L'Auvergne Agricole 27 novembre 2013 à 16h00 | Par Propos recueillis par Sophie Giraud-Chatenet

Jeunes agriculteurs - Benoît Julhes : « Pas question de naviguer à vue »

Si les grands principes de la future politique à l’installation sont en train de se dessiner, le flou artistique demeure sur sa mise en œuvre, « en attendant, on fait quoi ? », interrogent les Jeunes agriculteurs.

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Benoît Julhes, jeune agriculteur est installé dans le Cantal, en production bovine et porcine.
Benoît Julhes, jeune agriculteur est installé dans le Cantal, en production bovine et porcine. - © Sophie Giraud-Chatenet

On connaît désormais les contours de la future loi d’avenir, qui devrait être votée au début de l’année 2014. Pourquoi tirez-vous aujourd’hui la sonnette d’alarme ?

Benoît Julhes : Il va y avoir du changement sur la politique à l’installation. La régionalisation de sa gestion va en soi changer le mode de fonctionnement et le cadre national, qui devrait permettre une gestion équitable sur tout le territoire n’est pas encore défini. Au niveau des jeunes, nous disons : pourquoi pas, à condition que cela soit géré de manière efficace dans l’intérêt des jeunes.

On ne peut pas prétendre vouloir favoriser l’installation si on laisse les structures d’accompagnement sans lignes directrices pendant des mois.

L’installation ne doit pas s’arrêter au 1er janvier, elle ne doit pas connaître de temps mort. Le flou artistique a assez duré.

 

Qu’attendez-vous précisément ?

B.J : Nous souhaitons avoir des précisions avant la mise en œuvre effective des nouvelles règles. Autrement dit que la transition s’effectue seulement une fois que nous connaîtrons les règles. Les jeunes sont inquiets. La DRAAF et la région leur doivent de la clarté. Nous sommes prêts à travailler avec les pouvoirs publics sur la mise en œuvre de la loi d’avenir et le programme régional à l’installation, nous les avons d’ailleurs sollicités. Nous sommes à l’écoute des questions et attentes des jeunes, qu’ils n’hésitent pas à nous contacter. Nous montons au créneau aujourd’hui car les réponses tardent à venir. Par essence, le réseau JA a vocation à être l’interface entre les jeunes et les interlocuteurs publics. Plus que jamais, nous serons leur porte-parole.

 

Sur la modernisation des bâtiments d’élevage, l’enjeu est également important…

B.J. : Là-aussi, on navigue à vue. On ne connaît pas encore les critères d’éligibilité du plan de modernisation des bâtiments d’élevage. Nous demandons que soit lancé un appel à projets dès le premier semestre 2014, même s’il faut arbitrer en fonction des anciennes règles. Car derrière, ne l’oublions pas, il y a des projets, des jeunes qui veulent s’installer. En période de vache maigre, les politiques doivent se mettre en ordre de marche pour favoriser le développement économique. Je ne suis pas sûr que nous ayons encore les moyens d’attendre.

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