L'Auvergne Agricole 02 janvier 2014 à 08h00 | Par C.Rolle

Innovation - Les sept ambitions stratégiques pour la France

La recherche de compétitivité et de prospérité économique pour la France ne se décrète pas. Seule l’innovation peut y contribuer selon Anne Lauvergeon.

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Anne Lauvergeon préconise la coexistence du principe de précaution et du principe d’innovation dans la constitution
Anne Lauvergeon préconise la coexistence du principe de précaution et du principe d’innovation dans la constitution - © Internet

A l’occasion de la réunion générale d’information du Groupe Limagrain, le 20 décembre dernier, Anne Lauvergeon, présidente de la commission «innovation 2030» a présenté les grands challenges de la France en matière d’innovation.

 

« Il ne s’agit pas d’innover pour innover »

Outre l'ancienne présidente d'Areva, cette commission installée en avril 2013 par le président de la République, comptait 19 autres membres. De profils différents, tous avaient pour mission de penser l'innovation en France à l'horizon 2030 et de déterminer les domaines où la France a du potentiel pour des innovations majeures. «Il ne s’agit pas d’innover pour innover, mais de construire une France innovante et prospère. C’est un enjeu concret pour le bien-être des français» précisait Anne Lauvergeon.

Pour répondre à la commande, la commission a d'abord cherché à identifier les besoins et les attentes au niveau mondial, puis défini les atouts de la France (tissu productif, existence d’entreprises puissantes, Recherche publique d’excellence, niveau de formation élevé et dynamique démographique). Elle les a ensuite croisés avec les tendances sociétales : augmentation de la population mondiale, allongement de la durée de vie, émergence d’une classe moyenne mondiale importante, changement climatique, essor numérique, tensions sur l’eau potable, l’énergie et les matières premières, évolution des mentalités, besoin accru de sécurité, etc…

La commission a ainsi identifié « sept ambitions stratégiques », proposées au gouvernement :

- le stockage d'énergie,

- le recyclage des matières premières dont les métaux rares,

- la valorisation des richesses marines (métaux et dessalement de l'eau de mer),

- les protéines végétales et la chimie du végétal,

- la médecine individualisée,

- l'innovation au service de la longévité,

- la valorisation des données massives, le Big Data.

Afin de concrétiser ces sept ambitions, un grand concours d’innovation a été lancé fin 2013. Ces appels à projets sont ouverts aux sociétés petites ou grandes, françaises ou étrangères souhaitant s’implanter en France. Après une première sélection, les projets retenus «en phase d’amorçage» bénéficieront d'une enveloppe de l’Etat de 150 mil-lions d'euros. Ceux qui seront conduits en «phase de développement» bénéficieront alors d’un financement à parité public et privé.

« Innover c’est accepter de prendre un risque »

Enfin, la commission Innovation 2030 propose que soit porté par les pouvoirs publics «un principe d'innovation» qui viendrait équilibrer «le principe de précaution», inscrit dans le préambule de la Constitution. «Le principe de précaution est « une vache sacrée » difficile à remettre en cause et qui constitue pourtant un véritable frein à l’innovation. Ce que nous demandons, c’est qu’à côté du principe de précaution il y ait un droit à l’expérimentation ; sinon c’est la fin de la recherche» a expliqué Anne Lauvergeon.

Pour la présidente de la Commission, la France a des atouts indéniables en matière d’innovation et de développement. Pour les concrétiser, elle compte « sur un consensus politique à long terme » qui passe au- dessus des clivages de partis et qui « oblige le système français à être cohérent lui-même ». Ce qui fait dire au président du Groupe Limagrain, Jean-Yves Foucault, «en matière d’innovation, si vous arrivez à convaincre les élus de tous bords, nous serons alors très heureux car nous aurons franchi un cap essentiel vers la compétitivité des entreprises françaises».

Intervenant à l’issue de la réunion générale d’information de Limagrain, Anne Lauvergeon a exprimé « son admiration » pour le modèle coopératif du Groupe auvergnat et sa stratégie continue en matière d’innovation et de recherche. « C’est une évidence, l’innovation est au cœur de votre stratégie » a-t-elle lancé à la tribune de la Grande Halle d’Auvergne. Et d’ajouter : «la France a des atouts pour répondre au grand défi de nourrir près de 9 milliards d’habitants à l’horizon 2050. Son agriculture est performante, son industrie agro-alimentaire est puissante et côté culinaire, sa compétence n’est plus à démontrer. Limagrain est dans le sillon de cette ambition, vos innovations vont nous permettre d’aborder le futur. Votre Groupe est un exemple des leaders de demain qui se construisent avec les deux pieds en France mais le regard constamment tourné vers le Monde. Vous faîtes partie des entreprises qui assurent à la France une prospérité économique et un emploi durable».

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