L'Auvergne Agricole 12 septembre 2018 à 15h00 | Par L'auvergne Agricole

Les maires ruraux en attente de soutiens !

Lassitude et inquiétude assaillent les maires ruraux qui au quotidien se sentent de plus en plus abandonnés et cherchent davantage de soutiens.

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Cette année, Tauves et son maire Christophe Serre (à gauche) accueillaient l’assemblée générale de l’AMR aux côtés de Serge Pichot, Brice Hortefeux, Sébastien Gouttebel et le préfet Jacques Billant.
Cette année, Tauves et son maire Christophe Serre (à gauche) accueillaient l’assemblée générale de l’AMR aux côtés de Serge Pichot, Brice Hortefeux, Sébastien Gouttebel et le préfet Jacques Billant. - © C. Rolle

À l’occasion de leur assemblée générale annuelle à Tauves, vendredi dernier, les maires ruraux du Puy-de-Dôme n’ont pas manqué d’exprimer la lassitude et le découragement qu’ils rencontrent au quotidien dans l’exercice de leur mandat. « On a franchi le cap du supportable ! » a exprimé Sébastien Gouttebel, président de l’Association des maires ruraux du Puy de Dôme (AMR63) « Nous avons besoin d’un Etat fort à nos côtés » a-t-il lancé au Préfet, Jacques Billant, présent à ses côtés.


Il est vrai qu’au plan national, 1000 maires ont décidé de jeter l’éponge ; dans le département ils sont au nombre de 24 à avoir démissionné depuis près de deux ans. Les raisons sont multiples ou plutôt s’additionnent d’année en année. La baisse des dotations de l’Etat aux collectivités, le gel de certaines aides, le transfert des compétences vers l’intercommunalité, les normes qui s’empilent, la complexité des dossiers, les exigences de plus en plus lourdes de la part des administrés, l’incivisme croissant envers les élus… autant de raisons qui justifient le ras le bol des élus locaux et poussent à leur démission. Les difficultés récurrentes d’accès au numérique, à la téléphonie mais aussi aux services de santé amplifient ce malaise et le sentiment d’isolement vécus par les maires. Pour Brice Hortefeux, vice-président de la région Auvergne - Rhône - Alpes en charge de l’Aménagement du territoire, derrière ces démissions « se pose la question de l’avenir de nos communes rurales et de nos territoires en général. » Et d’attaquer le gouvernement en indiquant : « On ne peut pas à la fois louer le maillage exceptionnel du territoire français et étrangler les communes par le gel des dotations et la baisse des moyens alloués ».

Des soutiens de la région et du département


Brice Hortefeux a saisi l’occasion de l’assemblée générale des maires ruraux pour rappeler les trois dispositifs d’aides à la ruralité mis en place par la Région : le «Contrat ambition région » adopté à 100%  par les 13 EPCI du Puy-de-Dôme pour un montant de plus de 22 millions d’euros ; le «Bonus bourg centre » (pour les communes de 2000 à 20 000 habitants) octroyé à 31% d’entre elles pour un montant de 3 millions d’euros ; le « Bonus ruralité » (pour les communes de moins de 2000 habitants) alloué à près de la moitié des communes concernées pour un montant de 4 millions d’euros. Pour les trois années à venir (2019 à 2021), le vice-président a annoncé la reconduction du dispositif Contrat ambition région et la mise en place d’une nouvelle génération des Bonus ruralité et Bonus bourg centre, à dotation plus importante.


Serge Pichot, représentant le président du Conseil départemental, a quant à lui évoqué les dispositifs d’aides du Département à destination des communes et Communautés de communes, à savoir : le Fonds d’intervention communal (FIC) soutenant les initiatives locales portées par les communes ; « plus de 30 millions d’euros investis en 3 ans ». Et les contrats territoriaux de développement rural permettant d’accompagner des projets communaux (bâtiments, voieries…) pour un montant de 8 millions d’euros. « La reconduction pour 3 ans des deux dispositifs est aujourd’hui à l’étude » a indiqué Serge Pichot qui espère « sanctuariser le montant des enveloppes ». L’élu du département a par ailleurs annoncé la mise en place d’un accompagnement des petites communes dans la recherche de fonds européens. « Les dossiers sont complexes et nécessitent d’avoir une trésorerie solide pour pouvoir en bénéficier. Nous avons là une carte à jouer pour accompagner de futurs projets locaux » a-t-il déclaré.


C.Rolle

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