L'Auvergne Agricole 20 octobre 2012 à 14h35 | Par Sophie Giraud-Chatenet

FNSEA/JA - Quand la mobilisation syndicale porte ses fruits

Les six dernières années ont été jalonnées par des combats syndicaux conduisant souvent à des avancées significatives. Coup d'oeil dans le rétroviseur des actions portées par le réseau FNSEA/JA.

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Le livre blanc de l'agriculture du Massif central
En 2007, la FRSEA et les JA Massif central se positionnent résolument comme force de propositions. Dans le livre blanc du Massif central, ils évoquent quatre idées essentielles pour refonder la PAC : « Il s'agit d'abord d'être en mesure de réguler les marchés grâce notamment à la préférence communautaire ou encore à la constitution de stocks de sécurité ». Ils proposent ensuite de mettre en place un système de revenus sécurisés qui pourrait prendre la forme d'une prime à l'hectare, justifiée par les biens « immatériels » que l'agriculture est en mesure de fournir à la société. Le troisième axe concerne les zones les plus fragiles, comme le Massif central, qui au regard de leurs multiples handicaps méritent un coup de pouce supplémentaire (productions fragiles, herbe et compensation de handicaps). Enfin les agriculteurs ne sauraient être performants que si et seulement si, ils disposent d'une recherche et d'une innovation dynamique, c'est l'objet du quatrième axe ».

Plus qu'un bilan, la préservation d'une politique
Couplé à la présidence française de l'Union européenne au second semestre 2008, le bilan de santé de la PAC aura sans conteste été « le » rendez-vous de 2008.
En septembre, à l'appel de la FRSEA et des JA Massif central, 20.000 agriculteurs manifestent dans les rues de Clermont-Ferrand pour réclamer des soutiens en faveur de l'élevage.
Le 23 février 2009, le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, annonce les choix de la France pour la mise en oeuvre de la réorientation des soutiens de la PAC et la manière dont les différents outils seront utilisés. Pour les responsables agricoles du Massif central, « ces décisions représentent un cap puisqu'une partie des soutiens de la PAC va être réorientée pour soutenir des secteurs fragiles, et notamment le secteur de l'élevage herbager» : soutien renforcé à l'herbe, maintien et renforcement des couplages : PMTVA, prime à la brebis et lait de montagne. Si ces décisions ont amené en moyenne des soutiens supplémentaires aux exploitations du Massif central (plus de 150 millions d'euros par an), certains systèmes du Massif central ont été cependant mis à contribution (système production végétale ou engraissement notamment).

Les producteurs de lait se tracent un avenir
Suite à la crise laitière de 2009, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), obtient un accord sur le prix du lait, de manière à ce que le prix soit en toute transparence corrélé à la situation du marché. Le syndicalisme apporte une aide conséquente à la structuration des producteurs en groupements dans la perspective de la disparition des quotas. Aujourd'hui, en face de chaque entreprise privée, il existe une association en mesure de négocier. La gestion des volumes de lait en bassin de production avec une orientation vers les producteurs en capacité de produire constitue une avancée significative.
Sur le lait de montagne, c'est bel et bien, le réseau FRSEA-JA qui a choisit de s'engager dans une démarche économique de valorisation de la production, en se dotant d'une marque qui sera détenue et gérée par les producteurs.
En 2009, les AOP fromagères sont entrées dans une nouvelle ère, celle de la valorisation. Pour la première fois, en 2011 avec la mise en place effective de la CVO (contribution volontaire obligatoire), le prix du lait destiné à la production d'AOP est différencié, à hauteur de + 40 euros par rapport au prix de base. Aujourd'hui, le maintien du prix différencié est maintenu.


Le 16 octobre 2009, les tracteurs prennent possession de la place de Jaude. Venus des quatre coins du Massif central, les paysans manifestent pour le revenu.
Le 16 octobre 2009, les tracteurs prennent possession de la place de Jaude. Venus des quatre coins du Massif central, les paysans manifestent pour le revenu. - © PAMAC
Cap sur la modernisation
La profession a milité fortement pour que les départements du Massif central bénéficient d'une stratégie d'investissements ambitieuse. Le plan de modernisation des bâtiments d'élevage est une réussite, qui nécessite d'être pérennisé.

Les agriculteurs défient la grande distribution
En juin 2009, 39 plateformes de la grande distribution sont bloquées par plus de 7.000 paysans. Exaspérés par des prix qui peinent de plus en plus à couvrir les charges de production, alors que dans les rayons, les prix à la consommation restent à des niveaux élevés, la profession veut savoir ce qui se passe derrière les marges.
La pression du terrain permet à la FNSEA et aux JA d'être reçus par Michel Barnier et Luc Chatel. L'observatoire des prix et des marges est créé.
En mai 2011, l'Etat officialise et homologue un accord volontaire qui prévoit que les représentants de producteurs, transformateurs et distributeurs des filières porcine, bovine et de la volaille s'engagent à ouvrir des négociations sur les conditions de vente des produits issus de ces trois filières d'élevage en cas de variation excessive à la hausse et à la baisse des prix des aliments. Il y a quelques semaines, à l'occasion du Sommet de l'élevage, le ministre de l'agriculture a affirmé avec fermeté vouloir tout mettre en oeuvre pour que cet accord s'applique. De son côté, le réseau FNSEA/JA souhaite que cet accord s'applique à toutes les filières agricoles.

Les éleveurs de porcs en action
Durant les années 2009 et 2010, les éleveurs de porcs multiplient les manifestations. La production porcine française connaît une crise sans précédent depuis 5 ans. Le coût de revient d'un porc charcutier est régulièrement au-dessus du prix payé. Les éleveurs de porcs français doivent pouvoir vivre de leur métier et un prix rémunérateur passe par une meilleure valorisation de la production française. Le syndicalisme milite pour que la marque VPF « Viande porcine française » devienne le moyen privilégié pour étiqueter toutes les viandes et produits de charcuterie issus de porcs nés, élevés, abattus et transformés en France. La stratégie du réseau FNSEA-JA est simple : « La mise en avant de la production française doit susciter l'achat citoyen et faire augmenter la demande en produits français pour à terme faire remonter les cours ». En parallèle, la section porcine de la FRSEA Massif central milite pour que la production porcine soit soutenue spécifiquement dans le cadre de la PAC.

Le tournant des blocus chez Bigard
A l'appel d'un mot d'ordre national, lancé par la FNB, dans la nuit du 7 au 8 novembre 2010, les éleveurs bloquent les sites du groupe Bigard sur tout le territoire français. Les producteurs de viande bovine fustigent la politique du groupe et de la plupart des opérateurs qui consiste à maintenir « verrouillés » les prix-producteurs à la baisse, « loin du niveau justifié par la situation du marché, et du seuil nécessaire pour la rentabilité : +60 cts d'euros/kg carcasse ». Le marché donne en effet raison aux producteurs. A l'issue du blocage, l'ensemble des fédérations de la filière acte, sous l'égide de l'État qui a joué le rôle de médiateur, un certain nombre de mesures afin de permettre une augmentation progressive des prix permettant d'atteindre l'objectif de 60 centimes d'euros. Parmi ces mesures, il y a évidemment le coup d'accélérateur sur l'export, mais aussi la refonte du système de cotations ou encore la mise en avant du VBF (viande bovine française). Depuis, fort d'une politique offensive, l'objectif des 60 centimes d'euros a été largement dépassé.





Blocage des plateformes de la grande distribution pour obtenir plus de transparence et des justes prix.
Blocage des plateformes de la grande distribution pour obtenir plus de transparence et des justes prix. - © PAMAC
Des avancées dans le domaine social aussi
Donner un statut juridique au travail du conjoint dans une exploitation agricole, souvent familiale, tel est l'objectif de l'ouverture du Gaec aux époux, qu'appelaient de ses voeux la profession agricole et acté en 2011. La loi de 1985 instituant l'EARL avait déjà donné la possibilité à deux époux de constituer une société agricole mais sans avoir les mêmes droits qu'en Gaec. Rappelons que le principe de transparence propre aux Gaec signifie que chaque associé ne peut pas être moins bien traité qu'un exploitant agricole individuel, notamment sur les aspects économique, fiscal, et social.
Au chapitre des avancées sociales, l'exonération des charges sociales sur l'emploi de salariés en est une. Le réseau se mobilise actuellement pour qu'elle soit maintenue.

Solidarité sur tous les fronts
En 2011, grâce à la solidarité et l'efficacité du réseau FNSEA/Ja, un million de tonnes de paille et de fourrage est transféré entre les zones céréalières et les zones d'élevage, durement affectées par la sécheresse.
Face à la flambée du coût des matières premières, les Associations spécialisées végétales de la FNSEA proposent en 2012 la création d'un fonds de solidarité pour accompagner les éleveurs qui pourrait être doté d'environ 100 millions d'euros.

Sophie Giraud-Chatenet
Défense du revenu
A plusieurs reprises, le réseau FRSEA-JA se mobilise pour défendre le revenu des agriculteurs. Les exploitations agricoles toutes filières confondues souffrent, asphyxiées par des charges trop lourdes et des prix qui sont loin d'être à la hauteur. A l'appel de la FNSEA et des JA, pas moins de 20.000 agriculteurs défilent dans les rues de Clermont-Ferrand, le 16 septembre 2008. Presque un an jour pour jour après cette impressionnante mobilisation, le 16 octobre 2009, les paysans venus en tracteur battent à nouveau le pavé. Cette fois-ci le mot d'ordre est national.

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