L'Auvergne Agricole 26 septembre 2013 à 08h00 | Par Mélodie Comte

Sommet de l’Elevage - Rebelote, la Salers occupe une nouvelle fois l’affiche

La Salers, la célèbre vache du Massif central, sera cette année et pour la seconde fois, sous le feu des projecteurs avec son concours national.

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Frédéric Chabrillat, 
co-président du syndicat Salers du Puy-de-Dôme et éleveur à Mazoires présentera quatre de ses animaux au National.
Frédéric Chabrillat, co-président du syndicat Salers du Puy-de-Dôme et éleveur à Mazoires présentera quatre de ses animaux au National. - © Mélodie Comte

La Salers récidive. Pour la deuxième fois de son histoire, le Sommet de l’élevage accueille le concours national de la reine auvergnate. La vache à la robe acajou et au poil frisé est décidément une adepte des projecteurs. Cette année encore, plus de 400 animaux sont attendus, présentés par une centaine d’éleveurs. Alors qu’elle est la 4ème race allaitante de France avec 210 000 têtes, l’animal n’a pas fini de montrer ses plus beaux apparats. Sa rusticité, sa capacité de vêlages et ses qualités maternelles, l’ont conduite bien au-delà des frontières auvergnates et même française. Dans le Puy-de-Dôme, les Salers ne sont pas moins de 17500 à arpenter les prés. Lors du concours national, elles seront largement représentées puisqu’une quarantaine d’éleveurs puydômois sont attendus.

 

Une vache et de multiples atouts

Les éleveurs qui la côtoient quotidiennement ne l’échangeraient pour rien au monde. La Salers est une championne en termes de productivité et n’a rien à envier aux autres races bouchères. « Sa facilité de vêlage réduit le temps de travail ainsi que le nombre d’intervention du vétérinaire. C’est une vache très maternelle qui ne produit du lait qu’en présence de son veau. En élevage laitier cela complique un peu les choses mais en allaitant, ses qualités laitières permettent de réduire l’apport de complément pour les veaux. C’est une vache donc qui a un coût de production moins important» expli-que Frédéric Chabrillat, éleveur et co-président depuis 2009 du syndicat des éleveurs Salers du Puy-de-Dôme. Installé depuis 2002 sur l’exploitation familiale à Mazoires près d’Ardes-sur-Couze, l’élevage compte aujourd’hui 70 mères et 50 génisses. La sélection génétique a été commencée dans les années 1990 permettant ainsi à Frédéric Chabrillat de perpétuer et de développer cette activité. L’éleveur réalise deux concours par an : le départemental et le National. «Les concours demandent une logistique importante surtout lorsqu’on travaille seul. De plus, il faut avoir de beaux animaux pour participer, surtout au national, non pas pour ramener un prix mais pour ne pas se faire de la mauvaise publicité. » En élevage allaitant, les concours ont des enjeux économiques non négligeables. Ils permettent de déterminer la valeur d’un élevage et surtout des animaux. Malgré tout, la convivialité des concours n’est pas atteinte pour autant. «Dans l’ensemble, les participants vont dans les concours par passion. Certes il y a des enjeux importants pour certains mais cela n’empêche pas d’avoir une bonne ambiance au sein du syndicat Salers du Puy-de-Dôme. » Alors il ne reste plus qu’à conduire les beaux et les belles au Sommet de l’Elevage.

L’apprentissage des Salers commence au plus jeune âge, peu après le sevrage. Quelques semaines avant, Frédéric Chabrillat complémente leur alimentation, les douche et les brosse souvent et leur offre des séances régulières de marche à la corde. «La Salers est une vache docile même quand elle défile avec son veau. En général, les animaux sont à l’image de leur maître, pour les vaches c’est pareil !» L’éleveur conduira quatre animaux pour le concours National.

Didier Champeix (à droite) et son fils, Sébastien (à gauche) présenteront quatre animaux dont deux taureaux, et espèrent bien être dans les 10 premiers du
palmarès.
Didier Champeix (à droite) et son fils, Sébastien (à gauche) présenteront quatre animaux dont deux taureaux, et espèrent bien être dans les 10 premiers du palmarès. - © Mélodie Comte

L’excellence rustique

Il en va de même pour Didier Champeix, éleveur à Saint-Jean-des-Ollières et co-président du syndicat Salers du Puy-de-Dôme. Au Gaec de la famille Champeix, les vaches acajou sont une histoire… de famille. La sélection génétique a débuté sur l’exploitation en 1978. En 1992, les éleveurs participent à leurs premiers concours. Aujourd’hui, ils s’apprêtent à participer à leur 6ème concours National et 8ème participation au Sommet de l’élevage en présentant quatre animaux dont deux taureaux. Des Salers qui ont la charge de représenter le troupeau de l’exploitation composé de 180 mères. «Nous vendons environ 50 reproducteurs par an. Nous nous sommes aperçus qu’il y a davantage de retombées économiques à participer au Sommet de l’élevage qu’à faire une première place dans un concours. Le Sommet est un rendez-vous pour les professionnels. Etre choisi pour présenter des animaux est un premier signe de qualité pour l’élevage.» Une présence régulière à l’événement qui a permis à la famille Champeix de prendre contact avec des acheteurs potentiels. Ainsi, ils ont pu vendre à plusieurs reprises des animaux en Irlande, en Ecosse, en Belgique et en Suisse. Les qualités techniques de la Salers sont donc largement reconnues en Europe. Pour Didier Champeix, la vache est également appréciée pour son allure. «Ses cornes en forme de lyre, son poil épais, frisé et rouge et sa taille imposante fascinent les visiteurs. C’est une vache qui a évolué certes, mais qui est restée très rustique». Des caractéristiques techniques et une allure qui font de la Salers, la vache appréciée de tous. Alors, les éleveurs s’attendent à voir beaucoup de monde. «Le concours Salers est en général bien suivi des professionnels mais aussi des particuliers. Il faut avouer, sans être chauvin, que durant ce concours ce sont les plus beaux animaux qui défilent.» Une concurrence rude pour les éleveurs puydômois surtout venant des élevages cantaliens. Ces derniers occupent régulièrement le haut de l’affiche lors des concours nationaux. Néanmoins, paroles de présidents, les éleveurs puydômois n’ont pas dit leur dernier mot.

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