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L'Auvergne Agricole 06 mai 2020 à 08h00 | Par Hélèna Nowakowski

Gestion de l’eau, le Puy-de-Dôme passe en vigilance

Le 29 avril le Comité s’est réuni, à distance, pour la première fois cette année afin de faire l’état des lieux de la situation hydrologique du département.

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La situation hydrologique inquiète déjà dans le département, en effet peu de pluie, un hiver anormalement doux ainsi les nappes phréatiques n'ont pu se recharger.
La situation hydrologique inquiète déjà dans le département, en effet peu de pluie, un hiver anormalement doux ainsi les nappes phréatiques n'ont pu se recharger. - © auvergne agricole

Cette année encore le département et certains de ses voisins font figure d’exception.

Situation météorologique

Si les précipitations sont globalement excédentaires en France, le Puy-de-Dôme est en tension : les précipitations sont déficitaires (62% de déficit depuis début 2020 à la station de Clermont-Fd), les sols secs, hormis sur le Sancy, et l’hiver 2020 est le plus doux jamais enregistré. Qui dit hiver doux dit pas ou peu de neige et c’est bien ce qui a fait le plus défaut pour réalimenter correctement et en profondeur les aquifères, notamment dans les volcans. Les prévisions à trois mois, bien qu’à prendre avec précaution, ne sont pas rassurantes. Le mois de mai s’annonce plus chaud que la normale et globalement les prévisions saisonnières montrent un signal pour des températures plus chaudes que la normale pour le prochain trimestre selon Météo France.

Situation hydrologique

Globalement, selon l’Agence Française pour la Biodiversité (ex Onema), toutes les stations de mesure sur les cours d’eau montrent un écoulement normal sauf quelques exceptions. Pour autant, si les débits sont au-dessus du seuil de vigilance, ils sont en-dessous de leurs débits moyens mensuels d’avril. Il en va de même pour les nappes alluviales de l’Allier qui, sans atteindre un niveau bas, présentent des moyennes mensuelles inférieures aux moyennes interannuelles. La situation est plus préoccupante dans la Chaîne des puys où il n’y a eu que trop peu de recharge des réserves par manque notamment de neige. Le barrage de Naussac est rempli à 91% et les lâchers ont commencé le 16 avril pour soutenir l’Allier. Le Sep est à 77% ce qui est supérieur à 2019 et les lâchers ont débuté le 10 avril. Concernant l’eau potable, les gestionnaires se montrent inquiets car certains secteurs sont déjà tendus du fait d’une ressource anormalement basse principalement dans l’Est du département. L’irrigation a débuté la première quinzaine d’avril suite à l’arrêté préfectoral d’autorisation.

Gestion de la ressource

Face à une situation d’ores et déjà préoccupante, la Préfète a annoncé que le département passait en vigilance. Etant donné que les cours d’eau n’ont pas atteint les seuils établis pour le passage en vigilance, la profession agricole a exprimé sont désaccord. « Pourquoi mettre des seuils s’ils ne sont pas respectés » s’indigne Baptiste Arnaud, élu Chambre d’agriculture et président du Syndicat des irrigants individuels. L’administration a justifié sa décision par la tendance baissière du niveau des cours d’eau et surtout par une volonté de communiquer fortement auprès de la population pour tendre vers un usage raisonné de l’eau. Tous les participants s’accordent sur le fait que l’effort pour préserver la ressource doit être collectif mais seuls les professionnels agricoles et industriels proposent des solutions pour créer de la ressource. La constitution de réserves n’est toujours pas du goût des diverses associations environnementales. Pourtant le risque de pénurie d’eau potable est tangent, notamment dans le Puy-de Dôme. La préfète est consciente et regrette que le projet territorial de gestion de l’eau n’avance pas assez vite. Une fois encore la profession agricole a tenté de faire avancer les choses pour le bien commun. Si l’administration reconnait la nécessité de créer de petites réserves d’eau, les projets plus conséquents se heurtent, pour l’instant, aux réticences écologiques.

Même s’il vaudrait mieux prévenir que guérir, les idées évolueront peut-être à l’instar de futurs robinets à sec…

Zoom sur…

Réaction de Baptiste Arnaud, président du Syndicat des irrigants individuels du Puy-de-Dôme

On aurait dû passer en vigilance plus tôt si on avait su que cela déciderait la pluie ! Les averses salvatrices du week-end dernier ont fait mentir Météo France car le mois de mai a bien débuté. Il est tombé environ 150 mm en moins de 72 heures dans le Sancy et entre 10 et 50 mm en

Limagne. On peut dire que de manière générale ces pluies ont donné un coup de fouet aux cultures d’automne et permis d’améliorer le taux d’humidité des sols pour aider les semis.

Les irrigants peuvent souffler, la pression est redescendue.

Pour autant, et même s’il est primordial d’être attentif pour préserver l’eau potable, les seuils n’ont pas été respectés pour déclencher le niveau de vigilance.

Quelle sera la place de la profession à l’avenir dans le comité départemental de l’eau ? On peut se le demander au regard des décisions prises. Il est urgent que les mentalités évoluent quant au stockage car les gestionnaires des syndicats d’eau potable tirent la sonnette d’alarme à chaque réunion et pour autant rien ne bouge ou presque. Si de petites retenues vont pouvoir voir le jour, c’est à plus grande échelle qu’il va falloir gérer l’avenir pour répondre à tous les usages.

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