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Congrès Fnpl

Aurillac, terre d’accueil des producteurs de lait

Le congrès de la Fnpl se déroule les 16 et 17 mars à Aurillac dans le Cantal. L’occasion de revenir sur les enjeux de la filière au niveau régional à travers une série de témoignages.

17 mars 2011 P. Olivieri Vu 2571 fois
Dans la famille Barbet, on n’est pas opposé au dispositif double-quota / double-prix.

Dans la famille Barbet, on n’est pas opposé au dispositif double-quota / double-prix. - © L’Union du Cantal

Bertrand et Bruno Barbet incarnent une génération de jeunes producteurs cantaliens bien décidés à construire leur avenir sur des bases solides.

En 24 mois, le Gaec des 2 B, alias Bruno et Bertrand Barbet (respectivement 40 et 36 ans), vient d’intégrer 160 000 litres de quotas supplémentaires dont 100 000 litres achetés. Ce qui porte la référence du Gaec situé au nord-ouest du Cantal sur la commune de Saint-Pierre, à 520 000 litres. “Suite à la crise de 2009 nous avons décidé d’accentuer la logique de production pour faire face économiquement à cette nouvelle donne. Nous nous sommes adaptés avec l’objectif de produire pour investir et non l’inverse comme c’était le cas il y a dix ans”, explique Bruno installé voilà 15 ans.

 

Répercuter les coûts de production à l’aval

Un choix d’intensifier la production pleinement assumé d’autant que les deux frères ont toujours eu à cœur de faire évoluer leur exploitation sans procéder au moindre agrandissement (Sau de 85 ha (1)). C’est pourquoi chez les Barbet on n’est pas contre un dispositif double quota double prix : “Dans un monde laitier en pleine évolution avec une libéralisation et une volatilité accrues des marchés, cela doit permettre de sécuriser au travers du quota A un prix A lié au marché intérieur et donc plus stable. Libre au producteur - comme nous - qui souhaite produire au-delà d’opter pour un quota B en assumant le prix qui va avec”, avance Bruno, pour qui ce dispositif aurait le mérite de responsabiliser davantage le producteur, contrairement au prix unique avec flexibilité actuellement subi par les producteurs notamment dans des régions sous-réalisatrices comme le Massif central.

“Notre choix des volumes est aussi guidé par la volonté de tamponner l’envolée des coûts de production sachant que même avec la remontée actuelle du prix du lait, on n’est pas sûr d’avoir une année économiquement sereine”, poursuit le jeune producteur. D’où pour lui la nécessité d’intégrer ce critère “coûts de production” dans l’indicateur prix du lait. “On a connu une crise laitière liée au prix en 2009, on risque d’en vivre une autre du fait des charges aux conséquences tout aussi lourdes, insiste Bruno Barbet. Il nous faut absolument un accord entre

l’État et l’ensemble de la filière - et notamment la grande distribution - pour que cette évolution de nos coûts de production soit directement répercutée au Gms et au consommateur”.

Mais encore faut-il qu’en amont, relève-t-il, la filière “soit dans une logique de dialogue au sein de discussions interprofessionnelles sur le prix du lait qui s’appuient sur une observation du marché, et donc sur une base économique. On a besoin de ces outils interprofessionnels pour éviter que la production laitière en montagne ne disparaisse”.

 

 

Une question d’aménagement du territoire

Et non d’un rapport de force répétitif comme celui de 2009 qui a laissé des traces. Sans renier aucunement le blocage historique neuf jours durant de l’usine Lactalis à Riom-ès-Montagnes au printemps 2009 (auquel d’ailleurs les deux frères ont activement participé), Bruno estime en effet aujourd’hui que ce type de bras de fer ne servirait plus à grand chose : “On a bien vu à l’époque qu’il y avait une volonté politique de laisser se restructurer la production”, regrette l’éleveur de prim’holstein.

L’occasion pour lui de jeter la balle également dans le camp des politiques et du gouvernement, en rappelant que le ministre de l’Agriculture a vu son portefeuille élargi à l’aménagement du territoire. Or, plaide Bruno Barbet, aménager le territoire “c’est aussi permettre à des producteurs de lait où qu’ils se trouvent de continuer à vivre de leur production”.

(1) 85 ha de SAU dont 26 de céréales à paille, 24 de maïs ensilage, 10 de prairies temporaires et 25 de prairies naturelles.

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Les producteurs de montagne veulent faire entendre leur voix

Alors que la fin des quotas est annoncée pour 2015, les producteurs de lait de montagne redoutent d’être laminés par les zones de plaine. Ils subissent en effet des contraintes spécifiques liées à la montagne (altitude, climat, pente, morcellement des parcelles…) qui engendrent des surcoûts de production de 4 à 15 % comparativement à la plaine. D’une façon générale, les structures de production y sont plus modestes (179 000 litres contre 290 000 litres en plaine). Et la production laitière en montagne a eu tendance à se stabiliser au cours des quelques années précédentes, alors qu’elle a augmenté de

4,5 % dans le Grand Ouest. La première revendication porte sur la nécessité de «démarquer davantage les produits laitiers de montagne pour mieux les valoriser», insiste Yannick Fialip, membre du bureau de la Fnpl et président de la section régionale laitière Auvergne-Limousin. Ainsi plaide-t-il pour une maîtrise des volumes des Aop fromagères ainsi que pour la prorogation de l’accord Cvo pour la constitution d’un fonds de valorisation et de promotion des Aop d’Auvergne. Créée en 2009 à titre expérimental, cette Cvo sur les Aop fromagères arrive à échéance au mois d’octobre prochain. Il s’agit d’une échéance importante pour les producteurs de lait de montagne puisque cette cotisation permet d’assurer un complément de prix de 30 € / 1000 litres pour le lait transformé en fromages Aoc. 30 % de la production laitière étant valorisé en Aop fromagères dans le Massif central à laquelle s’ajoute 5 % au titre de la mention « lait de montagne». Ce qui veut dire que « les deux tiers restants sont en compétition avec les filières de plaine » observe Yannick Fialip, alors qu’ils satisfont au cahier des charges…

L’objectif des éleveurs est donc d’étendre cette mention valorisante « lait de montagne» en créant une marque collective détenue par les producteurs. Avec un double objectif : étendre la démarche qui est actuel- lement circonscrite à Carrefour et aux autres distributeurs, et capter une partie de la valeur ajoutée qui va dans les poches de la grande surface, le « lait de montagne » étant vendu 20 centimes de plus que le lait standard chez Carrefour actuellement.

D’après Actuagri

 

 

 

 
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