Sécheresse : c’est pire que grave !
Patrick Escure et Jacques Chazalet ont écouté les départements, mobilisés sur le front de la sécheresse. - © Pamac
D’un département à l’autre, les dégâts ne sont pas les mêmes, mais à l’heure ac-tuelle, l’ensemble du Massif central pâtit d’un manque criant de précipitations. Par endroit, il n’a pas plu sérieusement depuis le début du mois de mars, de quoi mettre un sérieux coup de frein aux récoltes de fourrages, et de contraindre les éleveurs a nourrir d’ores et déjà leurs animaux avec autre chose que de l’herbe. Du côté des productions végétales, les premières moissons devraient intervenir d’ici trois semaines, et les rendements ne seront bien évidemment pas au rendez-vous, loin de là…
Dans les départements, la mobilisation a débuté déjà depuis plusieurs semaines pour organiser collectivement via les FD/UD des commandes de paille. Les responsables professionnels de la Frsea Massif central, réunis en conseil d’administration lundi dernier, ont pris acte des mesures revendiquées au niveau national, en matière notamment d’incitation au non broyage de la paille et de développement de retenues colinaires(1).
Agir vite
Il n’en demeure pas moins qu’au regard de la gravité de la situation, la Frsea Massif central estime que d’autres mesures solides doivent rapidement être mises en œuvre. 2011 ressemble certes à 1976 ou encore à 2003, avec toutefois une différence de taille : avec ou sans la sécheresse les agriculteurs, en particulier les éleveurs, sont déjà en crise depuis au moins quatre années. De quoi donner à cet épisode climatique des conséquences désastreuses. Dans ce cadre, la Frsea plaide pour la mise en œuvre de mesures de stockage de viande au niveau européen, face à l’afflux de bêtes sur les marchés. Les éleveurs ne pourront garder très longtemps sur leur exploitation, un nombre important d’animaux faute de nourriture suffisante. A situation exceptionnelle, mesures dérogatoires exceptionnelles, c’est pourquoi ils demandent que soient allégées les contraintes de retournement des prairies, pour pouvoir mettre en place rapidement des cultures de dérobés. Le Massif central, par sa situation géographique, fait les frais de coûts de transports toujours plus élevés, l’éloignement ne doit plus constituer un frein supplémentaire, dans ce cadre la Frsea Massif central réclame la levée des contraintes liées au temps de transports. Enfin, les trésoreries étant aujourd’hui au plus mal, le fonds de calamités agricoles doit être activé. Les pouvoirs publics, les collectivités territoriales et l’ensemble des partenaires institutionnels des agriculteurs doivent, selon les syndicalistes, bien prendre la mesure du scénario qui est entrain de se jouer, au risque de voir disparaître un nombre croissant d’exploitations.
(1) Si on stockait, 3% de l’eau de pluie qui arrose annuellement la France, on parviendrait à combler les besoins en eau de l’agriculture. Aujourd’hui, on ne conserve qu’1% des précipitations annuelles.
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