L'Auvergne Agricole 04 mars 2010 à 10h20 | Par D. Perret

Maïs semences - 6000 ha de maïs semences, un défi réussi !

Le Syndicat des Producteurs de Semences de Maïs des Limagnes et du Val d’Allier a tenu son Assemblée Générale le 22 février 2010 à Chappes.

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- © Auvergne Agricole

Tant par un niveau de surface en 2009 que l'on n'avait pas vu depuis longtemps en Limagne que par le niveau de technicité exigé, la production de semences de maïs est comparable à une épreuve olympique. Un challenge relevé et réussi par les producteurs.

Un potentiel valorisé par des producteurs engagés

Après des semis réalisés sans souci particulier, les conditions climatiques de mai et juin ont favorisé un bon développement des cultures. Les castrations, relativement précoces pour certaines variétés, ont débuté fin juin pour s'achever dans la deuxième décade de juillet. Hormis pour quelques variétés, les premières estimations au 15 août sont venues confirmer un bon taux de fécondation. Débutée très précocement le 24 août, la récolte s'est terminée le 16 octobre. Christophe Cautier, président du Syndicat des producteurs a souligné un record : « Dans des conditions idéales, nous avons seulement enregistré 2 jours d'arrêt de l'usine sur 53 jours de récolte pour 130 variétés à travailler». Il associe à ce succès les efforts d'une organisation optimisée à tous les niveaux, du champ à l'usine en passant par les entrepreneurs et le transport. Ainsi, le rendement moyen a répondu aux objectifs.

 

Sécuriser les revenus, un impératif

Concernant la rémunération de la production et la deuxième année d'application de la recommandation interprofessionnelle, le Président du Syndicat estime qu'« aujourd'hui, nous sommes en quelque sorte « au taquet », avec un prix de marché du maïs que l'on ne voulait pas imaginer aussi bas, et l'équation a du mal à passer». Une ombre au tableau qui appelle à développer des systèmes de sécurisation, tels que des mécanismes de type plancher/plafond. « Nous devons réfléchir à des solutions nous permettant d'avoir plus de visibilité sur notre revenu, même si nous ne pouvons pas nous déconnecter complètement du prix du maïs grain et, par conséquent, de l'évolution du prix des doses de semences de maïs » avance Christophe Cautier. « Les exploitants et les établissements ont besoin d'une sécurité sur la constitution des prix dans un cadre pluriannuel. 70 % des surfaces ont déjà mis en place un tel mécanisme » expose Francis Lalanne, vice-président d'AGPM Maïs Semences. Tous deux rappellent l'impact de l'année 2010 avec la mise en place du bilan de santé de la PAC : « une perte de revenu entre 70 et 100 €/ha, selon le type d'exploitation en grandes cultures».

Innover malgré une baisse du plan de production

Le tassement du marché du maïs et l'insolvabilité des marchés d'Europe de l'Est ont pour conséquence une baisse d'environ 25% du plan de production national. « En Limagne, le plan devrait avoisiner en 2010 les 4 800 ha, soit une baisse de 20 % » selon Alexandre Bresson, administrateur. Les producteurs continuent malgré cela à miser sur leur technicité pour améliorer leurs productions. De nombreuses expérimentations locales et nationales les aident dans ce sens, ainsi que quelques nouveautés réglementaires favorables mais limitées.

 

Les évolutions des modalités de production

- Philippe Guignebert, responsable de l'expérimentation en Limagne, a présenté les essais en cours : désherbage avec l'arrivée de nouvelles molécules, peut-être utilisables en 2011 en maïs semences ; fertilisation Starter pour gagner en précocité et préserver le potentiel de la variété; tenir compte d'une hygrométrie suffisante dans l'utilisation de la protection fongicide contre la fusariose; sécuriser le potentiel par le dispositif de semis. Les différents intervenants ont rappelé la nécessaire cohérence entre les prospectives et le réalisable sur le terrain. Une journée technique sur l'outil semoir est annoncée le 3 mars à Chappes.

- Francis Lalanne, vice-président d'AGPM Maïs Semences, a rappelé la position incontournable de la France avec 45 % de la production européenne qui s'établit à 143 000 ha en 2009 (+15 % par rapport à 2008). « Le plan de production national valorise 1895 variétés (+8%) et le réseau des producteurs-multiplicateurs s'étoffe avec +3,5 % pour une moyenne de 18,80 ha/producteur».

- Xavier Fouillassar, chef de service Actions Techniques Semences à l'AGPM a exposé les effets des périodes d'ombrages sur le rendement. « Sur certaines lignées, le manque de soleil peut causer des retards de sorties des soies sur les plants femelles et des défauts au niveau des panicules et de la quantité de pollen sur les plants mâles ». Avec des problèmes de concordance de floraison pour la fécondation, des pertes de rendement importantes sont imputées à cette cause. Il a ensuite fait l'éventail de plusieurs anomalies telles que les doubles ovules, les stress climatiques, hydriques où souvent seule la génétique peut apporter des solutions.

 

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