L'Auvergne Agricole 30 mai 2013 à 10h10 | Par M. Brut

Nuisibles - Petit à petit, l’Etat abandonne la lutte contre les nuisibles

La FDGDON a organisé son assemblée générale annuelle le 23 mai dernier et a élu un nouveau président.

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Philippe Bonhomme, éleveur laitier à Tauves, a été élu pour succéder à Joël Plane à la présidence de la FDGDON.
Philippe Bonhomme, éleveur laitier à Tauves, a été élu pour succéder à Joël Plane à la présidence de la FDGDON. - © Mélodie Brut

Changement à la FDGDON, le 23 mai dernier à Lempdes. Après plus de 20 ans de présidence, Joël Plane a pris sa retraite. La fédération a élu Philippe Bonhomme, éleveur laitier à Tauves et président du GDON de sa commune, pour lui succéder.

Alors que le rat taupier et d’au-tres nuisibles poursuivent leur pullulation, la FDGDON doit également faire face au retrait des aides publiques. Une situation critique et sans aucun sens pour le nouveau président qui s’exprime sur ce désengagement.

 

Actuellement, quelles sont les priorités de la FDGDON ?

« Les priorités de la FDGDON sont toujours de veiller et d’agir sur les populations de nuisibles. Néanmoins, au vu des récentes annonces du Conseil général, nous allons chercher à obtenir des explications au sujet de la diminution de leur subvention. Je pense qu’il se désengage parce que l’Etat lui-même s’est désengagé il y a quelques années. Si nous n’avons plus les subventions publiques nous ne pourrons plus assurer nos actions. Le Conseil général n’a pas l’air de se rendre compte de l’urgence de la situation. Nous travaillons tout de même pour le département afin que ses agriculteurs aient des prairies avec de l’herbe et non de la terre ! Il ne faut également pas oublier de citer que le problème des campagnols terrestres pourrait devenir un problème de santé public. L’échinococcose alvéolaire, transmise par le rongeur, est une maladie qui existe et qui est grave.»

Pensez-vous que les pouvoirs publics ont pris conscience de l’ampleur de la situation ?

«Bien sûr qu’ils en sont conscients. Seulement, ils doivent penser qu’ils ont déjà dépensé suffisamment d’argent pour la lutte contre ces nuisibles. Une lutte qui n’a donné aucun résultat. Nous n’avons pas éradiqué le rat taupier.Mais si sa présence est importante, je pense que nous avons tout de même contribué à la contrôler. Que se serait-il passé si nous n’avions rien fait ? L’Etat s’est, par exemple, totalement dé-sengagé sur le sujet du ragondin. Pourtant, ce nuisible est en train de détruire les berges des rivières mettant en danger la stabilité des parcelles, voire des routes. Aujourd’hui, ils ne sont qu’une poignée de piégeurs à essayer d’enrayer leur progression. »

- © FDGDON

Nouvelle réglementation

 

La réglementation contre le campagnol terrestre a changé en 2012. La lutte à base d’appâts blé à la bromadiolone pour le département du Puy-de-Dôme ne peut se faire que dans le cadre d’un programme de lutte. Ce dernier doit inclure les autres méthodes (piégeage, favorisation de la prédation…).

D’autre part, la lutte n’est autorisée qu’en deçà d’un seuil d’infestation de 30 %. L’usage de la bromadiolone est donc réservé à une lutte très précoce. La quantité d’appâts secs utilisable a aussi été réduite, passant de 20 kg/ha à 15 kg/ha jusqu’au 1er juillet 2013. Après cette date, cette quantité sera ramenée à 10 kg/ha.

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