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Filière porcine

Les producteurs dénoncent les marges des grandes enseignes

Depuis trois ans les producteurs de porc connaissent une situation catastrophique. Alors que la relance se fait attendre, les prix restent au plus bas et ils produisent à perte. Les professionnels demandent toujours une meilleure répartition des marges avec les grandes surfaces.

06 janvier 2010 Sylvain Lablanquie Vu 1039 fois
Le cheptel porcin auvergnat a diminué de 2 % en 2008 par rapport à l’année précédente.

Le cheptel porcin auvergnat a diminué de 2 % en 2008 par rapport à l’année précédente. - © Réussir

Le ras le bol. Face à des cours de porc toujours au dessus du prix de revient, les producteurs ne voient pas la fin d'une crise qui dure depuis trois ans. Et les sections régionales porcines de sept régions, dont l'Auvergne et le Limousin, viennent de publier un communiqué de presse pour demander enfin une moralisation des marchés : « Alors que leur détresse s'accentue chaque jour, des marges énormes se font sur leurs produits sans aucun retour à la production. »
Des mots qui se résument encore mieux en chiffres. Le prix payé à l'éleveur de porc s'élève à 1,10 euros du kilo, ce qui correspond au niveau le plus bas depuis quatre ans, soit une perte pour l'éleveur de 0,30 euro du kilo. La grande distribution achète le porc 2 euros le kilo à l'abatteur transformateur, tandis que le consommateur doit débourser 6,40 euros le kilo dans les rayons. Les éleveurs déplorent « l'incapacité des entreprises d'abattages découpes à résister aux pressions des grandes et moyennes surfaces et ceci malgré de nombreuses restructurations. »
Et la situation de la filière porcine en Auvergne ? Les élevages dans la région sont à taille humaine avec une centaine de truies en moyenne, trois fois moins qu'en Bretagne. « C'est catastrophique » résume Guy Christian, président de la section régionale porcine. « Nous avons des dépôts de bilan. D'ici trois ans, je crains pour la survie de la moitié de nos exploitations. » Et la consommation, pourtant attendue, ne repart pas.
Le nœud central du problème se situe dans les négociations avec les grandes et moyennes surfaces assure le responsable syndical. « Les abatteurs et les groupements ne vendent pas le porc, ils le placent. Mais avec des prix comme aujourd'hui, personne ne trouve son compte sauf les grandes surfaces. »
Les producteurs de porc sont, dores et déjà, passés à l'action mercredi 23 décembre. D'abord à Aurillac où ils ont sensibilisé les consommateurs en distribuant des tracts devant Leclerc et une autre enseigne liée à Auchan.
« Nous avons rencontré les directeurs de magasin pour les mettre en garde » précise Guy Christian. « En cas de promotions trop fortes en janvier, nous reviendrons, cette fois pour bloquer les magasins. » Ce même jour, une action plus musclée à Tulle aura permis le blocage de trois grandes surfaces : Auchan, Lidl et Aldi.
Si les prix n'évoluent pas, d'autres actions syndicales pourraient être programmées. Les éleveurs du Limousin ont discuté d'actions de « blocage de tous les outils économiques et organisations économiques qui se rendraient complices de la dégradation des prix minimum. » Et ils prévoient la création d'un réseau d'éleveurs chargé de surveiller les pratiques commerciales de tous les distributeurs. Pour peser à Paris sur la loi de modernisation de l'agriculture, les producteurs ont rencontré le préfet Corrèze. Ils ont également demandé un entretien avec le préfet de région pour faire le point sur la question.

 

 

 

Une baisse du nombre de porcs en Auvergne 

L'Auvergne représente 2 % du cheptel national avec 287 700 têtes, dont 26 000 truies de 50 kg et plus. Les producteurs de porcs sont parvenus à maintenir la production régionale à 38 000 tonnes. Certes le cours du porc charcutier connaît traditionnellement une embellie entre juin et septembre, mais cette année il reste particulièrement bas. Au mois d'octobre 2009 les prix étaient inférieurs de 15 centimes d'euros par rapport à 2008. Et la baisse du prix des aliments pour les porcs ne parvient pas à compenser la perte.

 

 

 

 

 
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