L'Auvergne Agricole 07 février 2018 à 01h00 | Par Mélodie Comte

Le jeune berger a les crocs !

Yoan Thomas est jeune installé. Il croit en la production malgré les ondes de pessimisme flottant dans l'air.

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Yoan Thomas n’est pas un doux rêveur mais un berger déterminé à conduire son troupeau sur les sommets.
Yoan Thomas n’est pas un doux rêveur mais un berger déterminé à conduire son troupeau sur les sommets. - © M.Comte

Installé en 2014, hors cadre familial, le chemin de Yoan Thomas est pavé de hasards bien faits. Diplômé d'un baccalauréat technologique, il commence à travailler dès la sortie du lycée comme salarié agricole à l'INRA de Romagnat. Lorsque l'institut décide de cesser ses activités sur le site, Yoan saisit l'occasion. Plus que jamais passionné par l'élevage, il s'accroche à ce rêve d'enfant, aujourd'hui réalisé, pour poursuivre son activité, envers et contre tous les signaux pessimistes.


Traits de caractère

«Le métier est difficile mais quand je regarde le cadre, je me dis qu'après tout j'ai de la chance.» Yoan Thomas n'est pas un optimiste compulsif et encore moins un doux rêveur. Il élève aujourd'hui environ 500 brebis Limousines en agriculture biologique sur plus de 100 hectares. « Je ne suis pas en bio par opposition au conventionnel mais parce qu'il y a près de 20 ans de pratiques sur cette exploitation. Je ne me voyais pas arriver et tout balancer. » En réalité, le jeune berger possède une sacrée dose de détermination. Après avoir racheté les 320 brebis à l'institut de recherche et repris le bail des bâtiments en 2014, il a continué à travailler à mi-temps en plus de son nouveau métier d'éleveur. L'entrée financière lui permet alors d'investir sur la génétique et d'augmenter son troupeau. Désormais à temps plein sur l'exploitation, il a de nombreux projets dont celui d'installer sa compagne. Toutefois, les récentes annonces concernant la réduction des aides à l'agriculture biologique et la prime ovine changent la donne.

Des aides en suspens

L'agneau bio coûte très cher à produire et à ce jour, à la vente, il est payé 7,40 EUR/Kg. Je me pose de sérieuses questions à poursuivre dans cette voie. »Jusqu'à maintenant Yoan bénéficiait de la prime au maintien Bio d'un montant de 8 000EUR. Elle ne sera pas renouvelée. Quant à la prime ovine, elle va elle aussi se voir amputée. « Je vais perdre environ 2 000EUR » précise-t-il. De quoi faire sortir les crocs du jeune berger. Loin de douter de la filière et sa capacité à rebondir, il est en revanche très pessimiste à l'égard des volontés politiques. « Ce pognon, on ne le mettait pas au chaud à la banque. On s'en servait pour investir et atténuer les conséquences d'un marché déséquilibré. Je ne comprends pas. Les politiques veulent du Bio mais on nous retire les soutiens. Les gens veulent profiter d'une montagne entretenue mais ils nous mettent les loups. La prime ovine ? Elle était promise pour 5 ans ! Si on continue comme ça, la Nouvelle-Zélande prendra définitivement le dessus. » Même si la situation ovine actuelle paraît fébrile, Yoan Thomas ne désespère pas. En éleveur assidu, il poursuit ses efforts pour sortir des agneaux qui, espère-t-il, finiront par lui profiter.

« L'aide ovine 2018 est modifiée : les majorations commercialisation (majoration de 9EUR) et nouveaux producteurs (majoration de 6EUR) sont supprimées !  L'aide ovine 2018 sera uniquement composée d'une aide de base d'environ 21EUR dont l'accès sera conditionné, comme c'est le cas aujourd'hui, par un nombre minimum de brebis (50 brebis) et un taux de productivité de 0.5 agneaux vendus (la rétropolation est conservée). Ces montants sont purement indicatifs et simulés à partir des informations dont dispose le ministère en 2017 ».

Source FNO

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