L'Auvergne Agricole 14 mars 2013 à 09h55 | Par Mélodie Brut

Fromage - La collectivité et les éleveurs au secours d’un fromage

Une première dans le Puy-de-Dôme. La Communauté de Communes de Rochefort-Montagne a construit une cave d’affinage pour ses producteurs de Fourme Fermière.

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Jean-Yves Gouttebel, Réné Souchon, Alain Mercier (premier plan sur la photo de droite) et Franck Battut (à gauche sur la photo de droite) ont inauguré la cave d’affinage collective la Fourmontoise construite à Perpezat.
Jean-Yves Gouttebel, Réné Souchon, Alain Mercier (premier plan sur la photo de droite) et Franck Battut (à gauche sur la photo de droite) ont inauguré la cave d’affinage collective la Fourmontoise construite à Perpezat. - © Mélodie Brut

La cave la Fourmontoise a été inaugurée le 7 mars dernier en présence no-tamment d’Alain Mercier, président de la Communauté de Communes de Rochefort-Montagne, de Jean-Yves Gouttebel, président du Conseil général, et de René Souchon, président du Conseil régional d’Auvergne. Cette cave, au nom de la coopérative qui l’exploite, a pour vocation de fédérer et d’encourager les producteurs de fourme fermière. Ce fromage emblématique de Rochefort-Montagne était en voie de disparition. Aujourd’hui, l’ensemble des acteurs de ce projet espère le voir renaître.

 

Signal d’alarme

La fourme fermière de Rochefort-Montagne est le produit emblématique de la localité. Seulement, le fromage est en perte de vitesse depuis plus de cinquante ans. En 2008, l’association des producteurs de fourme fermière tire la sonnette d’alarme auprès de la Communauté de Communes. Cette dernière commandite alors une étude de faisabilité qui révèle quelques lacunes sur l’ensemble de la filière. Il en ressort notamment, le manque d’équipements fiables des producteurs. La conclusion est simple : la relance de la filière passe par la création d’une unité d’affinage et de commercialisation. Avec un soutien financier à hauteur de 60 % (soit 335 700 €) de l’Union Européenne, du Conseil régional et du Conseil général, la Communauté de Communes décide de construire une cave collective. Aujourd’hui, c’est chose faite. Installée sur un terrain proche de la commune de Perpezat, le bâtiment accueille désormais les fourmes fermières de sept producteurs, dont le lycée agricole de Rochefort-Montagne (lire p 6). Depuis la mi-décembre, les fromages fabriqués dans les exploitations sont transférés à La Fourmontoise pour être affinée et distribuée. Sur place, une salariée bichonne les fromages à la main, essaie également plusieurs dates d’affinage et développe le circuit de distribution.

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Unanimité politique

Chaque année, près de 100 tonnes de fourmes sont produites mais la cave peut en accueillir le double. « A travers ce projet, nous avons souhaité mettre en place une stratégie de sauvegarde de la fourme fermière qui n’a aucun signe de qualité. Nous avons doublé la capacité d’affinage afin de permettre le développement de la production et donner envie aux jeunes de s’engager» explique Alain Mercier, président de la Communauté de Communes de Rochefort-Montagne. La Fourmontoise appartient à la localité et les producteurs sont les locataires. Le loyer permet à la commune de rembourser l’emprunt réalisé pour financer les 40 % d’investissements restants. Une organisation qui n’est pas faite pour déplaire à Franck Battut, producteur de fourmes fermières et président de la coopérative la Fourmontoise. « Les normes sanitaires sont telles qu’il est difficile pour un producteur seul de construire une cave d’affinage. De plus, cela reviendrait pour ce même éleveur à avoir trois métiers différents sur son exploitation. Cette cave est une réelle aubaine pour nous et nous espérons qu’elle nous permettra d’améliorer notre produit.» Du côté des présidents de conseils le son de cloche est similaire. «Les éleveurs sont en période de crise laitière. Dans ces circonstances, il faut essayer de créer de la valeur ajoutée. Pour se faire il faut avant tout créer des outils adaptés. Cette cave est un bel exemple qui doit devenir contagieux » explique Jean-Yves Gouttebel. René Souchon revient quant à lui sur l’actualité de demain : « L’arrêt des quotas va exposer la production laitière française à la concurrence. Seulement, les zones de montagne ne pourront pas tenir la cadence. La transformation et la valorisation du lait à travers des circuits de qualité sont les seules solutions.»

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