L'Auvergne Agricole 04 juillet 2006 à 00h00 | Par C.Rolle

Installation sociétaire - «Prendre le temps de mûrir son projet »

L’installation sociétaire : c’est le thème développé par les Jeunes agriculteurs lors du dernier Conseil départemental installation (CDI) plénier qui réunit les organisations professionnelles agricoles du Puy-de-Dôme. Sébastien Vidal, président des JA, a souligné l’enjeu que représentent les sociétés pour l’installation

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Sébastien Vidal, président des JA, a souligné l’enjeu que représentent les sociétés pour l’installation
Sébastien Vidal, président des JA, a souligné l’enjeu que représentent les sociétés pour l’installation - © Auvergne Agricole

Un enjeu qui s’inscrit dans la logique du projet agricole départemental basé sur le défi d’une agriculture productive et durable. «Pour s’installer aujourd’hui dans de bonnes conditions et vivre de son métier, il faut pouvoir mener à bien son projet professionnel, économique et humain » explique Sébastien Vidal. Trois objectifs qui incitent les jeunes candidats à prendre le temps de bien mûrir leurs projets et à s’interroger sur l’intérêt d’une installation en société.
Pascal Leyrit associé en Gaec, a fait ce choix il y a près de 15 ans et ne le regrette surtout pas. «Un GAEC est certainement plus exigeant en rigueur qu’une exploitation individuelle, mais c’est un outil qui pérennise la structure et la production».

Faire prévaloir l’entreprise
Pascal Leyrit est un ancien salarié de Michelin, bénéficiaire d’un plan de reconversion en 1987. A l’époque, il décide de reprendre une exploitation de taille modeste, voisine de celle de Jacques Rougier avec lequel il s’associera plus tard. «Nous avions l’habitude de travailler ensemble sur quelques chantiers et avions du matériel en commun. Puis j’ai commencé à m’interroger sur la poursuite de mon exploitation et lui sur une éventuelle association. Il nous a fallu un an pour étoffer notre projet de Gaec et apprendre à travailler ensemble » Avec le recul et l’expérience , Pascal Leyrit insiste fortement sur l’importance d’un règlement intérieur au sein de la société qui formalise la rémunération des associés, les absences, la protection en cas de problème de santé et l’équilibre des responsabilités. «Chacun connaît le travail de l’autre pour mieux le remplacer. La prise de décision se fait à deux, non sur un coup de tête mais de façon réfléchie ; nous prenons le temps de la décision.» Depuis qu’il est en Gaec, Pascal dit avoir «l’esprit plus tranquille» du fait du partage des responsabilités. Il a également plus de temps libéré. «Dans un Gaec, c’est l’entreprise qui doit prévaloir. Il faut laisser de côté les sentiments de patrimoine et de possession, abandonner son esprit individuel pour se consacrer à l’entreprise, sa survie en dépend» confie-t-il.

Pascal Leyrit associé en Gaec
Pascal Leyrit associé en Gaec - © uvergne Agricole


Changer les mentalités
«Un état d’esprit  qui demande un véritable changement des mentalités » poursuit Sébastien Vidal. Et c’est là tout l’enjeu des pistes d’action émises par le CDI plénier et qui proposent, aux Opa et à l’administration, de mieux  sensibiliser les futurs jeunes installés, les cédants et les exploitants en recherche d’associés. Différentes actions sur la communication, la mise en relation des futurs associés (via le RDI*), l’aspect juridique et les relations humaines sont donc proposées par les Jeunes Agriculteurs, parmi elles une formation obligatoire de 3 jours serait envisagée pour les exploitants en recherche d’associé et/ou les exploitants individuels qui font le choix de regrouper leurs moyens de production au sein d’une même société. « Ces quelques jours permettraient à chacun de mieux maîtriser les étapes nécessaires à la constitution d’une société » indique Sabine Tholoniat. La vice-présidente des JA 63 met aussi l’accent sur le stage 40 heures dont une journée complète pourrait être consacrée au travail en commun. «Mais tout ceci n’est encore qu’au stade de projet. Il appartient maintenant au CDI technique de structurer l’ensemble de ces propositions afin de les mettre en place rapidement» conclut Sébastien Vidal.

*Répertoire départemental à l’installation : outil de mise en relation entre les candidats à l’installation et les exploitants en recherche d’associé ou de successeur. Le RDI est géré par l’ADASEA qui se charge d’accueillir les offres, de les diffuser, de mettre en relation et d’élaborer le projet d’association ou de reprise.

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