L'Auvergne Agricole 25 janvier 2017 à 08h00 | Par Karen Maruel

La génétique, un pari gagnant

Elva Novia a tenu sa réunion technique laitière le jeudi 19 janvier à Nébouzat. Conférence et démonstrations au sein d’un élevage, de quoi faire le plein d’informations.

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Les éleveurs ont participé à quatre ateliers techniques entourés des Prim’Holstein et des Jersiaises du GAEC de la Ferme du Clos à Cournols.
Les éleveurs ont participé à quatre ateliers techniques entourés des Prim’Holstein et des Jersiaises du GAEC de la Ferme du Clos à Cournols. - © K.MARUEL

Si certains sont plutôt frileux à l’idée de franchir le cap de la génétique, Pascale le Mezec de l’Institut de l’Elevage a fait le déplacement le 19 janvier dernier pour démontrer aux éleveurs présents que cet outil est un véritable investissement pour l’avenir. La réunion s’est déroulée en présence de Robert Chaumont, Président d’Elva Novia, Gilles Mervant, Directeur technique, Antoine Belicard, Responsable produits génétiques et Adrien Chevrel, Responsable Communication Evolution. La conférence matinale a été suivie de quatre ateliers techniques au GAEC de la Ferme du Clos, à Cournols.

 

Estimer le potentiel génétique des animaux d’élevage

Grâce aux progrès réalisés ces 20 dernières années, les vaches sont capables de faire en moyenne 2 000 kg de plus en lait. Dans le Puy-de-Dôme, on observe une variation de + 1 900 kg de lait par vache, - 3% de Taux Butyreux (TB) et + 0,8% de Taux Protéique (TP) en race Prim’Holstein. Pour les Montbéliardes, c’est + 1 400 kg de lait par vache, + 0,5% de TP et – 0,4% de TP. La génétique apporte donc des améliorations concrètes sur les élevages, sur le lait, les cellules ou le vêlage. Et les index sont nombreux : production laitière, morphologie, conditions de naissance, longévité, ou encore traite et tempérament. L’Index Synthèse Unique (ISU) permet de faire une synthèse globale, il est l’objectif de sélection défini par la race pour améliorer le revenu de tous les éleveurs. Mais ces performances sont-elles réalisées dans tous les élevages ? Pour Pascale Le Mezec, il apparaît que « même dans des conditions difficiles, on limite un peu les impacts sur les problèmes de performances ». D’où l’intérêt de faire encore plus attention dans ce type d’élevages.

Démonstration d’une échographie d’une Jersiaise pleine.
Démonstration d’une échographie d’une Jersiaise pleine. - © K.MARUEL

La génétique pour améliorer son revenu

La génétique permet d’assurer la rentabilité et la pérennité économique de l’élevage. Et le bénéfice se calcule en euros, grâce à des simulations réalisées sur le troupeau. La démarche consiste à décrire un système, puis à construire un troupeau. Ensuite, il suffit de travailler sur les éventuelles évolutions des index pour chiffrer les bénéfices. Par exemple, une longévité de + 50 jours de vie productive en moyenne peut rapporter 840 euros par an pour un troupeau de 60 vaches Prim’Holstein. Aussi, une baisse de 10% des cellules (passage de 200 000 à 180 000) assure un gain de 930 euros sur le même élevage. « La génétique est un investissement pour l’avenir, qui a des impacts technico-économiques. C’est un outil qui permet d’améliorer sans cesse les performances» a bien souligné Pascale Le Mezec.

Sexage et génotypage, ticket gagnant

Obtenir des valeurs précises et complètes à partir d’une prise de sang ou de cartilage, c’est le défi de la génomique. « C’est un véritable outil de gestion du troupeau, permettant d’assurer le renouvellement à partir de femelles choisies», explique Pascale Le Mezec. Cette technique permet d’obtenir une meilleure précision que pour l’analyse d’une femelle avec une seule et simple lactation. Le génotypage est également un véritable outil de prévention contre les anomalies génétiques. Quant au sexage de la semence, il s’agit de séparer les spermatozoïdes mâles et femelles, 30% ne sont pas triés mais cette perte est compensée par une sélection plus sévère des spermatozoïdes triés. Et les résultats sont bluffants : en 2015, 91% des naissances après des IA sexées ont été réussies en femelles. Depuis 2009, on constate un essor de la semence sexée, c’est un tiers des élevages qui l’utilise aujourd’hui, surtout en production laitière. Avec 600 000 IA sexées en 2015, c’est 37% des génisses laitières qui sont inséminées avec de la semence sexée. Pour Hervé Guillemin, éleveur laitier en Bretagne, le constat est sans appel : « quand une génisse va vêler, on est plus serein si elle a été inséminée avec une dose sexée femelle». Si le coût est un peu plus élevé pour une dose sexée (surcoût de 20 €), le gain génétique qui s’en suit est visible sur plusieurs générations.

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