L'Auvergne Agricole 24 octobre 2013 à 08h00 | Par Mélodie Comte

Sécurité - Concourir pour la sécurité dans les élevages

La MSA Auvergne a organisé un concours de manipulation de bovins au lycée agricole de Marmilhat pour sensibiliser les élèves aux bons gestes de sécurité.

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Lors du concours sur manipulation des bovins organisé par la MSA Auvergne au lycée agricole de Marmilhat, les neufs élèves participants ont pris conscience qu’avoir un matériel adéquat permet de gagner du temps et surtout d’être en sécurité.
Lors du concours sur manipulation des bovins organisé par la MSA Auvergne au lycée agricole de Marmilhat, les neufs élèves participants ont pris conscience qu’avoir un matériel adéquat permet de gagner du temps et surtout d’être en sécurité. - © Mélodie Comte

Encore aujourd’hui, beaucoup d’accidents dans les exploitations agricoles sont le fait de la manipulation des animaux. Si des matériels de contention et autres existent pour soulager l’effort et sécuriser l’éleveur, les réactions naturelles des animaux sont, elles, imprévisibles et incontrôlables. La MSA Auvergne et Puy-de-Dôme a organisé le 16 octobre dernier un concours de manipulation des bovins au lycée agricole de Marmilhat. L’objectif de cette journée n’est autre que la sensibilisation des élèves à la sécurité.

 

Un concours sérieux

Ils étaient neuf élèves de neuf lycées agricoles d’Auvergne à participer à ce concours un peu particulier. Devant un jury composé de trois conseillers en prévention de la MSA, de deux administrateurs de la MSA et d’un formateur de l’Institut de l’Elevage et du GDS, les élèves ont relevé plusieurs épreuves. Ce n’est ni leur force ni leur habileté qui ont été évaluées mais plutôt l’application des conseils de manipulation des bovins. A travers quatre épreuves, le jury a évalué leur approche de l’animal, la technique utilisée et le résultat obtenu, le tout en un temps record et en étant en sécurité. Les candidats ont ainsi trié trois animaux tirés au sort, fait entrer trois autres bovins dans un couloir de contention afin d’administrer un traitement buccal (eau), capturé et attaché un animal et le détacher en sécurité. Des épreuves que Pierre-Antoine Martin, élève au lycée agricole de Montluçon-Larequille dans l’Allier a relevé. «Mes parents sont éleveurs laitiers ; de ce fait, je connais les bovins et leurs réactions. Les formations de la MSA m’ont surtout appris des techniques de manipulation avec différents matériels et la réalisation de nœuds pour les licols. Ce concours est sympa, il permet de montrer ce que l’on sait faire. » Et principalement de prendre conscience des risques existants. « Ce concours n’est pas un amusement. Nous avons essayé de nous rapprocher au mieux du quotidien des éleveurs et des situations accidentogènes» commente Denis Beauchet, conseiller MSA sur le Puy-de-Dôme pour la prévention des risques professionnels.

Encore trop d’accidents

Malgré les évolutions du matériel durant ces trente dernières années, les accidents en élevage sont encore nombreux. Les producteurs laitiers sont quotidiennement exposés aux coups de pieds des vaches lors de la traite. En système allaitant, le risque est accrû lors des périodes de vêlage. « En Auvergne, 30 à 40 % des accidents agricoles sont liés à la manipulation des bovins. Il y a une dizaine d’années, l’administration de traitements médicamenteux ou autres était la principale source d’accidents. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas grâce au matériel. Toutefois, les accidents subsistent notamment lors des périodes de vêlages lorsque les mères protègent leur veau » explique Gérard Dautel, responsable régional de la prévention professionnelle à la MSA. La meilleure des préventions est celle qui se réalise dès le plus jeune âge.

C’est pourquoi la MSA investit les lycées agricoles d’Auvergne pour proposer chaque année entre 25 et 30 journées de prévention. Le comportement animal et la gestuelle à adopter sont abordés à travers des cours théoriques. Des démonstrations et des exercices manuels sont également proposés pour parfaire les connaissances. « Grâce à ces journées, nous nous sommes aperçus que les connaissances des jeunes étaient instinctives. La plupart d’entre eux sont issus de familles d’éleveurs et savent plus ou moins comment se comporter face aux bovins. Malgré tout, les jeunes interprètent difficilement les réactions de l’animal. Nous avons donc centré nos journées sur la traduction des signaux qui précèdent la réaction excessive de l’animal et sur les situations susceptibles de présenter un risque. Nous travaillons également sur les comportements que l’éleveur doit adopter pour influencer la domestication de l’animal.»

Analyser et comprendre l’animal, deux points auxquels les éleveurs prêtent plus ou moins attention durant leurs journées. Des points qui pourtant ont toute leur importance dans la prévention des accidents.

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