L'Auvergne Agricole 05 avril 2017 à 08h00 | Par Karen Maruel

Les producteurs de Saint-nectaire se mobilisent et se soutiennent

La MSA Auvergne, en lien avec l’interprofession Saint-nectaire, a mis en place, il y a un an, un groupe de paroles destiné aux producteurs touchés par la Listeria.

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L’hiver 2013 a été marqué par un épisode sanitaire dans la filière Saint-nectaire, dû à une bactérie appelée Listeria monocytogenes. Les agriculteurs touchés ont alors subi une pression administrative parfois très forte, faisant naitre un profond sentiment de culpabilité. Isabelle Guittard, elle-même productrice au sein du GAEC du Midi à Saint Genès Champespe, est intervenue à l’Assemblée générale de la MSA en avril 2014, pour demander un soutien psychologique à destination des exploitants concernés.

Petite bactérie, grandes difficultés

De taille microscopique, la Listeria est transmise à l’homme par voie alimentaire et peut provoquer la listériose, maladie rare qui engendre de graves conséquences chez les femmes enceintes, les bébés ou les seniors. L’analyse sur les fromages révélant la présence de la bactérie entraîne une intervention de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP), ce qui peut conduire à l’arrêt total de la fabrication, et l’envoi d’un courrier dans les grandes surfaces pour informer les consommateurs. Pour l’agriculteur, cette épreuve est un coup dur qui remet en cause toute son activité. « Je me sentais concernée et j’avais envie d’agir, car c’est un problème qui peut aussi toucher la famille, on se sent coupable », explique Isabelle Guittard. En tant que déléguée MSA, cette productrice a mis en avant lors de l’Assemblée générale que « les producteurs rencontrent des problèmes financiers dus à l’arrêt de la fabrication, mais aussi il ne faut pas l’oublier des problèmes moraux ».

Un groupe de paroles pour parler librement

Tout s’est enchaîné après l’intervention d’Isabelle Guittard. Après deux réunions en juin et décembre 2014, en présence des membres du Syndicat Saint nectaire, de la MSA, de la DDPP et de producteurs rencontrant des difficultés, un groupe de paroles a vu le jour début 2016. « La MSA a envoyé des courriers à tous les producteurs de Saint nectaire pour les informer de la mise en place du groupe », se souvient Isabelle Guittard. 11 producteurs ont répondu à l’appel ce 31 mars 2016.

Au départ, ces temps d’échange devaient prendre place pendant un an, mais en raison de la conjoncture actuelle, la démarche a été reconduite pour une année supplémentaire. Lors des réunions mensuelles et totalement gratuites, chacun parle librement et témoigne sur ce qu’il a vécu. Le producteur réalise ainsi qu’il n’est pas seul et isolé. Isabelle Guittard se veut rassurante : «tout ce qui est dit au groupe reste confidentiel, il n’y a pas de compte rendu à la MSA ni à l’interprofession. Nous ne sommes pas là pour juger, car c’est un problème qui peut arriver à tout le monde». À chaque séance, Max Pavoux, psychologue, est présent pour écouter, rassurer et aider les producteurs à comprendre ce qu’ils ressentent, notamment sur la question de l’attachement familial à l’exploitation. « Ces temps d’échange permettent aussi de tisser des liens d’amitié entre les producteurs ayant le même souci », conclut Isabelle Guittard. Les agriculteurs concernés sont les bienvenus au groupe de paroles, en toute amitié. Prochain rendez-vous le mardi 9 mai de 14h à 16, à la mairie de Besse.

Le groupe de paroles accueille de nouveaux producteurs à ses rencontres, pour rompre l’isolement et exprimer leurs émotions.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à contacter Isabelle Guittard au 04 73 22 34 61.

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