L'Auvergne Agricole 02 février 2012 à 10h49 | Par Mélodie Brut

Relance ovine Transmission - Les moutons n’ont jamais été aussi beaux

La production ovine souffre d’une image dévalorisante. Au Gaec de la Fontaine du Sureau, les repreneurs pensaient la même chose jusqu’au jour où...

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(De gauche à droite) Christian Orcières aux côtés de son fils Thierry et de Nicolas Honhon, l’associé de ce dernier.
(De gauche à droite) Christian Orcières aux côtés de son fils Thierry et de Nicolas Honhon, l’associé de ce dernier. - © M.Brut

L’histoire du Gaec de la Fontaine du Sureau est aussi longue que son nom. L’exploitation a toujours produit du mouton et ce, depuis 1969. Les différents agriculteurs du Gaec ont côtoyé les pires heures de la production ovine. Des années de galères jusqu’à penser vendre au moment de la retraite. Jusqu’au jour où leurs fils ont choisi de revenir vers l’agriculture.

 

Années, années…

Le Gaec de la Fontaine du Sureau, sur la commune de Lezoux, a été créé en 1969 par Christian Orcières et Emmanuel Bresson. En 1976, ce dernier vend ses parts à Bernard Honhon et René Isord. Le Gaec va fonctionner à trois associés jusqu’en 2001, date du départ à la retraite de René Isord. Ses parts seront reprises par Marie-Françoise Honhon, la femme de Bernard. En 2008, ce dernier atteint l’âge de la retraite. Il ne reste alors sur l’exploitation que Christian Orcières et Marie-Françoise. Leurs enfants s’étant dirigés vers la mécanique et les techniques industrielles, ils n’avaient donc pas l’intention de reprendre le Gaec. Tout deux étaient bien décidés à vendre l’exploitation sur laquelle ils ont travaillé toute leur vie. «J’étais convaincu que nous allions tout vendre. Nous avions même fait visiter la ferme à plusieurs repreneurs potentiels. Jusqu’au jour où mon fils, Thierry, a voulu reprendre la suite» explique Christian Orcières.

 

Reprise inespérée

Thierry Orcières rachète les parts de Bernard Honhon et s’installe le 1er janvier 2008. « J’ai fait des études dans les techniques industrielles jusqu’au niveau maîtrise. J’ai ensuite travaillé, mais ce n’était pas ce à quoi je m’attendais. A ce moment là, la ferme allait être vendue. J’étais à un moment où il faillait faire quelque chose ou je devais choisir » raconte-t-il. Il avait pour projet de chercher un associé dans les quatre à cinq années à venir. A cette époque, il ignorait que les choses iraient beaucoup plus vite que prévu. En effet, l’année suivante, Nicolas Honhon, le fils de Bernard et Marie-Françoise, annonce lui aussi, qu’il veut revenir à l’agriculture. « J’ai travaillé pendant deux à trois dans le domaine de la mécanique industrielle mais je n’ai pas accroché. J’ai fait une formation accélérée à Marmilhat, puis j’ai repris les parts de ma mère et la moitié de celles de Christian » témoigne Nicolas. Aujourd’hui, les deux associés ont chacun 50 % des parts du Gaec. Ils élèvent environ 1 350 brebis Blanche du Massif central sur environ 174 ha dont 45 ha en cultures. Les trois poulaillers labels sont toujours sur place. En réalité rien n’a changé, ou presque, depuis le temps de leurs pères.

Aux regards des deux retraités actifs (car un agriculteur ne s’arrête jamais) les temps sont moins durs qu’à leur époque.

 

Production relancée

« Pendant des années, j’ai toujours entendu mon père dire que le travail était difficile. Je n’ai vu de l’agriculture que les points négatifs. Être agriculteur donne un autre sentiment que d’être salarié. Ce n’est pas la même vie» témoigne Nicolas. La vie de moutonnier a été difficile durant les 25 dernières années. La production a souffert de ne pas rémunérer suffisamment ses producteurs. Les hommes et les familles en ont souffert.

« J’ai toujours gardé un pied sur l’exploitation. Quand nous sommes jeunes, nous ne voyons que les défauts. Nous n’avions pas d’œil extérieur » rajoute Thierry Oricères. Selon Christian Orcières, les années de durs labeurs sont à l’origine de l’éloignement des deux jeunes hommes : «Tous les jours ils ont vu la difficulté de la production. La vie de famille en a souffert. Une telle image, ne donne pas envie de s’installer ! Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas ! Le rééquilibrage des aides et l’augmentation des prix donnent espoir. Ils ont un boulevard devant eux ! »

Aujourd’hui, les exploitations se sont modernisées et la demande en viande de mouton est repartie à la hausse. Une situation qui donne raison à Thierry et Nicolas d’avoir repris l’activité. « Nous vivons de ce que nous produisons » déclare le premier. Les deux jeunes associés s’inquiètent à ce jour de la reprise des exploitations du département.

 

Image persistante

La mauvaise image que véhicule la production ovine persiste, même dans les esprits des plus jeunes. Ils sont très peu à se tourner vers le mouton à la sortie de l’école. Alors que les éleveurs actuels sont, eux ,vieillissants. D’ici un peu moins de dix ans, le nombre d’exploitations ovines dans le Puy-de-Dôme va chuter. « Une filière se maintient quand il y a des producteurs. Il va y avoir beaucoup d’exploitations à reprendre et ma crainte c’est qu’elles ne soient pas reprises par un jeune moutonnier. Nous devons susciter des vocations. La production a changé. Les méthodes ont évolué et nous facilitent le travail » commente Thierry.

La production ovine est sur la rampe de lancement. A l’heure actuelle, elle est au meilleur de sa forme. Cependant, peu de personnes croient en cette rémission et les jeunes portent toujours un œil peu approbateur. Nicolas et Thierry avaient ce regard sur la production. Aujourd’hui, ils sont confiants et croient en la relance ovine.

 

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