L'Auvergne Agricole 25 mars 2015 à 08h00 | Par C.Rolle

La Chambre régionale en ordre de marche pour la fusion

En 2014, la Chambre d’agriculture d’Auvergne lance les bases d’un projet stratégique pour mieux aborder la réforme territoriale de 2016.

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La session Chambre d’agriculture d’Auvergne s’est tenue mardi 24 mars autour de Gilbert Guignand, président, et Alain Coquemer, directeur.
La session Chambre d’agriculture d’Auvergne s’est tenue mardi 24 mars autour de Gilbert Guignand, président, et Alain Coquemer, directeur. - © C. ROLLE

«Une chambre régionale plus forte pour des chambres départementales plus fortes au service de leurs agriculteurs et de leurs territoire » tel est l’objectif que s’est assigné la Chambre régionale d’agriculture d’Auvergne au travers de son projet stratégique présenté en session mardi dernier. Un projet qui repose sur la définition d’un nouveau cadre de gouvernance politique, administratif et financier dans lequel figure notamment la mutualisation des actions entre les quatre chambres départementales. Cinq chantiers de régionalisation sont déclinés dans le projet stratégique(1) dont le chantier installation/transmission démarré fin 2014 avec la régionalisation des moyens sur les questions de renouvellement des générations en agriculture.

En effet, autrefois mise en place par les chambres départementales, la politique installation/ transmission est passée en 2014 sous gouvernance régionale, obligeant la chambre consulaire d’Auvergne à créer en son sein un service dédié aux entreprises agricoles, à l’installation et la formation. De fait elle va contribuer dès 2015 à l’élaboration d’une politique régionale de l’installation-transmission, à l’harmonisation des méthodes et des outils, et à la recherche de financements. «C’est un gros chantier que nous avons ouvert et sur lequel nous étions inquiets il y a un an au regard des orientations peu lisibles que nous avions, explique Christian Buffière, directeur de la Chambre d’agriculture de Haute-Loire et directeur référent sur le dossier. Mais le travail opéré auprès du Conseil régional et de la Draaf a fini par payer puisqu’aujourd’hui les quatre chambres ont été agréées Point Info Installation et Centre d’Elaboration des Plans Professionnels Personnalisés (CEPP). » L’ombre au tableau reste le financement puisque sur décision du Conseil régional d’Auvergne, l’agriculture - alors éligible au Fonds social européen (FSE)- ne l’est plus… « Un choix régional qui montre bien l’intérêt que la région porte à l’agriculture d’Auvergne !» commente ironiquement un des participants.

Prélude à la fusion

«Le projet stratégique que nous avons défini l’an dernier est aussi une préparation de la fusion avec Rhône Alpes, précise le président Gilbert Guignand. C’est parce que nous aurons bien défini nos besoins et projets en tant qu’auvergnats que nous serons à même d’aborder cette nouvelle aventure commune». Et les échéances se rapprochent ! Car au lendemain du 1er janvier 2016, les chambres auvergnate et rhônalpine ne feront plus qu’une. La nouvelle assemblée sera composée de 103 membres, d’un bureau de 20 membres maximum avec comme droits de vote le principe 1 «élu»-1 «voix». Le nouveau président sera élu par la nouvelle session et de directeur général par le président. La gouvernance sera transitoire pendant 3 ans, jusqu’aux élections générales du réseau maintenues en janvier 2019. Le budget 2016 sera l’addition des deux budgets avec une convergence vers un budget unique. Enfin en matière d’organisation, au 1er janvier 2016, les équipes des chambres régionales actuelles restent en place.

Le cadre aujourd’hui défini, les élus entendent porter leur attention sur le rôle des chambres départementales et veiller à ce qu’elles restent une force dans la réforme territoriale. «Il est important que le pouvoir des professionnels et des élus soit toujours pris en compte et que la proximité ne nous échappe pas. Nous allons devoir être très présents afin d’évi-ter les déviances et faire que les départements ne soient pas seulement là pour mettre en œuvre une politique décidée ailleurs» s’est exprimé Patrick Escure, président de la Chambre d’agriculture du Cantal. Et Laurent Duplomb, président de la Chambre de Haute-Loire d’ajouter «l’Auvergne doit peser de tout son poids dès les premières heures de la fusion en portant les grands débats comme ceux de l’élevage ou des zones difficiles.»

 

(1) Cinq chantiers : Installation/transmission, formation des agriculteurs, systèmes d’information des chambres, environnement et activités recherche et développement.

Quand les SDAGE irritent…

 

Egalement au menu de la session : les délibérations relatives à l’avis sur les projets de Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) 2016-2020 des bassins Loire Bretagne et Adour Garonne. La Chambre régionale d’agriculture a émis à l’unanimité un avis défavorable sur la révision des deux Sdage. Nicolas Bonnefous, en charge du suivi du dossier «eau» à la chambre régionale, siège dans les différentes commissions. Il détaille, non sans aigreur, l’état d’esprit dans lequel se déroulent les réunions des Sdage. «L’activité agricole est totalement dénigrée. Aucune vision technique et économique n’est portée sur les exploitations, simplement une vision philosophique. » Et de conclure « le problème aujourd’hui se trouve dans la gouvernance des comités de bassin qui sont entre les mains des écolos !»

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