L'Auvergne Agricole 03 décembre 2014 à 08h00 | Par Catherine Bony

Les innovations en devenir impliquent la recherche agronomique auvergnate

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- © Réussir / Christian Gloria

Acteur incontournable au plan mon-dial des recherches conduites sur la génétique et la génomique du blé tendre, l’Unité «Génétique Diversité Écophysiologie des Céréales» (UMR GDEC) de l’Inra travaille aujourd’hui à l’adaptation des variétés aux contraintes de demain.

Ses moyens de recherche importants concentrés à Clermont-Ferrand lui permettent de développer, dans le cadre de collaborations, des projets pluridisciplinaires ambitieux sur cette culture stratégique pour la nation. Elle est à l’origine de plusieurs variétés inscrites au catalogue des semences.

 

De nouveaux enjeux à intégrer ensemble

«Nos objectifs sont identiques à ceux d’il y a 40 ans, améliorer la qualité et le rendement des récoltes, mais le contexte a changé» explique Thierry Langin, directeur de l’Uni-té. «Nous devons en effet prendre en compte de nouvelles contraintes en particulier :

- Celle de la protection des eaux en cherchant à limiter les intrants, notamment les nitrates ;

- Celle du changement climatique qui constitue désormais une certitude dont seule l’ampleur est inconnue. »

Dans ce contexte en évolution, il est, par exemple, impératif de caractériser finement les mécanismes impliqués dans l’assimilation de l’azote par la plante afin d’augmenter son efficience. Elle relève d’une chaine d’événements complexes contrôlée par de nombreux gènes clefs qui doivent être identifiés et intégrés dans des programmes de sélection.

Mais l’optimisation de la nutrition azotée ne suffit pas, il faut aussi que la plante puisse résister à des stress hydrique et thermique causés par l’évolution du climat. Les chercheurs utilisent des modèles de simulation établis à partir de données climatiques pour prédire les impacts du réchauffement climatique sur les rendements et les qualités des blés. La sélection variétale doit aujourd’hui intégrer un nombre élevé de caractères, et permettre de raccourcir considérablement le temps de sélection, projet facilité par l’évolution des technologies (génomique).

Travaux de recherche

Des travaux de recherche fondamentale pour des applications en 2035 sont attendus.

Pour répondre à ces objectifs conjugués, le décryptage du génome du blé, dont le patrimoine est un des plus grands parmi les espèces cultivées, est indispensable. La compréhension a posteriori de son évolution, une discipline qui a pour nom la paléo-génomique, fournit également des informations précieuses sur les mécanismes adaptatifs des plantes cultivées aux évolutions de leur environnement.

En associant une palette de compétences et en travaillant avec les acteurs de la filière blé (agriculteurs, sélectionneurs, coopératives…), l’Unité GDEC espère pouvoir proposer aux agriculteurs, d’ici une vingtaine d’années, des variétés de blé qui apporteront une valeur ajoutée globale, en étant plus économes en intrants, plus tolérantes au manque d’eau et à des températures élevées, et plus résistantes aux maladies. Un pari que les investissements en cours sur le site de Crouël (plateforme de phénotypage à haut-débit) devraient contribuer à relever.

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