L'Auvergne Agricole 30 septembre 2015 à 08h00 | Par Mélodie Comte

L’ouest du département lourdement touché par les pertes de fourrages

La seconde étape, avant la demande de classement du Puy-de-Dôme en zone de calamité agricole, confirme des pertes importantes de fourrage sur l’ouest du département.

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Les différents représentants agricoles ainsi que de la DDT ont sillonné le département afin de constater les pertes de fourrages, en vu de la demande de classement en zone de calamité agricole.
Les différents représentants agricoles ainsi que de la DDT ont sillonné le département afin de constater les pertes de fourrages, en vu de la demande de classement en zone de calamité agricole. - © M.Comte

Une seconde tournée sécheresse a eu lieu sur l’ensemble du département du Puy-de-Dôme, le 25 septembre. Plusieurs représentants de la DDT, de la Chambre d’agriculture et des différents syndicats agricoles ainsi que des techniciens fourrage de la chambre, ont visité plusieurs élevages afin de constater et relever les pertes de fourrage, en vu du classement du département en zone de calamité agricole.

 

Jusqu’à 59% de pertes

Ce classement permettrait de débloquer des aides financières qui prendraient en charge 28% de la perte de fourrage. Un coup de pouce qui redonnerait du souffle notamment au Gaec des Mi-mosas à Olby où Christian, Danielle et Quentin Bony ont déjà acheté pour 15 000€ de fourrage. «Une année ordinaire, nous faisons près de 900 balles rondes. Cette année, nous en avons réalisé 215. Depuis le 9 juillet, nous complémentons nos animaux avec de l’enrubannage acheté » explique Christian.

Un constat amer appuyé par le témoignage de Paul Bony, éleveur ovin sur la même commune et représentant de la Fnsea 63. «Pendant trois semaines, j’ai nourri mes brebis avec du foin au pré. C’est du jamais vu. De plus, il ne faut pas oublier la charge de travail supplémentaire et les charges financières (gasoil…) que cela occasionne. Aujourd’hui de la route, l’herbe est verte mais une fois dans le pré on s’aperçoit vite qu’il n’y a pas grand-chose. »

Une situation tendue dans laquelle semble se trouver tout l’ouest du département. Le matin même, la délégation a visité deux élevages à Anzat-le-Luguet et Mazoires où les pertes sont tout aussi importantes d’après Pascal Faure, technicienne fourrage à la Chambre d’agriculture. « A Anzat-le-Luguet, l’élevage visité enregistre 59 % de perte et celui de Mazoires 44% par rapport aux récoltes de 2014. Dans ces secteurs, les éleveurs ont entamé plus de 80 jours de stocks sur la période de pâture. Les animaux à l’estive ont été redescendus le 11 août, au lieu du 1er octobre, parce qu’il n’y a plus d’herbe. Malgré la belle arrière saison, l’herbe n’a pas repoussé. Il n’y aura pas de regain.»

Accumulation d’ennuis

Dans un contexte de crise de l’élevage, de FCO et de rats taupiers dans certains secteurs, les inquiétudes sont grandes pour les éleveurs puydômois. Ces derniers ont d’ailleurs «le moral dans les chaussettes» d’après Didier Egoux, représentant de la Fnsea 63. « Lorsqu’on voit que dans cette zone, habituellement très riche en fourrage, c’est la catastrophe… Je suis effectivement très inquiet pour les éleveurs. Décidemment cette année ne nous aura pas épargnés.» Le classement du Puy-de-Dôme en zone de calamité agricole serait aux yeux de Sylvain Jouberton, représentant des JA, « un plus non négligeable pour tous les élevages parce qu’ils sont nombreux à avoir les trésoreries dans le rouge».

La prochaine étape de ce classement est la réunion du comité d’expertise qui prendra, au vu des résultats recueillis sur le terrain, la décision de faire remonter ou non la demande à la Commission Générale de Gestion des Risques Agricoles. « Ce comité se réunira le 13 octobre. Si les pertes de fourrages sur l’ensemble du département dépassent les 30%, nous pourrons demander le classement en calamité agricole. Notre demande sera analysée dans le mois de décembre. Cependant, il est possible, au vu de la situation nationale, que la Commission prenne la décision d’avancer cette date à début novembre. Les éleveurs pourraient alors recevoir les premiers paiements au 1er trimestre 2016 » explique Caroline Alvarez, représentante de la DDT. Dans cette même journée, une seconde délégation s’est rendue dans les élevages de l’est du département. Nous ne connaissons pas à ce jour les résultats de leurs visites.

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