L'Auvergne Agricole 22 janvier 2014 à 08h00 | Par Sophie Giraud-Chatenet

Porcs de montagne - Un premier essai de la Commission qui reste à transformer

Dans deux mois, on saura si l’alimentation des porcs de montagne pourra être issue de seulement 25 % de cultures de montagne. La balle est dans le camp du Parlement et de l’OMC.

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Les éleveurs de porcs de montagne sont dans l’attente des décisions du Parlement et de l’OMC.
Les éleveurs de porcs de montagne sont dans l’attente des décisions du Parlement et de l’OMC. - © Sophie Giraud-Chatenet

Alors que depuis plusieurs semaines, la Commission européenne ne laissait filtrer aucune information aux organisations professionnelles sur l’avancement de la rédaction de l’acte délégué mention « produit de montagne », les professionnels ont appris, mi décembre que celui-ci était achevé. Le point crucial de cet acte délégué porte sur la provenance de l’alimentation des porcs. La Commission aurait ainsi retenu un taux d’incorporation minimal d’alimentation provenant de la montagne de 25 % pour les porcs. «Ce qui constituerait une avancée par rapport au taux de 50 % initialement envisagé», selon Christian Guy, président de la section régionale porcine du Massif central. Toutefois, la prudence reste de mise, puisque l’acte délégué mention «produit de montagne» est actuellement mis en consultation auprès de l’OMC et du Parlement européen.

Les députés et le Conseil ont deux mois pour rejeter le texte ou l'approuver mais ils ne peuvent plus l'amender. L’acte délégué sera définitivement adopté seulement après ces deux consultations, où il peut encore être rejeté. Une délégation de l’Association porcs de montagne (APM), très mobilisée sur ce dossier, aux côtés du syndicalisme, a rencontré, la semaine dernière, le président du Conseil régional d’Auvergne. René Souchon a indiqué qu’il allait saisir le président de la Commission agricole du Parlement ainsi que les présidents des groupes politiques. Le député européen, Michel Dantin devrait lui aussi essayer de convaincre ses confrères de la Commission agricole. Pour obtenir gain de cause, la profession a bâti un argumentaire solide dans lequel ils n’ont pas manqué de rappeler que «pour des raisons pédoclimatiques évidentes (altitude, pauvreté des sols, froid), il y a très peu de céréales cultivées en montagne, alors que c’est la base de l’alimentation des porcs. Traditionnellement, les éleveurs se fournissent dans les zones périphériques de la montagne, plus propices à cette culture.»

Des surcoûts même à 25 %

Pour eux, «c’est un non sens, historique et écologique d’exiger que 50 % des céréales consommées par les porcs élevés en montagne proviennent de montagne». Le combat continue donc pour, d’abord faire adopter le texte en l’état, puis ensuite pour trouver le volume de céréales suffisant. Car si l’éventualité des 25 % est évidemment plus acceptable que celle des 50 %, les professionnels estiment qu’elle ne se fera pas sans surcoût. «A 25%, on doit pouvoir y arriver mais le bémol c’est que ces céréales sont pour la plupart déjà employées pour les bovins et les ovins», explique Christian Guy. Bloqués par l’interdiction du retournement des prairies en montagne, les agriculteurs ne peuvent envisager de cultiver davantage de céréales. «La solution passera donc par un redéploiement qui va engendrer un coût supplémentaire notamment en matière de transport. Nous aurons besoin d’être accompagnés par les pouvoirs publics». Sur les délais, Christian Guy met en garde aussi, «il faut nous laisser le temps de nous retourner, l’application de cette nouvelle directive ne pourra se faire qu’à partir de la récolte 2015».

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