L'Auvergne Agricole 04 décembre 2019 à 14h00 | Par Propos recueillis par C.Rolle

Sécheresse : retour sur les dispositifs d’accompagnement

David Chauve, président de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme

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- © CA 63

Fin novembre, la Chambre d’agriculture et l’EDE du Puy-de-Dôme sont allés à la rencontre les éleveurs*. L’occasion d’identifier les difficultés liées à la sécheresse et présenter les différentes procédures d’accompagnement.

Pourquoi avoir organisé ces rencontres avec les agriculteurs ?

L’intérêt premier était de revenir sur le dispositif des calamités agricoles sur fourrages et sa mise en œuvre anticipée sur une partie du département, soit 343 communes. Mais ce traitement anticipé a engendré des incompréhensions de la part des éleveurs situés hors des communes ciblées ; ils pensaient avoir été écartés du dispositif d’aide. Ce qui n’est pas le cas puisque le dossier du département sera traité définitivement lors du Comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA) du 18 décembre. À noter que l’enveloppe départementale calamités 2019 devrait s’élèver à 20 millions d’euros contre 11 millions en 2018.

 

Quels sont les autres dispositifs d’accompagnement proposés aux éleveurs ?

La Région a reconduit son dispositif d’aide aux éleveurs mis en place en 2018 ; son ouverture devrait intervenir mi-décembre. Au regard de la situation également difficile des grandes cultures, nous avons demandé à la Région l’ouverture d’une ligne pour accompagner les productions végétales non éligibles aux calamités agricoles car assurables. Cependant, la complexité du système assurantiel et son coût font que seulement 1 ha sur 3 ha est réellement assuré. C’est pourquoi nous avons demandé à la Région une aide identique à celle allouée aux éleveurs. La réponse doit intervenir dans le cadre de la prochaine commission permanente de décembre.

L’aide à l’implantation de cultures fourragères dérobées consentie par le Département -à hauteur d’une enveloppe initiale de 50 000€- a également été reconduite cette année. Le dépôt des dossiers est clôturé depuis le 30 novembre. Enfin, le dispositif de prise en charge des cotisations sociales MSA a été actionné. Il s’élève à ce jour dans le Puy-de-Dôme à 663 000€ soit environ une moyenne de 370€ par dossier éligible.

 

Que retenez-vous de ces échanges ?

C’est peu dire mais les agriculteurs sont inquiets…Le dossier climatique pèse lourdement sur le fonctionnement et la dynamique des exploitations ; il freine les ardeurs des producteurs. Il est évident que cela aura un impact direct sur la ferme départementale. Le réflexe de décapitalisation des cheptels est fort pour bon nombre d’éleveurs qui préfèrent cette solution plutôt que d’investir dans du fourrage. Nous avons perdu 2000 vaches laitières en quelques mois sur le département… Lors de ces rencontres nous avons échangé sur la façon dont on devait gérer ces épisodes climatiques. Quels changements, quelles adaptations sur nos exploitations ? La Chambre d’agriculture travaille sur ces questions, sur la mise en place de systèmes plus résilients et sur l’amélioration du niveau technique dans la conduite d’élevage et de l’exploitation. Parmi les solutions, le dossier de gestion de l'eau est également capital pour tout le monde (abreuvement et irrigation, avec des projets à monter concrètement pour faire suite aux annonces ministérielles de cet automne).

Nous travaillons aussi sur la complémentarité entre plaine et montagne ; il nous faut casser les habitudes et tisser des relations de confiance. Mais le problème reste avant tout économique, avec un manque de rentabilité de nos exploitations ; la situation devient intenable lorsque des événements climatiques comme cette année surviennent. Même si tous ces dispositifs ne répondent que partiellement aux besoins, ils ont le mérite d'exister et il faut les activer. Cependant il est urgent de se pencher sérieusement et avec ambition sur l'enjeu du dossier gestion des risques dans le cadre de la future PAC. Nous avons aussi besoin de lisibilité sur cet aspect pour évoluer plus sereinement sur nos exploitations.

 

 

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