L'Auvergne Agricole 02 mai 2007 à 00h00 | Par UDSEA - JA et V. Johannel

Manifestation - Les paysans otages de la conditionnalité

L’UDSEA et les JA du Puy-de-Dôme viennent d'engager les hostilités sur la PAC et la conditionnalité des aides avec une manifestation devant la DDAF vendredi 4 mai à 10 h 30 à Marmilhat à Lempdes.

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« On veut tuer le métier avec un permis de produire à points » !
« On veut tuer le métier avec un permis de produire à points » ! - © Auvergne Agricole

Lors de la réforme de la PAC en 2003, la Commission Européenne a mis en place un nouveau dispositif, la conditionnalité des aides qui conditionne le versement des aides au respect d'obligations réglementaires.


Qu'est-ce que la conditionnalité ?
Cette réglementation est un arsenal de 19 textes ou directives comprenant 74 points de contrôle et 142 anomalies possibles. Malgré les immenses efforts des agriculteurs pour répondre aux exigences, le taux de sanction peut être élevé en cas d’anomalie constatée. Pourtant, la réglementation est déjà respectée par les paysans au regard des contrôles réalisés au niveau départemental.

« On veut tuer le métier avec un permis de produire à points » !
C'est bien la preuve que ce dispositif n'est pas adapté aux caractéristiques de l'activité agricole. Il est donc urgent d'en réduire la portée et de revoir les modalités d'application. Les paysans ne supportent plus d'être les otages d'une réglementation assassine puisqu'elle va jusqu'à conduire certains d'entre eux à renoncer à leur activité professionnelle.
Pour vous faire une idée, imaginez que vous êtes en permanence susceptible d'être contrôlé et qu'à la première anomalie on réduise vos revenus professionnels de 1 à 20 % pour des motifs aussi divers et variés que le mauvais fonctionnement de votre fosse sceptique, la non tenue à jour de votre carnet de santé ou bien encore la non conformité de votre maison d'habitation...
Vous comprendrez alors pourquoi les paysans sont de véritables otages de la conditionnalité et de la PAC en général et qu'il est urgent d'obtenir leur libération.
Au moment où l'on demande aux exploitants d'être compétitifs sur la scène internationale, on les assomme de contraintes, de contrôles et on les décourage de poursuivre leur activité... Il est inacceptable d’imposer un « permis de produire à points » sur le revenu des paysans !

L’UDSEA et les JA appellent les agriculteurs à manifester devant la DDAF du Puy-de-Dôme à Marmilhat
Vendredi 4 mai à 10 h 30
"Attention à vos remises de dossier PAC : en raison de l'action syndicale, l'accès aux services de la DDAF sera perturbé de 10 h 30 à 12 h 00"

 

 

 

Stéphane THOULY, secrétaire général de JA 63
Stéphane THOULY, secrétaire général de JA 63 - © Auvergne Agricole

Stéphane THOULY, secrétaire général de JA 63

“Seule notre union, vendredi 4 mai, fera notre force de négociation”

Deux nouveaux domaines ont été introduits en terme de conditionnalité. Aujourd'hui dans quel état d'esprit est le monde agricole ?
Un ras le bol général se fait sentir dans nos campagnes. En effet, les contraintes et les contrôles se multiplient sur nos exploitations. La moindre broutille est sujette à ponction. Si ça continue sur le même rythme, je pense que d'ici quelques temps, Mariann Fischler Boël et tous ses compères nous imposeront des "heures ouvrables" pour aller voir nos animaux, heures en dehors desquelles le bien être animal ne serait plus respecter dans la mesure où ils n'auraient pas bénéficié de leur cycle de repos. Et puis en matière de santé publique il pourrait nous être bientôt interdit de "pisser" au pied d'un arbre au risque d'anéantir un écosystème.
Il est grand temps de stopper cette psychose chez nos concitoyens et de réhabiliter l'agriculture mais surtout l’agriculteur.

Quelle réponse le monde agricole apporte à cette situation ?
Depuis maintenant 15 jours nous faisons la grève des contrôles dans l’attente de réponses à nos revendications. Mais aujourd'hui cela va bien plus loin, cette épée de Damoclès fait naître un profond mal-être en chacun de nous. On a l'impression que le souhait de nos gouvernants c'est de faire peser sur les épaules du monde agricole toute la culpabilité de la nation.
NON, nous ne sommes pas coupables ! Pourquoi toujours illustrer les dépenses publiques avec le budget alloué à l'agriculture? Le volet social me semble aussi un bon élément de contrôle et pourtant l'ENA ne forme pas de contrôleurs en la matière alors que je suis convaincu des débouchés! A bon entendeur.

Au niveau syndical, quel est le but de cette mobilisation baptisée "Permis de Produire"?
La mobilisation organisée vendredi 4 mai à la DDAF du Puy-de-Dôme est celle de tous les agriculteurs, contrariés dans leur acte même de production par la conditionnalité. On en a marre de se faire prendre pour les dindons de la farce. La DDA applique les décisions venant du Ministère et bien maintenant il est grand temps que l'ascenseur fonctionne dans les deux sens ! C'est-à-dire que nous puissions compter sur les réseaux de l'administration pour faire remonter notre mécontentement et notre exaspération au niveau national.
Avant de conclure, je tiens simplement à souligner l'importance de ce rendez-vous pour tous ceux qui croient en leur métier et qui ne veulent pas que, demain, les générations futures ne connaissent que l'agriculture au travers de recueils historiques et de discours démagogiques. Seule notre union fera notre force de négociation.

 

Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais !
Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais ! - © Auvergne Agricole


«Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais !»

Ce dicton prend parfois toute sa valeur lorsqu’il s’agit de parler d’environnement. La photo ci-dessus est celle d’un fossé communal au bord duquel les services de la collectivité locale n’ont pas hésité à déverser des produits désherbants pour venir à bout des mauvaises herbes. Quel paradoxe ! D’un côté de ce fossé il y a des agriculteurs qui subissent la conditionnalité. Ils doivent respecter des contraintes de désherbage, notamment des contraintes de distance ; et de l’autre, des collectivités locales qui ne respectent pas les mêmes obligations. Et après on dit que ce sont les agriculteurs qui polluent !

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