les Hommes en quantité et en qualité. Avec la publication de la loi sur le rétablissement de la liberté syndicale en 1946, la Fnsea, alors composante de la Confédération géné- rale de l’Agriculture, élit son premier président, Eugène For-get lors de son Congrès cons- titutif. Eugène Forget fait voter à mains levées le serment de l'uni-té paysanne et encourage les agriculteurs à accentuer leurs efforts pour la reconstruction du pays. Huit ans après, le Cercle national des jeunes agriculteurs se constitue et devient un syndicat adhérent à la Fnsea, le Centre national des jeunes agriculteurs (Cnja).

 

Modernisation de l’agriculture

Au milieu des années cinquante, le syndicalisme agricole prend de l’ampleur et s’implique sur tous les fronts. Ses actions visent très vite la modernisation de l’agriculture. C’est l'essor de la mécanisation, de l'accroissement des investissements, des rendements. Sous l’impulsion syndicale, c’est aussi la mise en place des lois d'orientation de 1960 et de 1962 et l'ouverture sur le marché européen. Face aux disparités entre les revenus agricoles et ceux des autres catégories socio-professionnelles, le syndicalisme agricole demande la généralisation d'un système de garantie des prix. La Fnsea qui s'inquiète de la disparition de l'indexation des prix agricoles, de l'insuffisance des surfaces, de l'accroissement des coûts de production, de l'augmentation de l'endettement, poursuit ses actions de terrain. Elle demande en mars 1959, la convocation anticipée du Parlement. En 1962, la loi d'orientation qui s'inspire des propositions du Cnja, via son président Michel Debatisse, marque un tournant de la politique agricole française: politique sociale, politique des structures, organisation des productions et des marchés.

 

 

 

Conquête des marchés

Le développement des productions constitue une nouvelle étape dans les missions assurées par le syndicalisme agricole. Ainsi, dans les années 70, la Fnsea milite pour un renforcement de la politique des structures et encourage l'installation de jeunes agriculteurs. C’est la naissance des dotations aux jeunes agriculteurs (DJA). L'enseignement, la formation, la promotion sociale, la recherche, la vulgarisation des progrès technique, économique et social, l’accroissement de la valeur ajoutée produite deviennent pour les agriculteurs de véritables priorités. Elles sont portées localement dans chaque département, y compris par l’Udsea du Puy-de-Dôme qui, dans le sillon de la Fnsea s'investit aussi dans l'organisation des productions et des marchés et dans la compensation des handicaps naturels. La compétitivité des entreprises agricoles et la conquête de marchés extérieurs deviennent très vite de nouveaux chantiers du syndicalisme. Ce dernier élargit d’ailleurs ses missions au cours des dernières décennies donnant à l'agriculture française une véritable dimension européenne. Avec l'agro-alimentaire, elle accroît sa part dans l'excédent de la balance commerciale. La Fnsea pèse de tout son poids dans la réforme de la Politique Agricole Commune et dans les négociations mondiales du volet agricole.

 

Nouveaux enjeux

Aujourd’hui, le nouveau challenge du syndicalisme agricole est d’accompagner les agriculteurs à s'adapter à d'importants changements et à répondre aux nou- veaux enjeux : produire plus et mieux, assurer la sécurité alimentaire, développer des productions énergétiques, sécuriser le revenu des agriculteurs par des outils publics de gestion des marchés, contribuer à l'emploi et à l'animation du milieu rural, garantir l’indépendance alimentaire.

 

Définition

Le syndicalisme agricole s'inscrit dans la diversité et dans le mouvement mutualiste qui s'est formé de la volonté des hommes à s'unir et à se défendre collectivement. Il a deux fonctions essentielles : la représentation et la revendication. A ces deux fonctions, le syndicalisme a ajouté l’idée de progrès. Instrument de lutte, il s'est également imposé comme un moyen de régulation sociale et de promotion du métier auprès des citoyens.

Pour toute information : UDSEA 04.73.44.46.90

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