L'Auvergne Agricole 27 septembre 2017 à 08h00 | Par Mélodie Comte

Le lait Bio manque à l’appel

Sodiaal soutient depuis trois ans ses adhérents en reconversion biologique dans le souci d’augmenter les volumes de lait certifiés, très demandés par les consommateurs.

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Frédéric Boucheix (au centre) a accueilli les adhérents de Sodiaal ayant fait le déplacement pour la journée portes ouvertes organisée par la coopérative.
Frédéric Boucheix (au centre) a accueilli les adhérents de Sodiaal ayant fait le déplacement pour la journée portes ouvertes organisée par la coopérative. - © M.Comte

Sur plus de 1 600 producteurs de lait Sodiaal, seuls 60 sont à ce jour certifiés en Agriculture Biologique. D’ici 2018, une centaine d’éleveurs supplémentaires viendront grossir les effectifs. Une progression exponentielle, résultat de la politique de soutien mise en place par la coopérative. Depuis trois ans, elle accompagne les producteurs en conversion avec une prime allant de 30 à 50€/1 000 litres de lait jusqu’à la certification finale. « Sodiaal est attentif à la conjoncture » explique Rémy Broncy, administrateur de la coopérative. En effet, le marché du lait biologique progresse de 7 % par an. Il manquerait de ce fait entre 20 et 30 millions de litres pour satisfaire pleinement les clients de la coopérative. Alors « Sodiaal investit sur l’avenir » et « se positionne sur ce marché où elle n’a pas le droit d’être absente ». Malgré tout, les 10% d’adhérents certifiés Agriculture Biologique ne suffiront pas à combler le manque de lait. La coopérative poursuit donc son opération séduction notamment à travers des journées portes ouvertes chez des éleveurs ayant franchi le pas.

Paroles d’éleveurs

Le Gaec de Champlafont est l’un de ceux-là. Cette exploitation laitière familiale de Perpezat est en Agriculture Biologique depuis 2012. Jusqu’à cette date, les éleveurs produisaient du lait conventionnel. La crise de 2009 a mis un sérieux coup frein à leur activité et menacé l’existence même de leur entreprise. « Il nous fallait trouver une solution pour diversifier notre activité ou nous allions droit dans le mur. Nos pratiques n’étaient pas éloignées de celles du Bio. La conversion nous paraissait rationnelle d’autant plus que Sodiaal recherchait déjà du lait certifié » témoigne Frédéric Boucheix.

Depuis, l’exploitation prospère et se développe. De 80 vaches Montbéliardes et 350 000 litres de lait produits, le Gaec est passé à 120 animaux et 700 000 litres de lait Bio. Le prix de vente du lait a également changé. Déconnecté du marché du lait conventionnel, le tarif du lait Bio pointe donc à la hausse avec à ce jour un prix payé aux producteurs de 460€/1 000 litres.

Des pratiques à adopter

Seulement attention, Rémy Broncy, administrateur Sodiaal prévient : « il ne faut pas s’engager dans le Bio seulement pour des raisons économiques. La conversion demande de changer ses pratiques d’élevage et de s’accommoder des nouvelles ». Frédéric Boucheix le confirme. Depuis la conversion de son exploitation, il est limité à trois traitements médicamenteux par animal et par an. Son œil est donc plus averti pour « limiter les situations de crise et surtout l’utilisation de traitements ». Et pour l’aider dans sa tâche, il a installé avec ses associés deux robots de traite en fonctionnement depuis bientôt un an. Un coup de main informatisé lui permettant d’approfondir encore davantage le suivi individuel de chaque animal. L’Agriculture Biologique interdit également l’utilisation d’engrais chimiques, d’OGM ou encore de produits phytosanitaires. Rémy Broncy l’affirme : « je ne connais aucun éleveur qui soit sorti du Bio!»

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