L'Auvergne Agricole 28 novembre 2018 à 16h00 | Par L'auvergne Agricole

« La Chambre d’agriculture 63 doit reprendre sa place au sein de la FNO »

Vendredi 7 décembre à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de la FDO du Puy-de-Dôme, Patrick Soury, secrétaire général de la FNO viendra apporter son soutien aux éleveurs.

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Patrick Soury, secrétaire général de la FNO : « tout ne se passe pas à Paris ! Les décisions de la FNO sont prises en fonction des remontées de terrain. »
Patrick Soury, secrétaire général de la FNO : « tout ne se passe pas à Paris ! Les décisions de la FNO sont prises en fonction des remontées de terrain. » - © SC

Patrick Soury, éleveur ovins en Charente et secrétaire général de la FNO, participera à l’assemblée générale de la FDO 63, vendredi 7 décembre à Cisternes-la-Forêt. Il tient ainsi à apporter des éléments de réponses aux producteurs sur l’actualité de la filière ovine. C’est également l’occasion pour le représentant national de renouveler son soutien aux candidats FNSEA-JA 63, en lice pour les prochaines élections Chambres d’agriculture.

Le prix moyen de l’agneau est en baisse de 3% par rapport à l’année 2017…


Effectivement et c’est l’un des gros dossiers traités aujourd’hui par la FNO. Cette baisse est la conséquence de plusieurs facteurs défavorables. Il y a certes la sécheresse et la sortie importante d’agneaux mais c’est surtout la baisse de la consommation qui impacte le plus. Elle a encore reculé de 2 à 6% en France !

Quelle est la réaction de la FNO face à cette baisse de prix ?


Nous avons récemment rédigé un courrier à l’intention de tous les acteurs de l’interprofession ovine. Dans ce dernier, nous les alertons sur les dangers à faire systématiquement de l’éleveur, la variable d’ajustement. Les éleveurs ne peuvent supporter seuls les incidences de la conjoncture. C’est non seulement intenable mais aussi complètement injustifié et contreproductif. La solution à cette problématique du prix est de doper la consommation. Seulement, nous devons œuvrer tous ensemble (producteurs, transformateurs, distributeurs…) pour y parvenir. A partir du 15 décembre et jusqu’au 15 mars, nous allons reprendre nos actions « coup de poing » pour promouvoir la viande d’agneau dans les GMS et chez les bouchers.   

Il y a quelque temps, la FNO évoquait la possibilité d’élaborer de nouveaux produits avec les transformateurs. Où en sont ces travaux ?


Ils sont en cours. L’idée est de répondre aux attentes des nouvelles générations de consommateurs. Le gigot entier a toujours sa place mais pas au sein d’un ménage de 4 personnes. Certains opérateurs travaillent à des initiatives intéressantes comme un haché d’agneau. L’explosion de la consommation de yaourts de brebis engendre une sortie d’agneaux laitiers plus régulière. De ce fait, la filière pourrait prochainement être en mesure de fournir suffisamment d’animaux adaptés à ce type de valorisation. Nous pourrons même aller jusqu’à l’ouverture de nouveaux marchés avec la restauration collective.
Avant tout, il faut bannir ce vieux cliché qualifiant la viande d’agneau comme étant « forte ». Des « initiations au goût » auprès du très jeune public sont en cours d’élaboration à la FNO.

Plus que jamais, l’avenir de la filière ovine se situe dans le renouvellement des générations des consommateurs mais aussi des producteurs ?


C’est incontestablement le fil rouge de la FNO. Plus de 50% des éleveurs ont plus de 50 ans. Pour inciter les jeunes à reprendre les fermes, nous devons leur garantir des conditions de travail favorables, leur apporter un soutien et leur offrir une filière saine. Localement, les éleveurs sont parvenus à mettre en place des actions intéressantes. La région AuRA a ainsi ouvert « les brigades de l’agnelage ». Elles permettent aux éleveurs, à un moment clé de leur production, d’être accompagnés. L’échange est d’autant plus intéressant qu’ils sont soutenus par des jeunes formés.

Et une telle action n’aurait pas été réalisable sans l’implication des éleveurs et des acteurs de ce territoire ?


Comme beaucoup de choses ! Tout ne se passe pas à Paris ! Le réseau, y compris à l’échelon départemental, est indispensable. Toutes les décisions de la FNO sont prises en fonction des remontées de terrain. C’est pourquoi, la Chambre d’agriculture est très importante. Elle permet d’assoir la représentativité des éleveurs et de mettre en place une politique départementale adaptée. Or, dans le Puy-de-Dôme, elle n’est plus dans le réseau FNO puisqu’elle n’a plus de contacts avec la FDO. Elle doit réintégrer le réseau pour le bien des éleveurs ovins puydômois.

Propos recueillis par M. Comte

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