L'Auvergne Agricole 04 septembre 2019 à 15h00 | Par Mélodie Comte

« La BVD a mis mon élevage en péril »

Lourdement touché par la maladie il y a quelques années, Guillaume Morel a appliqué le protocole d'assainissement du GDS sur son exploitation pour réduire les pertes financières.

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Guillaume Morel appose la boucle nationale d'identification et réalise la biopsie auriculaire dans le même temps.
Guillaume Morel appose la boucle nationale d'identification et réalise la biopsie auriculaire dans le même temps. - © Mélodie Comte

L'arrêté ministériel du 31 juillet 2019 rend obligatoire la lutte contre la BVD. Les éleveurs doivent désormais dépister systématiquement les veaux naissants par une biopsie de cartilage auriculaire, au moment de la pose des boucles d'identification. Les animaux dépistés positifs sont alors éliminés dans les 15 jours suivant la notification du résultat. A première vue, l'application de ce protocole engendre des coûts supplémentaires* pour l'exploitant tant dans l'achat des boucles préleveuses et les interventions vétérinaires que la perte d'animaux. Pourtant, cette lutte contre la BVD a bien comme objectif à terme de réduire la facture sanitaire des élevages français. Guillaume Morel, éleveur de 70 vaches Charolaises à Orléat, a vécu la contamination de son élevage par la BVD. Difficilement identifiable, ce n'est qu'au plus fort de la maladie qu'il a réalisé les premiers dépistages. «J'ai perdu jusqu'à 12 veaux la même année» explique-t-il avant de rajouter «j'étais obligé d'agir ou mon élevage était en péril».

La BVD se propage rapidement

Dix ans à peine après son installation, Guillaume Morel a eu à subir la contamination par la BVD de son cheptel. «Comment est-elle venue ? Peut-être par des animaux achetés ou déjà sur l'exploitation... Je n'en ai pas la moindre idée». Avortements, mort-nés et développement de pathologies respiratoires et autres sont les conséquences de la maladie. Des signes qu'il est difficile d'imputer immédiatement au virus selon l'éleveur. «Sur une période de vêlage, il y a toujours un mort-né ou un veau plus rachitique que les autres et ce n'est pas forcément la cause d'une maladie quelconque». Guillaume Morel n'imaginait pas alors son cheptel contaminé jusqu'à ce qu'il perde jusqu'à une douzaine de veaux la même année. «Il y a eu comme une explosion des pathologies. C'est là que j'ai pensé à la BVD». Les prises de sang réalisées confirment son intuition et immédiatement l'éleveur s'engage dans un protocole BVD. « Je devais éradiquer la maladie de mon exploitation sinon j'allais droit dans le mur financièrement». Les veaux IPI (Infecté Permanent Immunotolérant) ont été éliminés et la totalité du troupeau vacciné.

Retour sur investissement

La maladie désormais éradiquée dans son élevage, hors de question pour Guillaume Morel d'abandonner la lutte contre la BVD. Chaque année ses animaux sont vaccinés et chaque nouveau-né dépisté le lendemain de leur naissance. A l'aide d'une pince spécifique, il appose la boucle nationale d'identification et réalise la biopsie dans le même temps. L'opération ne lui prend pas plus de trois minutes. Le prélèvement est ensuite envoyé par courrier au laboratoire. «Le système est vraiment bien fait. Je n'ai rien de plus à faire si ce n'est de mettre le tube dans l'enveloppe affranchie, coller l'étiquette d'adressage déjà remplie et écrire la date du prélèvement. Sincèrement, ce n'est pas sorcier».

Même si le prix des boucles préleveuses est plus élevé, l'éleveur l'affirme «le retour sur investissement est bien là» car il se souvient «j'ai perdu des génisses de 18 mois à l'époque, je n'avais pas fait d'analyses mais peut-être était-ce la BVD». L'élevage de Charolaises a retrouvé la santé sanitaire et aussi financière.

 

*Le GDS apporte à ses adhérents une aide à l'analyse de 1EUR par veau. Le Conseil départemental apporte une aide de 50 à 70 % sur les analyses réalisées dans les plans d'assainissement et finance 100% du coût de la recherche des IPI lors d'introduction.

Commande des boucles

Depuis la parution de l'Arrêté Ministériel du 31/07/2019, entré en vigueur le 1er août, la commande de boucles préleveuses est obligatoire. Si l'éleveur a commandé depuis juin des boucles préleveuses : pas de problème. Dans le cas contraire, si l'éleveur a commandé des boucles conventionnelles depuis juin, il doit commander au GDS les boucles boutons correspondantes. Le prix coûtant unitaire de ces dernières, avec l'enveloppe affranchie pour l'envoi de l'échantillon, est de 2,33 EUR HT. Enfin, si l'éleveur n'a pas encore commandé ses boucles, il est dans l'obligation de le faire auprès de l'EDE.

A ces possibilités se rajoute le fait que l'éleveur peut encore avoir en sa possession des boucles veaux conventionnelles de la campagne passée. S'il lui en reste plus de 10, il peut les utiliser mais doit commander au GDS les boucles boutons correspondantes pour faire le prélèvement.

Source GDS 63

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