L'Auvergne Agricole 24 octobre 2013 à 08h00 | Par Mélodie Comte

Projet de fusion - Pas de changements importants pour les producteurs

Bientôt, la coopérative Sodiaal et la coopérative 3A ne feront plus qu’un pour devenir un acteur de poids face à l’arrêt prochain des quotas et s’implanter durablement dans la filière laitière.

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Le projet de fusion entre Sodiaal et 3A pourrait voir naître une coopérative laitière produisant plus de 5 milliards de litres de lait soit 20 % de la production française.
Le projet de fusion entre Sodiaal et 3A pourrait voir naître une coopérative laitière produisant plus de 5 milliards de litres de lait soit 20 % de la production française. - © Catherine Perrot

En juin dernier, les coopératives laitières Sodiaal et 3A annonçaient leur fusion d’ici la fin de l’année 2013. Un rapprochement stratégique qui permettra à Sodiaal d’atteindre une collecte de lait de plus de 5 milliards de litres (20 % de la production nationale) auprès de 14 000 adhérents. La coopérative met également la main sur les Fromageries Occitanes, filiale de 3A, qui produisent de nombreuses AOP en Auvergne et dans les Pyrénées. Cette fusion, selon les administrateurs, est la solution pour maintenir un tissu industriel dans le Massif central, à la veille de l’arrêt des quotas.

 

Mariage à l’amiable

Concrètement, le regroupement de Sodiaal et 3A n’entraîne pas de grands changements. L’ensemble des outils industriels seront conservés ainsi que les salariés. Quant aux producteurs, ils seront toujours collectés. «Le capital social investi par les producteurs chez 3A deviendra Sodiaal. C’est une chance de pouvoir intégrer une coopérative d’envergure nationale. Le lait des producteurs aura de nouveaux débouchés et nous serons moins fragiles en période de crise» explique Rémy Broncy, président de l’Interprofession et membre du bureau de 3A. La coopérative toulousaine travaille avec près de 2 500 éleveurs et emploie

2 100 personnes. «Dans cette fusion nous ne perdons ni éleveurs, ni employés, ni outils industriels. Nous pouvons dire qu’il s’agit là d’un mariage qui permettra aux deux coopératives de se préparer à l’après 2015.» Dans cette union, 3A perdra simplement son nom de jeune fille et deviendra Sodiaal. Cette future coopérative aura alors un poids économique renforcé. La complémentarité des marques de Sodiaal et 3A, permettra à la coopérative de s’installer sur l’ensemble des marchés laitiers nationaux et internationaux.

Renforcer l’empreinte locale

Jusqu’ici, Sodiaal avait peu d’emprise sur le marché des AOP fromagères. Grâce à l’apport de 3A, ce mariage de raison permet à la coopérative nationale de conquérir cette filière.

Damien Lacombe, président de la section Auvergne-Sud-ouest à Sodiaal confirme : «L’Auvergne et le Sud-ouest sont des zones avec de multiples handicaps pour l’élevage laitier. Les AOP fromagères sont une dynamique régionale où l’on doit s’investir. Grâce à cette fusion avec 3A, Sodiaal deviendra un acteur majeur dans leur production. Si nous réussissons, et nous réussirons j’en suis sûr, à développer durablement ce marché des AOP, alors la coopérative deviendra un phare pour l’Auvergne et le Sud-ouest.» Sodiaal deviendra certainement un point d’ancrage pour la production laitière ; mais la coopérative qui ne cesse de grossir restera-t-elle coopérative ? Avec plus de 14 000 adhérents, les éleveurs s’inquiètent tout de même de voir leur légitimité s’affaiblir. «Malgré la taille et la place de Sodiaal, nous sommes une coopérative et nous le resterons ! Nous aurons toujours un rôle dans nos territoires avec le maintien des élus, des réunions locales et le développement de nos collaborations avec les acteurs locaux (Instituts de l’Elevage, Chambres d’agriculture…).»

La fusion de Sodiaal et 3A deviendra effective après que le projet ait été soumis aux votes des producteurs de chacune des coopératives. Ces deniers auront lieu lors des assemblées générales aux alentours de début janvier 2014.

 

Présentation de la coopérative 3A

La coopérative toulousaine 3A est leader dans la production fromagère :

Producteur n°1 de (chiffres marché France) :

- Cantal (14 000 t, 3e AOP Française)

- Bleu d’Auvergne (6 000 t)

- Fourme d’Ambert (6 000 t)

- Tomme des Pyrénées (2 800 t)

Producteur n°2 de :

- Roquefort (18 000T, 2e AOP Française)

- Ossau Iraty (3 500 t)

- Bleu des Causses (800 t)

Producteur n°3 de :

- St Nectaire (14 000 t, 5e AOP Française)

Elle collecte 460 millions de litres de lait sur 23 départements du Grand Sud-Ouest auprès de

2 450 producteurs. La coopérative compte pas moins de 20 sites industriels qui emploient plus de 2 100 salariés.

En 2009, le chiffre d’affaires de 3A s’élevait à plus de 637 millions d’euros.

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