Une journée pour rappeler les engagements
Gilles Brugière, Christian Guy et Alain Robert argumentent leur action auprès d’un responsable de la charcuterie dans une grande surface. - © Auvergne Agricole
Depuis 4 ans, les éleveurs porcins connaissent de nombreuses difficultés. La majorité d’entre eux vendent à perte (environ 1.30€/ kg) et parallèlement le prix des céréales a presque doublé cette année, augmentant les charges de productions. Les conséquences ne se font pas attendre, depuis 5 ans le nombre de producteurs ne cesse de diminuer. Aujourd’hui, c’est environ 400 éleveurs en Auvergne qui sont en train de disparaître.
Pour sortir de cet engrenage infernal une solution s’impose à eux, valoriser la viande de porcs française à travers l’information aux consommateurs.
Sur le sentier des pourparlers
Le 15 décembre dernier, un accord interprofessionnel est signé entre les grandes familles industrielles et les producteurs. Dans celui-ci, il est demandé aux industriels d’inscrire, sur les produits transformés contenant plus de 50 % de viande de porc, l’origine de la matière première. Il est notamment demandé d’apposer le logo VPF (viande porcine française)afin que le consommateur identifie rapidement la provenance de la viande. L’engagement qu’ils avaient pris auprès des producteurs n’est aujourd’hui que très peu respecté. C’est pourquoi, lundi 4 avril, une dizaine d’éleveurs auvergnats et des représentants de la Frsea Auvergne Limousins ont manifesté.
La marche des éleveurs de porcs
C’est d’abord à Teilhede (63) devant les portes d’un salaisonnier que les éleveurs, suivis de Christian Guy (responsable de la section régionale porcine Auvergne et Limousin), expriment leur mécontentement. Ce dernier déclare : « Nous voulons démontrer par cette action que la mention d’origine de la viande n’a pas été posée. » A ce moment, les producteurs se disent prêts à s’entretenir avec le directeur de l’entreprise pour lui demander des explications.
Pendant cette réunion, un dialogue de sourds s’installe puisque le directeur nie être informé de cet accord.
Dans l’après-midi, des éleveurs viennent grossir les rangs et sont rejoints par Alain Robert. Ils se dirigent avec tracts et étiquettes en main vers les grandes surfaces. « L’intérêt de la manifestation c’est de prendre date, il y aura un retour dans un mois. » explique Alain Robert (président de
l’Union Régionale des groupements de producteurs Auvergne Limousin et membre de la section porcine de l’Udsea du Puy-de-Dôme) qui rajoute, par la suite, « nous sommes des fantassins, on va cogner à la porte ».
Les éleveurs collent alors sur tous les produits, dont l’origine de la viande n’est pas indiquée, des étiquettes avec la mention « Exigez VPF ».
Les consommateurs ont accueilli l’action avec intérêt.
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