L'Auvergne Agricole 12 avril 2017 à 08h00 | Par C.Rolle

Le co-compostage à la ferme, un exemple d’économie circulaire

La FDCuma 63 et le Valtom pérennisent leur partenariat par la signature d’une convention.

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Jean-Michel Herment, Claude Masseboeuf, Jérôme Arnaud ont signé une convention pour le co-compostage à la ferme d’effluents d’élevage et de végétaux.
Jean-Michel Herment, Claude Masseboeuf, Jérôme Arnaud ont signé une convention pour le co-compostage à la ferme d’effluents d’élevage et de végétaux. - © FDCUMA 63

Constituée fin décembre 1998 par une dizaine d'éleveurs regroupant près de 6 000 m3, la Cuma départementale de Compostage compte aujourd’hui 300 adhérents du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire, dont environ 200 qui utilisent régulièrement ses services. « Chaque année, près de 70 000 m 3 de fumier et de déchets verts sont traités par cette technique » explique le président de la Cuma, Jacques Force. Fruit de la transformation de la matière organique fraîche en un produit stabilisé, riche en matières humifiables, le compost présente de nombreuses qualités qui facilitent son épandage sur prairies. Il peut comme le fumier, être enfoui avant une culture ; mais ses caractéristiques en font aussi un produit particulièrement intéressant pour un épandage de surface sur des prairies installées.

La réussite d'un bon compost dépend du taux de matière sèche du produit de départ qui doit être suffisamment structuré pour permettre le développement de la fermentation aérobie. Elle dépend également de la technique du co-compostage qui consiste à mélanger plusieurs produits (fumier, déchets verts), permettant ainsi de réussir un compost de qualité, pour peu que les broyats de déchets verts aient été soigneusement triés lors de leur dépôt en plate-forme de broyage.

Co-compostage, « un bénéfice partagé »

Depuis plusieurs années, la Cuma et le Valtom travaillent ensemble pour le co-compostage à la ferme d’effluents d’élevage et de végétaux issus du territoire du Valtom. Objectif : « apporter une solution de traitement équitable, durable et de proximité basée sur un partenariat à bénéfice partagé entre la collectivité et les agriculteurs » indique Claude Masseboeuf, vice-président du Valtom. Ce partenariat a été à nouveau scellé le 30 mars dernier par la signature d’une convention tripartite entre le Valtom, la FDCUma représentée par son président Jérôme Arnaud, et Jean-Michel Herment, agriculteur engagé dans la démarche du co-compostage. « Au-delà des bienfaits environnementaux et économiques, ce procédé est un véritable projet solidaire de développement local, déclare Claude Masseboeuf. Avec le soutien de la FDCuma, notre volonté est aujourd’hui de développer l’opération ; la présente convention permet ainsi de définir les droits et engagements des différentes parties et de concrétiser la démarche ».

Les végétaux issus des quatre plateformes de broyage du Valtom (Saint-Diéry, Saint-Eloy-les-Mi-nes, Saint-Ours-les-Roches et Saint-Sauves-d’Auvergne) sont broyés sur site. Le broyat produit est ensuite transporté chez l’agriculteur pour y être mélangé avec du fumier et mis en andain sur une parcelle. « L’andain ainsi formé est retourné plusieurs fois par la Cuma Départementale de Compostage avant d’être analysé puis épandu dans les champs. Il est alors utilisé comme amendement organique afin de valoriser les prairies » précise Jérôme Arnaud. « Cette convention signée avec le Valtom permet aux agriculteurs d’avoir de la matière organique à épandre, et à la collectivité de disposer localement d’une solution pour écouler le compost» in-dique le président de la FDCuma.

En 2016, 10 agriculteurs étaient partenaires de l’opération et 2765 tonnes de végétaux ont été valorisés pour un coût de 22 053 € financé par le Valtom (afin de compenser les charges et contraintes engagées par les exploitations partenaires).

Il a dit...

Jean-Michel Herment

 

« C’est un bon moyen de récupérer de la matière végétale parce que nous n’en avons pas assez. Il y a surtout un intérêt pour nous l’été, quand il y a du gazon. Il a de la valeur alors que l’hiver le bois n’en a aucune ».

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