L'Auvergne Agricole 18 décembre 2013 à 15h00 | Par Emilie Chantegrel

JA 63 SYNDICALISME - La bataille ne fait que commencer…

Mercredi dernier, plus de 80 agriculteurs de tout le département se sont mobilisés.

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Des cercueils ont été réalisés pour illustrer l’enterrement des exploitations
Des cercueils ont été réalisés pour illustrer l’enterrement des exploitations - © JA 63

C’est pour soutenir quatre exploitants agricoles de la commune de Puy-Guillaume que les agriculteurs (jeunes et aînés) du département du Puy-de-Dôme ont fait le déplacement mercredi dernier. Tous se sont mobilisés, à l’appel de JA 63, pour dénoncer les agissements d’une commune qui affiche clairement sa volonté de dire non aux agriculteurs et qui met tout en œuvre pour empêcher leur installation ou leur développement sur le territoire communal.

Pour certains, la bataille dure depuis quelques années maintenant. À l’époque Nadine Chabrier, actuellement maire de la commune, n’était même pas à la tête de l’équipe municipale. Depuis, elle a pris les rênes de Puy-Guillaume mais n’a pas, pour autant, changé son fusil d’épaule. Les agriculteurs ne sont toujours pas les bienvenus. La preuve en a été faite lors du Conseil municipal du 27 septembre dernier. Alors que des exploitants agricoles demandaient une modification du Plan local d’urbanisme, cette dernière a tout simplement été refusée. Cette décision, non motivée, va à l’encontre des conclusions du commissaire enquêteur chargé du dossier et empêche la poursuite des quatre agriculteurs.

Les manifestants se sont retrouvés à l’occasion du marché hebdomadaire. Quentin Baumont, l’un des concernés par ce refus, s’est dit «satisfait de la mobilisation de mercredi», même s’il avait «espéré encore plus de monde». Réuni devant la mairie, le cortège s’est élancé, aux alentours de 11 h à la rencontre des habitants, afin qu’ils soient sensibilisés au problème. Si certains d’entre eux étaient déjà au courant, d’autres, en revanche en ont pris connaissance ce jour-là. Les manifestants ont tout simplement expliqué que s’il n’était pas permis aux agriculteurs de faire leur travail dans de bonnes conditions, les produits locaux, auxquels ils sont attachés, disparaîtraient des étals des marchands.

Une banderole a été déployée devant la mairie.
Une banderole a été déployée devant la mairie. - © JA 63

« Madame le Maire se moque de nous »

Quelques minutes avant la déambulation dans le marché, une délégation a été reçue en mairie. Nadine Chabrier absente, c’est le deuxième adjoint qui l’a accueillie. «Nous n’avons eu aucune explication. La personne à laquelle on s’est adressé s’est dite favorable à nos projets, comme toutes les fois d’ailleurs, et puis au final les décisions sont négatives. Nous avons demandé à être reçus par Madame le Maire, afin de lui expliquer, dans le détail, ces projets, car en fin de compte, le conseil municipal vote sans savoir vraiment ce qui est prévu», précise Quentin Baumont.

Bien qu’absente le jour de la manifestation, Nadine Chabrier s’est exprimée sur le sujet dans la presse locale. Elle a soutenu que «son conseil municipal ne reviendrait pas sur sa décision et qu’il n’avait fait qu’appliquer le principe de précaution à l’égard des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) ».

Pour les JA, ces arguments ne tiennent pas la route. D’une part, les installations classées sont soumises à des règles strictes concernant la protection de l’environnement. La direction des services vétérinaires assure le contrôle de ces structures. D’autre part, les exploitations de Quentin Baumont et de Pascal Gagnol ne sont en aucun cas classées. « Tous les projets prévus ont pour but d’enlever des nuisances, sont tous à des distances plus que réglementaires des habitations et sont soumis à des règles strictes concernant le respect de l’environnement. En réalité, Mme le maire se moque de nous », conclut Quentin Baumont.

Le mot du président de JA 63, Damien Valleix


« Aujourd’hui, tous les cantons, toutes les filières et toutes les générations sont mobilisés. Nous ne sommes pas là pour défendre le prix du lait ou pour s’élever contre la PAC, nous sommes là pour soutenir des collègues. Nous sommes là pour rappeler que Puy-Guillaume se fait une fierté d’avoir dit non aux grandes surfaces en encourageant le commerce de proximité. Mais comment encourager le commerce de proximité et en même temps refuser la production de proximité et dire non à l’implantation d’agriculteurs ! Nous sommes là pour dire au Conseil municipal de bien réfléchir sur les conséquences sociales économiques et humaines de ses actes. Une installation est génératrice d’emplois. Nous sommes là pour nos collègues. Ils ont été contraints de faire appel à un avocat pour faire valoir leurs droits. La mairie de Puy-Guillaume s’enfonce dans l’illégalité. Elle refuse de fournir une copie du procès-verbal du Conseil municipal de la commune, elle refuse d’accuser réception d’un recours transmis par l’avocat. Ils ont le soutien du syndicalisme et de la profession. On les aidera jusqu’au bout ! »

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