L'Auvergne Agricole 08 juin 2011 à 11h15 | Par Propos recueillis par C.Rolle

Interview de Michèle Boudoin - « La sécheresse doit être contrée par la solidarité »

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Michèle Boudoin, Secrétaire générale de la FNO, Présidente de la Fédération régionale ovine (FRO)
Michèle Boudoin, Secrétaire générale de la FNO, Présidente de la Fédération régionale ovine (FRO) - © DR

Face à la situation de crise engendrée par la sécheresse, quel message souhaite transmettre la Fno aux agriculteurs ?

Un message de solidarité entre tous les partenaires du monde agricole. Nous devons pouvoir compter sur la solidarité inter-production, et jouer la carte de la complémentarité entre les productions. La Fno souhaite une gestion mesurée de la paille et qu’éleveurs et céréaliers travaillent main dans la main. Des bilans des disponibilités et besoins en paille doivent être réalisés dans chaque bassin de production, afin que les zones céréalières puissent proposer leurs excédents aux échanges.. Par ailleurs, les éleveurs se tiennent prêts à semer des dérobées dès que les conditions le permettront, et il est primordial que les semences nécessaires soient disponibles dans les coopératives.

 

En appelez-vous aussi au soutien de l’Etat ?

Bien sûr. Nous demandons une solidarité sans faille de l’Etat envers les producteurs. Sans récoltes, on ne peut imaginer comment les éleveurs pourraient rembourser leurs emprunts, dans un contexte où la trésorerie vient déjà à manquer. C’est pour cette raison que nous demandons l’application d’une année blanche dans le remboursement des emprunts, avec report de paiement en fin de tableau. Nous demandons également un étalement du paiement des cotisations sociales. Enfin, pour faire face au manque de trésorerie, nous sollicitons le versement anticipé des aides PAC.

 

La filière ovine est aussi durement touchée par la sécheresse ?

En effet, nous appelons l’ensemble des familles de l’interprofession à être solidaire des difficultés rencontrées par la production. Le premier élément constitutif de la trésorerie des éleveurs est le prix auquel ils vendent leurs agneaux. Nous comptons donc sur l’ensemble des opérateurs de la filière pour travailler au maintien d’un prix correct de notre produit, dans un contexte où le coût des matières premières s’envole et où la trésorerie des éleveurs s’épuise. Le manque de disponibilités en fourrage risque de dérégler les prévisions, notamment en terme de sorties d’agneaux, indépendamment de la volonté des éleveurs.

 

Redoutez-vous une décapitalisation des troupeaux ?

Oui nous la craignons. C’est une démarche qui pourrait être fatale à la production qui commence tout juste à relever la tête. Cette tendance ne doit pas être encouragée mais bien, au contraire contrée par tous les moyens. La solidarité doit se faire sentir au sein même de notre production, envers les collègues les plus fragiles, et en posture les plus délicates, notamment les jeunes installés.

 

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